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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

Le prix du sang.

 

Au Liban, il n'y aura donc pas d'enquête internationale à la suite des explosions qui le 4 août ont ravagé le port de Beyrouth, causant la mort de plus de 170 personnes, faisant des milliers de blessés, des dizaines de milliers de sans-abri. Ainsi en ont décidé le Président libanais Michel Aoun et son allié, le parti chiite Hezbollah. Y aurait-il des choses à cacher ? Par exemple la présence d'armes dans le port ? Celles-ci et bien d'autres interrogations qui, très certainement, ne recevront pas de réponse.

 

Au même moment, en Afghanistan, au Niger, en Somalie, au Mozambique, quatre événements pour nous rappeler que le terrorisme ne cesse de métastaser, ce dont ne semblent pas avoir pris conscience un certain nombre de pays notamment européens.

Ce n'est pas un secret, Trump souhaite avant la présidentielle de novembre prochain, se désengager du bourbier afghan comme il l'a déjà fait en Syrie et en Irak avec les résultats que l'on sait. Et ce, quelque soit le prix à payer par les populations locales.

Le 29 février dernier, les États-Unis et les talibans avaient signé un accord aux termes duquel, avant l'ouverture de négociations de paix, le gouvernement afghan, qui n'était pas partie à cette convention, devait procéder à la libération de 5000 prisonniers pour la plupart, des combattants de l'insurrection talibane mais également, pour 400 d'entre-eux, des criminels endurcis, violeurs, trafiquants de drogue, assassins etc... Un panel de prisonniers qu'il était urgent de sortir de leurs geôles !

Il semblerait que les familles de ces criminels aient négocié avec les talibans, à un prix très élevé, la présence de leurs protégés sur cette liste...

Le Président afghan Ashraf Ghani n'ayant pas voulu prendre seul la responsabilité de ces libérations, il avait convoqué le vendredi 7 août à Kaboul une assemblée traditionnelle (Loya Jirga) réunissant 3 200 notables (chefs de tribus, dignitaires religieux) qui devaient se prononcer sur ces remises en liberté.

Consécutivement à la tenue de cette assemblée, le gouvernement afghan a cédé le dimanche 7 août à l'exigence du mouvement taliban afin que puissent débuter à Doha (Qatar) les négociations de paix inter-afghanes dès que ces libérations seront intervenues.

Bilan : au mépris des victimes et de leurs familles, faisant fi des règles de sécurité tant dans le pays qu'au plan international, ce sont 5 000 terroristes, criminels de toutes sortes qui retrouvent leur liberté et vont pouvoir s'égailler dans la nature. Avant que l'on puisse en accueillir quelques uns dans notre douce France. Merci monsieur Trump !

 

Au Niger le 9 août, à quelques dizaines de kilomètres de la capitale Niamey, six travailleurs humanitaires français membres de l'ONG Acted, leur chauffeur et leur guide nigériens qui allaient occuper leur dimanche à visiter dans un parc des girafes, sont tombés dans une embuscade tendue par les djihadistes qui pullulent dans la région et ont été assassinés.

Les détails de cette tuerie sont effroyables. Certaines victimes ont été tuées d'une balle dans la tête, une française qui tentait de s'enfuir a été rattrapée et égorgée.

On rappellera que les 5 100 militaires français de l'opération Barkhane sont bien seuls dans cette région d'Afrique de l'Ouest pour affronter aux cotés des armées africaines dont on connait les limites, les djihadistes. Ceux-ci ne cessent d'étendre géographiquement leurs zones d'intervention poursuivant leur objectif d'instaurer au Sahel leur califat après avoir du abandonner Rakka, leur capitale. Et tout cela, aux portes de l'Europe.

Avec l'opération Serval lancée en janvier 2013 par le Président Hollande au Mali, on pensait pouvoir rapidement se débarrasser du terrorisme dans cette région par ailleurs terre d'émigration vers l'Europe et plus particulièrement vers l'ancienne puissance coloniale, la France.

Bien au contraire, en terrorisant les populations locales, en procurant à une jeunesse désoeuvrée et miséreuse des moyens de subsistance que les États concernés (Mali, Niger, Burkina-Fasso, Bénin, Nigéria...) sont dans l'incapacité de proposer, les organisations terroristes parmi lesquelles l'Etat Islamique pour le grand Sahara, ne cessent de progresser et de s'étendre. Leurs rangs sont toujours plus nombreux et il n'y a aucune raison pour que cela cesse. Le récent coup d'Etat au Mali ne fera que rajouter à la confusion...

On trouve dans la région, aux cotés de l'État Islamique, Boko Haram ainsi que le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, affilié à Al-Qaida.

Il est grand temps que la communauté internationale prenne conscience de la gravité de la situation. A défaut, comme elle l'a fait en Irak et en Syrie elle doit s'attendre à devoir livrer une lutte longue, meurtrière et au résultat incertain, dans l'immense Sahel où, on vient encore de le constater, les terroristes se déplacent et se cachent avec une grande facilité. Malgré les gros moyens mis en œuvre tant par la France que par les États-Unis, les auteurs du massacre de la réserve de Kouré, n'ont pu être interpellés ou « neutralisés ».

Certes, le Président Macron a réagi en affirmant, « nous poursuivons l'action afin d'éradiquer les groupes terroristes avec l'appui renforcé de nos partenaires » mais il s'agit d'avantage d'un vœu pieux que du reflet de la réalité.

Certes, lors de l'hommage aux victimes, le Premier Ministre Jean Castex a assuré que « les auteurs de cette attaque seront traqués sans répit ». Il n'en reste pas moins que les importants moyens mis en œuvre pour les interpeller après le massacre, n'ont donné à ce jour aucun résultat.

