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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

Le choix des armes.

 

Alors que nous approchons du huitième mois de guerre en Ukraine, si de nombreuses interrogations subsistent et en particulier celle concernant l'issue du conflit, il est à ce jour un certain nombre de faits que l'on peut considérer comme avérés.

En premier lieu et ce, dès le 24 février dernier, la désignation de l'agresseur à savoir la Russie qui, à cette date, a franchi les frontières du territoire ukrainien et a lancé ses troupes, pensant en l'espace de quelques jours, obtenir la chute et la reddition ou la fuite du gouvernement légal de l'Ukraine.

Autre certitude, les choses ne se sont pas passées comme espéré côté russe. Les bataillons qui s'étaient lancés à la conquête de la capitale Kiev, ont du bien vite faire marche arrière et, depuis environ un mois, l'armée ukrainienne ne cesse de regagner tant à l'est qu'au sud du pays, des territoires dans un premier temps occupés par les armées russes.

Enfin, un autre fait avéré, l'humiliation infligée au président Poutine le samedi 8 octobre par l'explosion survenue à 6 heures 07 sur le pont de Kertch, symbole de l'annexion par la Russie intervenue en 2014 d'un territoire ukrainien, la Crimée. Une annexion non reconnue par la communauté internationale et concernant un territoire dont le président ukrainien Zélensky a assuré qu'il sera repris par son pays : tout a commencé en Crimée tout s'achèvera par la reprise de la Crimée.

La réaction russe n'a pas tardé puisque dès le lundi 10 octobre, un déluge de missiles s'est abattu sur 23 villes ukrainiennes parmi lesquelles, la capitale Kiev. Ont été visés, des bâtiments civils (universités, habitations, parc à jeux pour enfants), des infrastructures énergétiques, des équipements publics, nombre de ces frappes constituant des crimes de guerre. Elles se poursuivaient ce mardi 11 octobre au moment où un G7 exceptionnel se réunissait. Selon les éléments communiqués, sur les 84 missiles tirés sur l'Ukraine le lundi 10 octobre, 43 auraient été interceptés par les ukrainiens. Il semble également que l'armée russe pour effectuer les bombardements ait utilisé les drones livrés par l'Iran. Treize auraient été détruits par le système de défense ukrainien.

En réponse, le président Zélensky intervenant en visioconférence lors du sommet du G7 a insisté auprès des occidentaux pour obtenir la livraison de boucliers aériens afin de protéger sa population.

Le message adressé par les russes en bombardant les villes réparties sur le territoire ukrainien, ne s'adresse pas seulement au pays agressé mais tout autant à l'Occident qui fournit l'armement lequel, utilisé par des soldats faisant preuve d'une détermination et d'une bravoure exceptionnelles, a permis d'obtenir sur plusieurs fronts le recul sinon la déroute de l'armée russe.

Une évidence s'impose désormais, Poutine doit impérativement être vaincu car, à défaut, c'est la totalité de l'Ukraine qu'il revendiquera, ce seront ensuite la Géorgie et la Moldavie qui voient déjà une partie de leur territoire occupé, qui connaitront l'invasion des troupes russes. Lesquelles se tourneront vers les Pays Baltes et la Pologne. Pour s'arrêter où ? L'Occident ne peut pas se permettre de perdre cette guerre qui lui a été imposée.

Le maître du Kremlin y joue également son avenir politique sinon sa survie. On le voit mal reconnaître avoir commis une faute majeure en envahissant l'Ukraine. Le changement de tactique qu'il paraît observer en recouvrant les villes ukrainiennes d'un tapis de bombes, ne fera que l'isoler davantage de la communauté internationale mais ne compensera pas les reculs de l'armée russe dans les territoires annexés en grande pompe par la Russie. Alors, quelle stratégie pour Moscou ?

Poutine pour reprendre la main, compte sur la lassitude du camp occidental et le revirement des opinions publiques qui, jusqu'à présent, manifestent leur solidarité à l'égard des ukrainiens. Les prix de l'énergie, les contraintes qui en résulteront notamment pour les populations des pays européens, feront naître, pense-t-il, des brèches dans lesquelles il pourra s'engouffrer en divisant les soutiens à l'Ukraine. Par ailleurs, les frappes qui visent en premier les populations civiles et les installations énergétiques ont pour but de créer la panique au sein de la population.

Enfin, l'entrée « en jeu » de la Biélorussie que Poutine cherche à impliquer dans le conflit, pourrait mobiliser sur l'importante frontière que ce pays a avec l'Ukraine (elle s'étend sur plus de 1 000 kms), des troupes qui actuellement combattent les russes pour reconquérir Louhansk à l'est et Kherson au sud. De même, avec l'envoi de troupes par les biélorusses, on peut penser que Moscou se sentirait moins esseulé dans sa folle aventure.

Ainsi, pour le maître du Kremlin, le temps qui passe est le meilleur allié qui lui permettra, pense-t-il, de figer les lignes et reprendre l'offensive à la fin de l'hiver.

Dès lors, les alliés de l'Ukraine, au vu des derniers développements et des certitudes que l'on peut avoir sur les intentions poutiniennes, doivent adapter les armes fournies avec une unique ambition : mettre tout en œuvre pour infliger à la Russie une défaite la plus rapide et la plus complète possible. Ainsi, Poutine ou tout successeur éventuel, ne pourra poursuivre le projet expansionniste qu'il nourrit depuis une dizaine d'années.

Cela passe par l'impérieuse nécessité de doter rapidement l'Ukraine du bouclier aérien réclamé par son président pour mettre à l'abri la population et les infrastructures vitales au pays, de lui procurer également du matériel militaire de longue portée permettant à son armée d'atteindre le territoire russe ou biélorusse afin de pouvoir détruire les stocks de munitions ennemis ainsi que leurs bases de lancement. Jusqu'à présent, les occidentaux s'y sont refusés de peur d'être considérés par Moscou comme co-belligérants et d'aggraver ainsi le conflit. La nouvelle stratégie mise en œuvre par le Kremlin voici 48 heures, va nécessiter une adaptation rapide et une réponse « proportionnée ».

Ne pas franchir ce nouveau seuil, reviendrait à permettre à Poutine de poursuivre son chantage visant la possibilité d'utiliser le nucléaire tactique, ce serait lui permettre de se réorganiser pour, dès le printemps venu, grâce à une mobilisation qui, entre-temps, serait devenue « générale », reprendre son offensive contre l'Ukraine.

L'Occident se doit de répondre sans faiblesse aux desseins de l'agresseur, d'être à la hauteur du défi qui lui est ainsi lancé.

Note du 13 octobre 2022 : Lors du vote intervenu ce jour devant l'Assemblée Générale de l'ONU et en réponse à la question relative à l'annexion des quatre régions d'Ukraine, quatre pays on refusé de condamner la Russie : La Biélorussie, la Syrie, la Corée du Nord et le Nicaragua. On a les alliés que l'on peut...

 

 

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J
On ne sortira de cette situation que par une grande spécialité russe : la révolution de palais. L’entêtement de Poutine le poussera vers la sortie.
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