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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

A la croisée des chemins.

 

En cette rentrée de septembre, nous y sommes parvenus. Que l'on se penche sur le contexte international, que l'on examine la situation européenne ou intérieure, des choix douloureux vont devoir être faits ici et ailleurs, qui impacteront fortement l'avenir et, en particulier, celui de nos descendants.

En tout premier lieu, la situation internationale et en particulier, la guerre qui ravage depuis plus de six mois l'Ukraine, pourrait après une certaine stabilisation des lignes de front, basculer. L'hiver approche et chacun met à profit cette période pour marquer des points avant que le froid et la neige ne viennent figer les positions.

Comme on pouvait le penser, même si la situation n'est pas en l'état alarmante, la centrale nucléaire de Zaporijia a été endommagée et on peut craindre que la présence sur place de deux membres de l'AIEA, ne soit pas suffisante pour dissuader les belligérants de poursuivre leurs frappes. Face à cette situation inquiétante, seule la démilitarisation de la zone avec évacuation de tout l'armement militaire que les russes ont placé à l'intérieur de la centrale et dont la présence a été confirmée par les enquêteurs, serait de nature à faire baisser la pression. A ce jour, nous en sommes loin...

La contre-offensive lancée récemment dans la région de Kherson et dans celle de Kharkiv par l'armée ukrainienne permettra-t-elle une avancée significative avant l'arrivée des grands froids ? On savait les russes qui recrutent à tout-va, en difficulté concernant l'arrivée de nouveaux combattants pour assurer la relève et combler leurs pertes, mais on pensait que leur industrie militaire leur permettait de s'approvisionner sans trop de difficultés en armements. Or, nous apprenons que Moscou achète des obus et des roquettes à la Corée du Nord ainsi que des drones à l'Iran. Le temps long mettrait-il en échec la stratégie de Poutine qui pensait en février dernier à une guerre éclair (« l'opération spéciale ») de quelques jours pour s'emparer de l'ensemble du territoire ukrainien ?

Plus globalement, le maitre du Kremlin et son allié XI Jinping tous deux ennemis jurés de l'Occident, tentent de constituer une coalition avec différents Etats dont le dénominateur commun est leur mépris envers les droits de l'Homme et la démocratie. Parmi eux, l'Iran, l'Inde, mais aussi la Turquie malgré le double jeu que pratique avec talent son raïs Erdogan. Double jeu qui ne trompe personne, alors que celui-ci est à la tête d'un pays membre de l'Otan et jusqu'à une date récente, qui frappait à la porte de l'Union Européenne.

Ces Etats parviendront-ils à entraîner dans leur sillage, les Etats africains et sud-américains ? Lors du vote à l'Assemblée Générale de l'ONU le 7 avril dernier, consécutivement à l'agression russe en Ukraine, on a vu nombre de ces Etats se prononcer contre la suspension de la Russie du Conseil des droits de l'homme (24 dont la Chine, l'Iran...) ou, à tout le moins, s'abstenir (58 dont l'Inde, le Brésil, l'Egypte...).

Avec sa milice Wagner, la Russie gagne du terrain en Afrique (Centrafrique, Mali) et occupe le terrain jadis chasse gardée de la France. La Chine, sur l'ensemble du continent africain, rafle les marchés et parvient à s'imposer économiquement. L'Afrique, s'éloigne chaque jour davantage, de l'Europe. L'Occident ne peut tirer un trait sur des pays qui firent partie de sa zone d'influence et dont la présence à nos côtés est vitale si l'on veut qu'au niveau planétaire, la démocratie triomphe des régimes autocrates. Il y a toutefois, des conséquences à tirer de nos erreurs passées, un prix à payer. Y sommes-nous prêts ? Les déclarations du président de la République à l'issue de son récent voyage en Algérie, paraissent aller dans la bonne direction. Encore faudra-t-il passer de la parole aux actes...

A la confrontation Est-Ouest qui a duré de l'après deuxième guerre jusqu'au début des années 1990, a succédé une guerre sans merci, multiforme, que la Chine et la Russie avec leurs alliés, livrent à l'Occident et comptent bien remporter. Guerre militaire (invasion de l'Ukraine), guerre territoriale (Taïwan, Hong Kong), guerre économique que Poutine a décidé de livrer à l'Europe en la privant progressivement du gaz et du pétrole jusqu'ici exportés. Guerre idéologique enfin, à travers les fake-news et les cyber attaques dont les russes ont fait une de leurs spécialités avec les conséquences que l'on sait en particulier au plan électoral.

