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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

« Etre méchants avec les méchants et gentils avec les gentils »

 

Cette formule utilisée par le ministre français de l'Intérieur, résumerait le projet de loi Immigration qui viendra en discussion devant l'Assemblée Nationale en janvier 2023. Mais, permettra-t-elle, tellement la présentation qui en a été faire a suscité de réactions hostiles dans les différentes oppositions, de réunir une majorité pour adopter cette réforme ? Le but assigné à celle-ci est de concilier une fermeté plus grande dans la reconduite à la frontière des personnes ayant fait l'objet d'une Obligation de Quitter le Territoire français (OQTF) et de permettre à ceux occupant un emploi « au noir » dans un secteur sous tension, de régulariser leur situation et d'obtenir un titre de séjour « métier en tension ».

Cette présentation au journal Le Monde est intervenue peu de jours après l'assassinat de la jeune Lola survenu le 14 octobre dernier à Paris et dont l'auteur présumé est une ressortissante algérienne sans papiers. Ce crime remet ainsi au centre du débat les OQTF qui, si elles sont prononcées en nombre (122 000 pour 2021) sont exécutées seulement pour une faible partie (17 000 pour la même année).

Si différentes causes peuvent être invoquées, certaines dépendant directement des autorités françaises, par exemple le suivi par la Préfecture de la personne ayant fait l'objet d'une telle mesure alors que d'autres dépendent exclusivement du pays d'origine de la personne que l'on va contraindre de quitter le territoire français. Il en va ainsi, lorsque ces pays (l'Algérie par exemple) refusent la délivrance d'un laissez-passer consulaire.

Concernant les demandeurs d'asile, le projet qui sera présenté devrait permettre de raccourcir considérablement les délais d'instruction des dossiers de manière à ne pas créer une situation qui, en cas de refus de la demande d'asile, fait obstacle à l'exécution de l'OQTF prise par le préfet. Il en est ainsi si le demandeur a, durant la procédure qui peut aller jusqu'à deux ans, vu sa situation professionnelle ou familiale modifiée. On a alors des personnes sous OQTF mais qui ne sont pas expulsables. Il y a par ailleurs des personnes ayant fait l'objet d'une telle mesure préfectorale mais qui ne seront pas expulsables en raison de leurs origines. Il s'agit notamment des syriens et des afghans.

Dans ce contexte, il convient de prendre également en compte le manque de main-d'oeuvre dont souffrent de multiples secteurs d'activité (hôtellerie, restauration, BTP, agriculture...). C'est pourquoi, dans le même temps, a été abordée la possibilité pour le demandeur d'asile originaire d'un pays en conflit, de pouvoir travailler dès son arrivée sur le sol français.

De même, est envisagée la possibilité dans les métiers en tension comme le bâtiment, de permettre au travailleur immigré en situation irrégulière, de pouvoir rester sur le territoire français sans passer par son employeur. En effet, certains d'entre eux, peuvent trouver intérêt à ce que leurs salariés soient, à leur égard, dans une situation de dépendance. De telles dispositions permettraient de répondre au besoin de main-d'oeuvre exprimé par les organisations professionnelles patronales.

Le sujet de l'Immigration étant hautement inflammable, on imagine déjà l'intensité des débats en début d'année prochaine à l'Assemblée Nationale. Chez les Républicains, l'annonce faite par les ministres a amené Aurélien Pradié à parler de « folie » alors que Marine Le Pen y voit une « campagne de régularisation de clandestins ». A gauche, n'en doutons pas, on dénoncera un projet trop timoré et dont le seul objectif est d'augmenter sensiblement le nombre des reconduites à la frontière.

C'est, coïncidence, dans ce contexte que de fortes tensions sont apparues entre la France et l'Italie autour du navire humanitaire de SOS Méditerranée, l'Océan-Viking.

En violation du droit international et de ses engagements européens, l'Italie a refusé d'ouvrir ses ports à ce navire qui avait recueilli auprès des côtes libyennes, 234 naufragés qui ont ainsi, erré durant une vingtaine de jours, avant de pouvoir accoster à Toulon. La demande avait été formulée alors que le bateau était dans les eaux territoriales italiennes et qu'en conséquence, ce pays devait le laisser accoster dans le port le plus proche. Ce comportement a été jugé « inacceptable » par le Porte parole du gouvernement français.

On se souvient qu'en juin 2018, l'Italie de Salvini actuel vice-président du Conseil italien constitué par madame Meloni, ainsi que Malte, avaient refusé de laisser accoster le navire de l'ONG SOS Méditerranée l'Aquarius, contraignant celui-ci à débarquer plus de 600 migrants dans le port espagnol de Valencia.

Ainsi, si certains s'étaient laissé convaincre par les engagements européens pris par madame Meloni au cours de la campagne des législatives italiennes et lors de son investiture en qualité de présidente du Conseil, on voit que le vernis n'aura tenu que l'espace de quelques jours. Celle qui manifestait son admiration pour Mussolini et se revendiquait « post fasciste », aura rapidement fait volte-face et remis à l'ordre du jour l'adage selon lequel, « chassez le naturel... ».

Faute d'un mécanisme clair et durable, au cours de la présidence française de l'Union européenne, 13 pays la composant, afin de soulager les pays de première entrée en Europe, s'étaient engagés à accueillir sur leur sol 8 000 personnes dont 3 000 pour l'Allemagne et 3 000 pour la France. Devant l'attitude totalement désinvolte des dirigeants italiens qui ont foulé aux pieds leurs engagements, la France a indiqué qu'elle se considérait déliée de l'accord conclu au cours du printemps.

Malgré les crises migratoires répétées et alors que certains pays membres de l'Union européenne se refusent à accueillir le moindre migrant, à ce jour aucune solution permettant plus de solidarité des pays membres, n'a pu être mise en place. Aucune coordination des politiques migratoires n'existe au niveau européen, pas plus qu'une politique commune de l'asile. Or, le monde étant ce qu'il est, les mouvements migratoires ne cesseront pas sauf à créer les conditions pour que ces populations puissent vivre dignement et en sécurité dans leurs pays d'origine. On en est loin...

La crise ukrainienne montre quotidiennement que les peuples européens peuvent faire preuve d'une grande générosité et de beaucoup de solidarité à l'égard de ceux qui souffrent. Il reste à nos dirigeants à se hisser au niveau de leurs populations et à créer les conditions pour que des crises qui mettent régulièrement en péril la vie de personnes subissant des situations dramatiques et insupportables, ne se répètent plus à l'avenir.

C'est une question de dignité mais aussi, un devoir.

 

 

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