L'Europe a une responsabilité particulière par sa proximité géographique avec les États africains concernés. La Libye et l'Algérie qui sont à nos portes, ont une importante frontière commune avec le Niger. Il en est de même entre le Mali et l'Algérie. Ces zones désertiques facilitent les mouvements des groupes terroristes. Or, malgré les effets de tribune lors des rencontres, malgré les appels lancés par les responsables politiques, force est de constater que l'on ne se bouscule pas pour venir prêter main forte à notre pays.

Bien sûr, le risque d'enlisement de la France au Sahel existe. Ceux qui en 2012 accueillaient « papa Hollande » les bras ouverts, demandent aujourd'hui le retrait de la France, nous traitant d'assassins et nous soupçonnent de nourrir des ambitions néo-colonialistes !

Et pourtant, si la France n'avait pas sacrifié plusieurs de ses enfants pour venir en aide à ces populations, on peut avec une forte probabilité, affirmer qu'aujourd'hui, après Rakka, Bamako serait la capitale de l'État Islamique. Et je ne parle pas de l'effort financier consenti par notre pays.

Ça le serait aussi, si nous retirions nos soldats qui, pour l'essentiel, composent les forces humaines de Barkhane. On le voit tous les jours, les armées des pays regroupés dans le « G5 Sahel » (la Mauritanie, le Mali, le Burkina-Fasso, le Niger et le Tchad), ne sont pas en mesure de combattre efficacement le terrorisme local si elles ne bénéficient pas de la logistique et du savoir-faire des militaires des pays occidentaux.

 

S'il fallait compléter le tableau on pourrait évoquer la Somalie. Le dimanche 16 août, les djihadistes somaliens ont attaqué un hôtel de la capitale, Mogadiscio. Dix civils au moins et un policier ont été tués au cours de cette attaque. Après avoir fait exploser une voiture piégée près de l'hôtel, cinq djihadistes l'ont pris d'assaut. Il a fallu 4 heures aux forces de sécurité pour en reprendre le contrôle.

 

De même, le 12 août dernier, on apprenait la prise par les islamistes mozambicains affiliés à l'Etat Islamique, du port de Mocimboa da Praia, ville de 30 000 habitants au bord de l'Océan indien. Tout près, un consortium dont le groupe pétrolier français Total est l'opérateur, a entamé les travaux de construction d'un complexe de liquéfaction de gaz naturel. Lors de cette opération, les Chabab ont humilié l'armée mozambicaines qui a du être évacuée par mer après « tout avoir abandonné » derrière elle.

 

Concernant les musulmans Ouïghours qui avaient manifesté des velléités d'indépendance, la Chine communiste de Xi Jinping, leur a répondu par la mise en place d'immenses camps de détention et de redressement dans lesquels les Droits Humains n'ont aucune place. Plus d'un million d'entre-eux y séjourneraient.

Ailleurs, on vient de le voir, ce sont les armes qui remplacent la communication.

Le choix serait-il donc seulement entre les armes et les camps ?

Sur un tout autre sujet, le Président Jacques Chirac avait tenu ce propos, « la maison brûle et nous regardons ailleurs ».

Concernant l'avancée des djihadistes en divers points de la planète, on pourrait peut-être reprendre la formule en précisant simplement que la maison a déjà brûlé et qu'il ne reste plus qu'à protéger le voisinage pour éviter la propagation de l'incendie.

 

 

 

 

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Nemo 23/08/2020 10:40

En somme ,cher Jean , les Américains ne sont biens que quand nous avons besoin d’eux et le Viêt-cong est une force démocratique !!!!

Jean COLOMES 23/08/2020 11:39

J'admire mon cher Nemo, ton sens de la simplification. À le pousser trop loin, tu pourrais caricaturer (involontairement bien sûr) le fond de ma pensée. Par contre mille mercis pour avoir rectifié l'orthographe de viêt-cong qui a été la mienne. Tu le vois, même le souvenir des idoles parvient à s'estomper de ma mémoire. Comme disait le Général, c'est bien "un naufrage".

Nemo 22/08/2020 23:17

Lorsque j’étais à l’université , il ne se passait pas un jour sans que les étudiants affiliés aux « forces de gôoche » ne dénoncent l’impérialisme américain au Vietnam et ailleurs. Et bien il est trop facile maintenant de critiquer leur désengagement que j’approuve.
Je ne vois pourquoi des GIs iraient mourir pour des afghans producteurs d’opium ou d’autres peuples qui préfèrent une religion à la démocratie occidentale, grand bien leur fasse.
Je crois que la France devrait se désengager totalement du Sahel qui sera une sorte de Vietnam français.
Il y a d’autres moyens de nous protéger du terrorisme à commencer par traiter sans naïveté les demandeurs d’asile et les immigrés clandestins.

Jean COLOMES 23/08/2020 07:52

J'ai fait partie de ceux qui ont manifesté pour la paix au Vietnam et j'en suis fier. On ne peut comparer la situation d'alors avec la situation d'aujourd'hui en Afghanistan ou au Sahel. Les français avaient à bon droit été chassés d'Indochine et le Vietcong que j'ai toujours soutenu a infligé une déculottée fort méritée aux américains. Ce sont ces derniers qui sont allés mettre le feu un peu partout dans le monde pensant que rien n'avait bougé depuis la fin de la deuxième guerre. Ils continueront à payer au prix fort leurs erreurs et je ne serai pas le dernier à m'en réjouir.