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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

Nos libertés sont-elles solubles dans la « dictature » ?

 

Les réactions aux mesures annoncées par le Président de la République lors de son intervention du 12 juillet dernier, ont vu descendre dans la rue ce samedi 17, un peu plus de 110 000 manifestants qui s'époumonaient à scander « Liberté ! » certains allant même jusqu'à dénoncer la « dictature sanitaire » dans laquelle nous vivrions. Des menaces de mort ont également été proférées contre des élus de la nation, contre des soignants parmi lesquels, des bénévoles s'étant mis à la disposition de la population. Par ailleurs, plusieurs centres de vaccination ont été incendiés ou saccagés. Il s'agirait d'actes volontaires.

Ces manifestants se prévalent de la  liberté  individuelle  garantie par nos institutions à savoir la Constitution de 1958 et les textes auxquels son préambule renvoie, parmi lesquels, la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen (DDHC) de 1789. Il s'agit de la liberté que chacun peut exercer indépendamment des autres. C'est par exemple, d'accepter ou de refuser les soins que notre état de santé nécessite.

En oubliant toutefois, qu'il n'existe pas de liberté sans limites. Selon les mêmes textes, on est libre de faire « tout ce qui ne nuit pas à autrui » (article 4 de la DDHC).

Il est des situations où liberté individuelle et  liberté collective  peuvent se télescoper. Concernant cette dernière, il s'agit du droit que l'on peut exercer dans le cadre de la vie en société. Chaque individu appartient à une collectivité qui a ses propres règles auxquelles il doit se soumettre. Nos institutions exigent que chaque membre du groupe, accepte lorsque c'est nécessaire, de limiter ses libertés individuelles au bénéfice de l'intérêt supérieur de la société. La vie en collectivité suppose que ces libertés se conjuguent avec la Responsabilité dont chacun doit faire preuve. Pour assurer le respect de ces règles, des sanctions ont été mises en place tenant compte de la gravité de l'infraction.

Habituellement, libertés individuelles et libertés collectives cohabitent harmonieusement. Imagine-t-on un conducteur, peu soucieux de son intégrité physique, circuler à 100 km/h sur une portion de route limitée à 30 km/h, au nom de son droit au respect de la liberté individuelle ?  On peut penser que ce conducteur acceptera de se conformer à la réglementation ne serait-ce que pour ne pas mettre en danger son prochain et à tout le moins, parce qu'il ne souhaitera pas subir les foudres de la loi. Sa liberté individuelle se sera effacée devant sa responsabilité de conducteur et par là-même, il aura accepté de respecter le droit à la sécurité dont doivent bénéficier les autres usagers de la route.

C'est en application de ces mêmes principes, qu'en France, on compte à ce jour onze vaccins rendus obligatoires. Cette obligation résulte de la nécessité d'atteindre une importante couverture vaccinale dans l'objectif de permettre la protection de l'ensemble de la population. Pour nous protéger du tétanos, de la polio, de la diphtérie, de l'hépatite B, le vaccin est administré à l'ensemble de la collectivité, afin de parvenir à l'immunité collective concernant des virus qui, dans le passé, ont causé des ravages au sein de la population.

Résultat de ces contraintes, des maladies mortelles ou laissant de lourdes séquelles, ont ainsi été éradiquées. Chaque individu aura accepté de restreindre sa liberté individuelle en l'occurrence l'acceptation ou pas d'être vacciné, pour ne pas « nuire à autrui » en l'espèce, le contaminer.

Je n'ai pas le souvenir que l'adjonction en 2018 de huit vaccins aux trois qui, jusqu'alors étaient obligatoires, ait suscité des manifestations d'hostilité comme celles que l'on vient de connaître, alors même que le mouvement antivaccins est apparu avec les découvertes de Pasteur.

En raison de la contagiosité des variants du Sars-Cov 2 et de la grande dangerosité de ce virus, il a été décidé de rendre la vaccination obligatoire pour une catégorie de personnes seulement, celles en contact quotidien avec les plus fragiles d'entre nous.

Certains souhaitaient à l'appui d'arguments forts, une vaccination obligatoire pour l'ensemble de la population. Vu les réactions suscitées par le projet gouvernemental, si cette option avait été retenue, on imagine les cris d'orfraie que nous aurions entendus alors même que, plus que jamais, le pays a besoin d'unité.

On pouvait penser que l'esprit de responsabilité des personnes concernées l'aurait emporté et qu'il n'aurait pas été nécessaire de brandir la contrainte législative. Tel n'a pas été le cas.

Pour les personnels concernés, la société leur demande effectivement de limiter une liberté individuelle, afin qu'ils se protègent du virus et dans le même temps, qu'ils protègent ceux qu'ils sont chargés de soigner ou d'assister. Une illustration de la nécessité de concilier la liberté de se faire ou pas vacciner et la responsabilité fondée sur le respect des règles de vie en société, en l'occurrence la nécessaire préservation de la santé de nos proches.