Bien sûr, nous avons une part de responsabilité dans cette situation. Lors de l'apparition de la pandémie, on s'est rendu compte combien la désindustrialisation et l'externalisation de nos productions pénalisaient les européens en général et les français en particulier. Aujourd'hui, on peut regretter que les difficultés avec la Russie de Poutine n'aient pas été anticipées en diversifiant nos sources d'approvisionnement concernant les énergies fossiles. De même, la réflexion sur le remplacement de ces sources d'énergie aurait dû être mise en œuvre beaucoup plus tôt afin d'anticiper sur les solutions d'avenir. S'il en avait été ainsi, l'Europe ne se retrouverait pas dans l'impasse actuelle.

Poutine pense pouvoir étrangler nos économies et a entrepris un chantage honteux et criminel. Il sait que la période hivernale peut être rude et provoquer de graves désordres tant en France que chez nos voisins. Il compte là-dessus pour discréditer la classe dirigeante occidentale et manipuler les populations.

Le risque est d'autant plus grand que ce discours trouve dans les opinions européennes quelques oreilles attentives. Chez nous, tant à l'extrême droite qu'à l'extrême gauche, le discours poutinien ne laisse pas insensibles certains dirigeants des formations qui se situent dans ces sensibilités. Le prochain vote du budget pourrait sous peu venir illustrer mon propos... Par ailleurs, j'ai, à plusieurs reprises dans mes billets, évoqué la situation à haut risque de l'Italie menacée par l'accession au pouvoir de dirigeants se réclamant de l'héritage fasciste. A moins de trois semaines des législatives, nous y sommes presque...

Enfin, comment ne pas relever une nouvelle fois le rôle nocif joué par la Hongrie de Victor Orban au sein des institutions européennes ! Ce pays qui a décidé de faire cavalier seul et de négocier directement avec Poutine l'achat de gaz dont, il est vrai, il dépend à plus de 80 %. Alors, faut-il attendre un changement de régime ? Faut-il envisager de sanctionner et éventuellement d'exclure la Hongrie ? En l'état, grâce à la règle de l'unanimité, ce pays peut bloquer les sanctions ou autres dispositions que souhaiterait prendre l'Union européenne. Celle-ci a donc décidé de fermer les yeux...

Alors que le prix du gaz est aujourd'hui dix fois supérieur à ce qu'il était il y a un an, nous en ressentons déjà les conséquences tant dans les difficultés ressenties dans certains secteurs d'activité que dans le fonctionnement de services publics. Jusqu'à présent, le « bouclier tarifaire » mis en place par le gouvernement, a protégé les particuliers. Mais nul n'ignore qu'il ne pourra être maintenu très longtemps en raison de son coût très élevé. Jusqu'à la fin du conflit en Ukraine ?

La hausse du prix du gaz a fait flamber le prix de l'électricité dont on sait qu'en Europe, la fixation du second dépend du niveau du premier. Sans parler des difficultés franco-françaises liées à l'arrêt certes momentané, de 32 réacteurs nucléaires. Dans ce contexte, la solidarité européenne va être mise à rude épreuve et sera déterminante dans le futur immédiat alors qu'à Moscou on guettera et pourquoi pas, on attisera les moindres faiblesses qui pourraient apparaître.

Réévaluation de la place de l'Occident dans la lutte désormais engagée par les autocraties mondiales. Nouvelle épreuve imposant aux 27 Etats qui composent l'Union européenne une solidarité sans faille ainsi qu'une grande inventivité dans les décisions à intervenir. En France, choix décisifs à faire pour que le pays s'engage enfin résolument dans la lutte contre le changement climatique tout en protégeant les plus faibles des conséquences des mesures douloureuses qui s'imposent..

Nous sommes véritablement parvenus à la croisée des chemins. Sans droit à l'erreur.

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J
Les choses vont viennent : il y a 30 les russes perdaient la guerre froide, là, ils sont pas foutus de reprendre l’urkraine.<br /> <br /> Les chinois se démènent entre le zero-covid et une économie molassonne. <br /> <br /> Nous sommes dans un affrontement idéologique où les frontières bougent peu, et les idées vont et viennent.<br /> <br /> Les chinois ne nous feront pas la guerre car nous sommes leur client. ils tiennent les russes en laisse… vu que c’est eux qui les arment.<br /> <br /> je suis plus inquiet pour le réchauffement climatique que pour les agitations de 3 régimes fatigués.<br /> <br /> Il faudrait sincèrement se poser la question <br /> Depuis quand l’occident ne fait-il plus rêver le monde?<br /> L’occident ne serait-il pas plus en grise que le monde lui-même ?
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