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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

Enjeux majeurs.

 

La vérité est dans les urnes. Ce constat frappé du coin du bon sens lorsqu'on évolue dans une démocratie, a permis récemment à la Suède de confier les destinées du pays à une alliance entre la droite et l'extrême droite se revendiquant de l'héritage nazi. L'Italie a vu cette semaine une admiratrice de Mussolini qui assume appartenir à la mouvance post-fasciste, accéder à la plus haute responsabilité, celle de chef du gouvernement.

Chez nos voisins britanniques qui, en l'espace de quelques semaines, ont vu défiler trois premiers ministres, plus de 60 % des électeurs demandent un retour aux urnes sans attendre l'échéance électorale qui, normalement, doit intervenir fin 2024. En effet, Rishi Sunak qui vient d'être désigné pour occuper le poste, souffre à ce jour d'un sérieux manque de légitimité.

Or, voici que deux échéances cruciales se profilent sur le continent américain. A des titres divers, elles pourraient sérieusement impacter la vie planétaire.

C'est aujourd'hui que se déroule au Brésil le second tour des élections présidentielles. Il oppose le président sortant Jair Bolsonaro à l'ancien président Luiz Inacio Lula Da Silva empêché de participer aux précédentes présidentielles pour cause d'incarcération, accusé de corruption, avant d'être entièrement blanchi par la justice brésilienne. Lors du premier tour, alors que les sondages donnaient unanimement l'ancien leader syndicaliste Lula vainqueur, il n'en fut rien et l'on vit le président sortant talonner le favori des sondages. Alors que ce grand pays se rend aux urnes, un peu partout dans le monde, les plus grandes craintes concernant l'avenir de la forêt amazonienne, « le poumon de la planète », s'expriment.

Son rôle est déterminant puisque cette forêt équatoriale est un réservoir unique de biodiversité. Elle contient notamment la diversité d'espèces de plantes la plus importante de la terre (438 000 espèces). Actuellement, la forêt est menacée par le réchauffement climatique, l'orpaillage et la déforestation. Or, depuis 2019, année de l'accession de Bolsonaro à la présidence et jusqu'en août dernier, plus de 41 000 km2 sont partis en fumée soit une augmentation de 75 % par rapport à la décennie précédente (2009-2018). A titre de comparaison, sous la présidence Lula (2003-2010), la déforestation est passée de 25 396 km2 en 2003 à 7000 km2 en 2010.

La déforestation a eu pour conséquences de transformer d'immenses parcelles en terres d'élevage et de culture intensive (soja...) au risque d'atteindre selon les chercheurs, un point de basculement qui ferait de ce qui fut la forêt amazonienne, une immense savane.

Si cette forêt s'étend sur 9 pays, 63 % de sa surface est située au Brésil. On l'a compris, au-delà des invectives, ce sont deux visions totalement différentes qui s'opposent lors des élections de ce 30 octobre. A gauche, Lula incarne la préservation de la nature indispensable pour ralentir à l 'échelle planétaire le réchauffement climatique, à l'extrême droite, le président sortant Bolsonaro symbole de l'exploitation sans limite de la forêt avec pour conséquence, l'abattage quotidien 1,5 millions d'arbres.

Dans la journée de lundi, nous devrions connaître la réponse que les 156 millions d'électeurs brésiliens auront apportée avec les répercussions écologiques que l'on sait pour les 8 milliards d'êtres humains qui peuplons la planète Terre.

 

Sur le même continent américain mais au nord, le 8 novembre prochain auront lieu les midterms autrement dit, les élections de mi-mandat aux Etats-Unis. Les enjeux sont multiples. Sur le plan intérieur, les problèmes économiques priment dans l'esprit des américains qui, à 37 %, placent l'inflation comme la première de leurs préoccupations. Suivent l'économie et l'emploi à 29 %.

Les Républicains ont axé leur campagne sur ce thème alors que côté Démocrates, on comptait dramatiser sur les risques encourus par la démocratie américaine alors que leurs adversaires restent fortement sous influence trumpiste, se focaliser sur l'avortement droit constitutionnel enlevé aux femmes au niveau fédéral par la Cour Suprême à majorité républicaine.

Les préoccupations de la population portent en premier sur les dépenses quotidiennes alors qu'en septembre, l'inflation s'élevait à un rythme annuel de 8,2 % et que les républicains sont jugés plus crédibles que les démocrates concernant la gestion de l'économie.

Dans ces conditions, les sondages donnent le camp républicain gagnant tant au Sénat qu'à la Chambre des Représentants. Oubliée la tentative de coup d'Etat du 8 janvier 2021 lors de l'assaut du Capitole, oubliés les dix millions d'emplois que Joe Biden revendique avoir créés depuis son accession à la Maison Blanche, les électeurs américains retiennent davantage l'augmentation de 13, 5 % des prix des denrées alimentaires en un an.

Alors qu'aux Etats-Unis le taux de chômage est bas et se situe à 3,5 %, le risque est grand d'une victoire sur les deux tableaux du camp républicain qui remettrait en selle Donald Trump ou, à tout le moins, un candidat se revendiquant de son héritage, pour les prochaines présidentielles qui auront lieu dans deux ans.

Dans l'immédiat, le grand vainqueur de cette consultation pourrait être... Vladimir Poutine. En effet, à l'issue du scrutin les démocrates pourraient être privés de majorité leur permettant de poursuivre leur soutien militaire à l'Ukraine. Les républicains font valoir que le pays ne peut poursuivre indéfiniment l'effort de guerre accompli depuis le 24 février 2022 date de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Concernant le seul volet militaire, cette aide s'élève actuellement à plus de 25 milliards. Cet argument pourrait constituer un moyen de pression auprès de Zelensky pour le contraindre à engager des négociations avec le Kremlin.

Les grands perdants seraient alors l'Union européenne géographiquement en première ligne et la Grande Bretagne contraintes d'accroître sensiblement leur aide militaire pour ne pas voir l'armée ukrainienne, faute d'armements et de munitions, s'effondrer face aux troupes russes bénéficiant du soutien militaire de l'Iran et de la Chine sans évoquer celui de la Corée du Nord.

On voit combien la vérité sortie des urnes peut contrarier bien des desseins dans nos démocraties occidentales. Un contraste saisissant avec la Chine de Xi Jinping lequel ne s'embarrasse pas de telles arguties. Ce dernier, le samedi 22 octobre, à l'issue du 20ème congrès du Parti communiste chinois, a obtenu un renforcement sans précédent de ses pouvoirs jusqu'ici considérables. Supprimée la limite des deux mandats présidentiels, abandonnée la règle du départ à la retraite à 68 ans alors que le congrès renforçait le rôle du parti dans le secteur privé.

Exit l'ancien président Hu Jintao contraint avec fermeté de quitter la tribune lors de la cérémonie de clôture pour aller soigner son « malaise ».

Longue vie au camarade Xi qui cumule désormais tous les pouvoirs !

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