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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

Un été meurtrier.

Lors de la marche blanche du 26 juillet.

Profiter d'une matinée de pluie bienvenue pour renouer le contact après vous avoir délaissés depuis mon dernier Billet qui remonte au 5 juillet dernier.

Cet été, je me suis intéressé comme jamais au Tour de France. Canicule oblige. Le titre de ce Billet pourrait être repris par nos deux compétiteurs Alaphilippe et Pinot.

Pour le premier, c'est terrible. Sans équipe ou presque, il a porté le maillot jaune pendant 14 jours et, lors d'une étape tronquée par les intempéries, à 48 heures du sacre, il se fait déposséder par un Egan Bernal venu de nulle part. En réalité, de Colombie et de la cordillère des Andes.

Pour Pinot, une nouvelle fois le sort s'acharne sur lui. Alors qu'il avait retrouvé la possibilité de coiffer sur le poteau son compatriote ou, à tout le moins, de monter Dimanche à Paris sur le podium, le voilà au cours de cette étape maudite, contraint à l'abandon sur blessure. Les yeux pour pleurer.

Et que dire de notre ministre de l'Ecologie François de Rugy ? Ce fut Médiapart qui ouvrit les hostilités puis, l'ensemble du monde médiatique qui s'est brusquement déchaîné contre lui.

Que ne lui a-t-on reproché ! Gaver les petits copains à coup de homards, se payer la réfection d'un living à 17 000 €. Et j'en passe. Jusqu'à ce qu'il démissionne pour, selon la formule consacrée, organiser sa défense.

Sa successeure à peine nommée, voilà que deux rapports d'enquêtes en principe impartiales, viennent le blanchir. A quelques homards et coups de peinture près. Le mal-aimé est descendu de son piédestal face à la coalition des donneurs de leçon (à droite comme à gauche ils ont été nombreux) et de la presse de tous bords. Comme chantait Brel, « Au suivant, au suivant... ».

En ces temps de signature de Ceta et autres Mercosur, ça canarde dans tous les coins, tous aux abris.

J'y viens. J'ai choisi ce titre pour vous parler méditerranée, Afrique, et de ce paradis nommé Libye.

Sur le mare nostrum, ce sont plus de 110 migrants qui, n'ayant pas eu la « chance » d'être secourus et ramenés dans la merveilleuse patrie de messieurs Sarraj et Haftar, ont désormais élu domicile au fin fond de la méditerranée. Le pire naufrage, seulement pour l'année 2019. Ces 110 malheureux, sont venus s'ajouter aux milliers d'enfants, femmes, jeunes hommes déjà engloutis par les eaux.

Et que fait la communauté internationale ? Sommets après sommets, on affirme les grands principes, on propose, on se concerte, on s'oppose etc... En fait, sauf à poursuivre devant les tribunaux italiens une courageuse capitaine de navire allemande, on ne fait RIEN... ou presque.

En Libye, c'est un missile qui, dans le cadre du conflit opposant les différentes factions en présence depuis la mort du « guide », s'est malencontreusement abattu sur un camp de migrants. Bien entendu, chaque partie en impute la responsabilité au camp d'en face. Ce carnage survenu le 2 juillet a causé la mort d'au moins 44 migrants qui bénéficiaient, comme on peut l'imaginer, des prestations « premium », dans un de ces centres de détention où tortures et viols sont monnaie courante. Le Conseil de Sécurité de l'ONU saisi, les Etats-Unis se sont opposés à une condamnation unanime de ce massacre.

Enfin, désolé pour les amateurs de safaris ou pour nos compatriotes en recherche d'authenticité, mais ils devront supprimer certains pays d'Afrique de leurs terres d'élection car voici le virus d'Ebola qui a refait son apparition. Réapparu il y a un an en République Démocratique du Congo, le virus a déjà fait plus de 1 700 morts. A tel point, que le 17 juillet l'OMS a décrété « l'urgence sanitaire mondiale ». On se souvient qu'en 2013-2014, cette terrible maladie fit plus de 10 000 morts au Liberia, en Sierra-Leone et en Guinée.

Alors que les moyens d'enrayer très vite ce fléau existent si on y met le prix, que fait la communauté internationale ? Les appels de l'OMS risquent de rester à l'état de vœux pieux jusqu'à ce qu'à l'occasion d'un déplacement d'une personne contaminée, un cas soit détecté à l'extérieur du continent africain. Comme précédemment, on entendra alors parler de prophylaxie, de solidarité internationale, de risque grave de propagation etc... Du déjà vu, déjà entendu. Et ce, jusqu'à la prochaine épidémie.

Finalement, rien de très nouveau.

Le Tour 2020 succédera sans nul doute à ce maudit Tour 2019 et Hinault continuera à se chercher un successeur.

Elisabeth Borne a succédé à François de Rugy comme celui-ci avait succédé à Nicolas Hulot. D'autres ministres chargés de l'écologie et du réchauffement terrestre se succéderont et peut-être un jour futur, la jeune et hyper médiatisée suédoise Greta Thunberg se retrouvera-t-elle à la tête d'un ministère à l'échelle de la planète pour tenter de régler ces questions qui n'auront pu l'être au niveau d'un pays ou d'un continent.

Que le gouvernement Sarraj en place à Tripoli sorte ou pas vainqueur de la tentative de renversement engagée par le maréchal Haftar, je prends le pari que rien ne changera en Libye, dans ce pays où prospèrent les salafistes, l'Etat Islamique ainsi que les versions nord-africaines d'Al Qaïda.

Le virus d'Ebola et bien d'autres pandémies continueront encore longtemps à faire des ravages en Afrique. Comme le Sida depuis son apparition il y a quelques quarante ans...

Enfin, n'en doutons pas, la méditerranée accueillera encore longtemps ces déshérités qui s'embarquent sur des rafiots de fortune, vers des terres qui, pour eux, resteront à jamais inconnues.

J'allais oublier, cet été meurtrier aura fait une autre victime, il s'agit de Mamoudou Barry. Arrivé en France en 2012, cet universitaire d'origine guinéenne, venait d'obtenir son doctorat en Droit. Il s'apprêtait à devenir avocat. Le 19 juillet au soir, Mamoudou Barry a été assassiné, victime selon les éléments de l'enquête, d'un crime raciste. Dans notre chère France, la liste des victimes du racisme est déjà longue, trop longue. En cet été caniculaire, le nom de Mamoudou s'y est rajouté. Et l'automne est encore loin...

La pluie n'ayant cessé de tomber, je me suis rabattu sur mes disques vinyle. J'y ai redécouvert Guy Béart :

« La terre perd la boule et fait sauter les foules

Voici finalement le grand chambardement...

Regardez qui décide ce joyeux génocide

Qui dirige vraiment le grand chambardement...

Nous finirons la guerre avec des lance-pierres

Si nous vivons demain nous en viendrons aux mains ».

C'était, il est vrai, en 1973.

Quel délicieux été 2019 !

 

 

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N
Pourquoi ne voir que le noir?
En vacances et en ete ne peut-on pour une fois ne retenir que le beau et le bien et se montrer jamais las de guetter dans l'ombre la lueur de l'espérance ?
Répondre
J
Comme chez Soulages, même si vous cherchez à l'éviter, le noir s'impose à vous. Il n'empêche, qu'il est décliné sous toutes les nuances.