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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

Jeu de bonneteau au sein de l'Union Européenne.

Au lendemain des élections européennes des 25 et 26 mai derniers, les tendances étaient assez nettes :   Les formations eurosceptiques et d'extrême droite avaient progressé mais pas suffisamment pour constituer une majorité au sein du Parlement Européen.

Les formations de droite étaient en recul mais restaient majoritaires grâce notamment à l'excellent score réalisé en Hongrie par le parti national-conservateur, le Fidesz de Viktor Orban (52,33 % soit 13 sièges). Cette formation, membre du Parti Populaire Européen (PPE) avait, peu avant les élections, fait l'objet d'une mesure de suspension en raison des graves manquements aux règles de la Démocratie intervenus en Hongrie où elle exerce le pouvoir. Nombre de commentateurs avaient alors considéré qu'elle n'avait pas fait l'objet d'une exclusion du PPE au motif que la droite européenne se serait ainsi privée au Parlement d'un nombre de sièges conséquent...

Derrière le PPE (182 sièges), l'on trouvait le groupe des Socialistes (154 sièges) qui avait notamment bénéficié de l'excellent score réalisé en Espagne par Pedro Sanchez (32,84 % soit 20 sièges) et au Portugal (32,38 % soit 9 sièges).

Venait en troisième position le groupe des Libéraux (108 sièges) auquel appartiennent les élus de la liste Renaissance menée par Nathalie Loiseau, devançant les écologistes (75 sièges).

De l'avis général, la Chancelière allemande Angela Merkel et sa formation la CDU-CSU sortaient affaiblies de ce scrutin.

Le Président français Emmanuel Macron qui avait porté à bout de bras la liste Renaissance en sortait renforcé. (Au fait, où est passée la tête de liste Nathalie Loiseau ? Envolée?)

En France, avec 22,42 %, la liste des « progressistes » obtenait 23 sièges et talonnait la liste « nationaliste » du Rassemblement National (23,33 % soit également 23 sièges).

Ainsi, l'acte II du quinquennat allait pouvoir démarrer, un acte qui, nous assurait-on, serait fortement écologique.

Patatras... ! À peine un mois plus tard, deux événements viennent remettre en question un scénario parfaitement huilé.

Après deux jours et nuits d'une sévère compétition, les résultats de « l'Euro top Jobs » à savoir, la réunion des 28 chefs d'Etat et de Gouvernement de l'Union européenne, communiqués dans la soirée du 2 juillet, sont pour le moins inattendus.

A la tête de la Commission Européenne, c'est l'allemande Ursula von der Leyen (PPE) qui succédera au luxembourgeois J.C. Juncker (PPE). Cette aristocrate originaire de Basse-Saxe, occupe à l'heure actuelle le ministère de la Défense dans le gouvernement Merkel.

Pour remercier le Président français d'avoir débloqué la situation, le PPE et la Chancelière allemande se devaient de renvoyer l'ascenseur. C'est chose faite, c'est une femme française qui présidera la Banque Centrale Européenne (BCE). Il s'agit de Christine Lagarde ancienne ministre de l'Economie de Nicolas Sarkozy et actuellement Présidente du Fonds Monétaire International (FMI). Ça ne vous dit rien ? Interrogez les grecs ou les argentins, ils vous expliqueront avec quelle poigne cet organisme aide à la mise en place des plans d'austérité qui saignent les populations de ces pays... Christine Lagarde qui n'a aucune expérience dans le secteur des banques centrales, a été déclarée coupable de « négligence » dans le dossier Tapie-Crédit Lyonnais, même si elle bénéficia de la part de la Cour de Justice de la République d 'une généreuse dispense de peine.

On retrouve donc à la tête des deux postes les plus importants de l'Union, deux dames appartenant à la droite conservatrice (Le dessin de Plantu Le Monde du 4 juillet).

Encore fallait-il respecter la parité. C'est un libéral, le Premier Ministre Belge Charles Michel qui présidera le Conseil Européen en remplacement d'un autre libéral le polonais Donald Tusk.

Enfin, il fallait bien un lot de consolation pour les socialistes (deuxième groupe en importance au Parlement Européen). C'est donc Josep Borrell, un anti-indépendantiste forcené, qui présidera la diplomatie européenne.  En effet, bien que natif de la Pobla de Segur en Catalogne, il a qualifié, sans peur du ridicule, de « coup d'Etat » le referendum du 1er octobre 2017 !

C'est au cours de mon exercice professionnel, dans une affaire criminelle, que j'ai découvert les subtilités du jeu de bonneteau pratiqué par un manipulateur qui utilise 3 cartes. Le but est de dépouiller de son argent le pigeon qui se laisse attirer. Avec si nécessaire, l'aide de comparses répartis dans le cercle des badauds.