Il en est de même du « pass sanitaire » qui sera rendu obligatoire dans certains lieux (transports, bars, restauration, spectacles..). Cette mesure résulte de la volonté de protéger les personnes avec lesquelles nous pouvons être en contact dans des conditions favorisant la diffusion du virus. Pourquoi imposerait-on à ceux qui ont accepté de se faire vacciner, des interdictions ou des contraintes liées à la situation de la seule frange de la population qui refuse la vaccination ?

Sans hésitation, je me range derrière le ministre de la Santé qui a déclaré préférer le « pass sanitaire » à un nouveau confinement.

L'instrumentalisation lors de la manifestation le 12 juillet dernier, de l'étoile jaune assimilant le « pass sanitaire » à la shoah, est une insulte à ceux qui dans une histoire récente, eurent à la porter.

En France, les organes de contrôle des textes législatifs ont pour nom, le Conseil d'Etat et le Conseil Constitutionnel. Chacune de ces institutions a eu ou aura à se prononcer.

Le contrôle est intervenu avant l'examen du projet de loi devant le Parlement et le Conseil d'Etat a donné son feu vert. Le contrôle de constitutionnalité interviendra après le vote définitif de la loi mais avant son entrée en vigueur. La Haute instance sera saisie à l'initiative du Premier ministre. Si au nom du respect du principe de proportionnalité qui doit guider chaque mesure restrictive votée, il apparaissait que, sur tel ou tel point, le projet est allé au-delà du strict nécessaire, les conséquences en seraient tirées.

Il s'agit du fonctionnement normal des institutions dans un régime démocratique, ce qui ne correspond pas exactement aux situations que connaissent les populations vivant sous une  dictature . Les manifestants ayant dénoncé chez nous « la dictature sanitaire » se trompent volontairement ou pas, de pays et d'époque.

Dans la semaine qui a suivi les propos présidentiels, quatre millions environ de personnes se sont précipitées dans les centres de vaccination. Il s'agit de la meilleure réponse qui pouvait être apportée aux 110 000 manifestants qui ont clamé ce samedi, que libertés collectives et responsabilité devaient s'effacer devant ce qu'ils considèrent à tort comme une  « liberté »  absolue.

Les adeptes des thèses complotistes ne peuvent soumettre la grande majorité de la population à leurs fantasmes. Les anti-vax oublient simplement qu'à l'heure actuelle, les services de réanimation ne comptent pas un seul patient ayant reçu les deux doses de vaccin. Ce qui permet d'évacuer l'argument selon lequel ceux mis au point n'auraient pas fait la preuve de leur efficacité.

On ne peut, comme ils le demandent, refuser de se faire vacciner et dans le même temps, refuser d'avoir à justifier que l'on n'est pas susceptible de contaminer les autres.

Le risque de « dictature » que les manifestants entendaient dénoncer samedi dernier, pourrait bien avoir eu ses meilleurs prosélytes dans leurs rangs, ceux qui se sont auto-proclamés défenseurs de nos « libertés ».

 

P.S. : Le vote intervenu ce jour à l'aube à l'Assemblée Nationale confirme si c'était nécessaire, le manque de courage d'une grande partie de la classe politique, plus préoccupée par ses petits calculs politiciens que par l'état sanitaire du pays.

Au palais Bourbon, ces dernières 48 heures, on prenait son temps, comme si le virus lui, avait attendu !

 

 

 

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J
Avec 50 000 000 de vaccinés contre 200 000, on sait où se situe la majorité.

C'est donner beaucoup d'importance à un minorité si peu significative.

C'est à se demander d'ailleurs, si ca serait pas un peu les mêmes qu'on retrouve à chaque fois dans la rue,
avec des pancartes différentes :)
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M
Magnifique plaidoirie de José, je l'enregistre et la garde; elle m'aidera à "servir" les anti-vax !
Bravo Maître.
Comment te rétablis-tu ?
Amitiés.
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J
Merci Mimile. Pour le reste, on fait aller. Déplâtré depuis mardi mais c'est pas encore gagné. Amitiés.
J
ferais
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J
Merci Joëlle pour ta contribution. Aucune prétention de ma part à avoir une analyse scientifique ni les connaissances médicales me permettant d'appréhender l'ensemble des données. Ma modeste contribution au débat en tant que citoyen avec peut-être aussi, quelques réminiscences de juriste. Je t'appellerai pour te donner de mes nouvelles. Gros bisous.
J
bonjour Jean José
J'apprécie en général tous tes commentaires mais pas cette fois ci. ton raisonnement purement politique reste très superficiel et ne donne aucun argument scientifique qui appuie cette position.
Dommage que tu n'ailles pas rechercher de la vraie info scientifique de tous bords pour mieux comprendre les enjeux.
Tu ferait des découvertes intéressantes.
J'espère que ton pied se remet rapidement !
Bonne soirée
bise
Joelle
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