C'est un peu ce qui vient de se produire à Bruxelles : Les gagnants sont tout simplement les perdants du scrutin d'il y a un mois.

Le couple Merkel-Macron a parfaitement fonctionné sur la répartition des postes les plus importants de l'Union. Les questions de personnes ont été évacuées : Macron ne voulait pas de Manfred Weber à la tête de la Commission, il a été écarté. Merkel ne voulait pas de Michel Barnier, il a été exfiltré. Ainsi,  la droite affaiblie lors du scrutin de la fin mai, s'en tire sans égratignure.

Les socialistes qui pensaient présider la Commission avec la candidature du néerlandais Frans Timmermans, écarté par les Etats d'Europe centrale pour avoir défendu l'Etat de Droit, attendront des jours meilleurs. Une sacrée victoire pour Viktor Orban.

Les libéraux devront se contenter de la présidence du Conseil. Même si la désignation de C. Lagarde à la tête de la BCE est une victoire personnelle pour le Président Macron.

A moins que... le Parlement Européen qui doit se prononcer à bulletins secrets sur le choix de la Présidente de la Commission, n'en décide autrement. Hypothèse peu probable toutefois. Réponse le 15 juillet prochain.

Tout ceci, au moment où la Commission européenne vient de conclure un important accord commercial avec le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay). Cet accord clôt une négociation qui avait débuté vingt ans auparavant.

Alors que pour monsieur Juncker il s'agit d'un « moment historique » rien de moins, les voix ne cessent de s'élever pour dénoncer le mauvais coup porté à nos agriculteurs, à nos éleveurs et à la lutte contre le réchauffement climatique.

Pour en revenir au jeu de bonneteau, c'est le Président brésilien, Jair Bolsonaro, celui qui à l'heure actuelle détruit la forêt amazonienne qui, dans le rôle du manipulateur, emporte la mise.

Pour obtenir cet accord, il a menacé de retirer le Brésil de l'accord de Paris sur le climat, comme l'a fait son ami et modèle Donald Trump. Et ça a marché !

Dans un entretien accordé au journal Le Monde, l'ancien ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, affirme : « Je ne comprends pas qu'on puisse en l'état signer cet accord. Ce type de décision politique montre qu'on n'a aucune approche systémique, globale, de la lutte climatique. On est très loin de la cohérence ».

L'ancien ministre n'est pas le seul à s'interroger. J-B Moreau député LREM de la Creuse déclare : « Qu'est-ce qu'on envoie comme message aux électeurs des dernières élections européennes, notamment ceux qui ont voté écolo ? ».

Nul doute que les éleveurs du charolais apprécieront lorsqu'ils verront le marché français inondé de la viande de bovins brésiliens ou argentins, élevés aux hormones, nourris aux OGM, et à des prix défiant toute concurrence !

Le scrutin de mai dernier a été marqué par une forte augmentation des voix recueillies par les formations écologistes notamment en France et en Allemagne. Quel signe entend envoyer cette Commission européenne finissante, en signant le 28 juin l'accord avec le Mercosur ?

Angela Merkel et Bolsonaro paraissent sortir grands vainqueurs de ce début d'été pour le moins très agité sur le plan européen. Au détriment du respect de la démocratie ? En violation des engagements pris par les pays européens et plus particulièrement par les deux moteurs que sont l'Allemagne et la France, en matière de lutte contre le dérèglement climatique ?

Si tel était le cas, les prochaines échéances électorales risquent d'être douloureuses pour tous ceux qui n'acceptent pas de se résigner.

Le 3 juillet au matin, j'ai cherché à comprendre ce qui se passait à Bruxelles en écoutant sur France Inter, Amélie de Montchanin, Secrétaire d'Etat aux affaires Européennes, invitée de Léa Salamé. Elle rentrait de Bruxelles et j'espérais de sa part, un peu de réconfort, de pédagogie.

Pour la Secrétaire d'Etat, pas de doute, les choix effectués permettent d'avancer sur le climat, sur l'Europe sociale. Concernant l'accord avec le Mercosur, les mécanismes ont été mis en place pour sauvegarder les intérêts de nos éleveurs, la santé des consommateurs.

En résumé, dormez braves gens, nous veillons !

Pour ne pas sombrer dans la déprime, j'ai eu recours à la méthode Coué, en l'occurrence à une pépite que nous a laissée le regretté Fernand Raynaud : H.E.U...R.E.U.X. !

 

 

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N
je suis désolé pour l'auteur de l'article , aucun communiste ne dirigera l'Europe!!!!
dire que tous les produits qui viennent d'ailleurs sont médiocres , c'est du nationalisme , la viande argentine est la meilleure du monde et le repli sur soi de Marine Le Pen , Nicolas Hulot et consorts est une politique moyenâgeuse et non du 21° siècle
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