Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

Façon boomerang...

 

Le 30 juillet dernier, j'évoquais dans le dernier billet publié avant la trêve estivale (Le Prix d'une Vie), la réception au palais de l'Elysée du Prince héritier saoudien MBS, dont le rôle dans l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi a été parfaitement établi notamment par l'enquête diligentée par l'ONU.

L'Arabie Saoudite n'en a pas terminé avec la répression qui touche ceux qui contestent MBS et n'hésite pas à jeter en prison ses opposants. Ainsi, la saoudienne Salma Al-Chehab, chercheuse en Grande-Bretagne, selon une décision prononcée en appel et rendue publique le 17 août, vient d'être condamnée à 34 années de prison pour avoir fourni de l'aide, par ses tweets, à des opposants politiques qui cherchaient à « troubler l'ordre public ». Pour faire bonne mesure, cette peine est assortie d'une interdiction de quitter l'Arabie Saoudite d'une durée similaire, après sa sortie de détention. Sauf miracle, l'avenir immédiat de cette chercheuse, apparaît à ce jour bien sombre.

Dans mon billet du 30 juillet, j'évoquais également les exécutions pratiquées en Birmanie dont deux, concernaient des membres de l'opposition à la junte birmane, proches d'Aung San Suu Kyi. Celle-ci, qui reçut le Prix Nobel de la paix et est aujourd'hui âgée de 77 ans, a été condamnée le 15 août dernier à une peine de 6 ans de prison supplémentaires à la peine de 11 ans de détention déjà prononcée. La junte au pouvoir avait engagé à son encontre, un procès pour des faits de corruption. Cette nouvelle décision dont le caractère strictement politique ne fait aucun doute, a été dénoncée par la communauté internationale. Pour quel résultat ?!

Ce même 15 août, on célébrait en Afghanistan le retour au pouvoir des talibans après la fuite peu glorieuse, des troupes américaines il y a un an. Force est de constater, que ceux qui en 2021, déclaraient avoir « changé », n'ont nullement modifié leurs méthodes. Leur prise de contrôle du pays en violation avec les accords signés à Doha en février 2020, a provoqué l'arrêt de l'aide internationale dans le cadre des sanctions prononcées, parmi lesquelles, le gel de 9,5 milliards de dollars d'actifs nationaux et le gel des actifs de la banque centrale d'Afghanistan. La crise économique qui sévit, plonge le pays dans la misère. Dans une tribune du 18 août, le président d'Action contre la faim France, évoque la possibilité que le régime en place ait à affronter des « émeutes de la faim ».

La situation des femmes, sous la loi talibane, s'est considérablement aggravée. Alors que collégiennes et lycéennes ne peuvent poursuivre leur scolarité, en mars dernier, les étudiantes ont pu retourner dans les universités, sous l'étroite surveillance des talibans qui, à l'entrée des établissements, vérifient leur tenue et l'absence de maquillage. Désormais, les cours ne sont plus mixtes. Les filles terminent leurs cours à 11 heures alors que les garçons arrivent à 13 heures afin que les uns et les autres ne puissent se croiser. Malgré ce, ces jeunes filles refusent la résignation et lors du jour anniversaire de la prise de Kaboul le15 août dernier, certaines ont trouvé le courage de descendre dans la rue manifester, chassées par les rafales de mitrailleuses tirées en l'air par les talibans.

Au cas où, dans la torpeur de l'été, on aurait pu penser que les actes terroristes étaient désormais difficiles à organiser, l'attentat perpétré dans l'Etat de New-York contre l'auteur des « Versets sataniques » est venu rappeler que le danger demeure, aux Etats-Unis comme en France ou en Grande-Bretagne.

Salman Rushdie avait été condamné à mort en 1989 dans une fatwa prononcée par l'ayatollah Khomeyni le fondateur de la République islamique d'Iran et s'est vu contraint de vivre, depuis 33 ans, sous protection policière et dans la clandestinité. Le 12 août dernier, alors qu'il se rendait à une conférence pour y prendre la parole, celui qui symbolise la résistance au fanatisme a été frappé de plusieurs coups de couteau au cou et à l'abdomen et a dû être transporté dans un état grave, par hélicoptère, dans un hôpital.

Cette tentative d'assassinat contre un auteur devenu un symbole de la liberté d'expression, s'inscrit en droite ligne avec l'attentat survenu sur notre sol contre Charlie Hebdo en 2015 et l'assassinat atroce du professeur Samuel Paty en 2020.

Dans ces conditions, l'espoir viendrait-il des institutions européennes et des 27 Etats qui composent l'Union ?. On rappellera que depuis le 24 février date de l'agression perpétrée par la Russie de Poutine contre l'Ukraine, la solidarité et l'aide des pays de l'Union se sont manifestées de multiples façons vis à vis du pays agressé et de sa population. Après six mois de guerre car c'est bien de cela qu'il s'agit et non d'une « opération spéciale » limitée dans le temps comme les russes le prétendaient au début, l'Europe continue d'apporter l'aide matérielle et de venir en aide aux ukrainiens en les accueillant notamment sur notre sol.

Voici toutefois que quelques fissures sont apparues dans la mise en œuvre des sanctions collectives prises par l'Union Européenne contre Moscou. Ainsi, la Hongrie de Viktor Orban s'est opposée aux sanctions européennes visant à ne plus dépendre de la Russie pour ce qui concerne les livraisons de gaz. Bien plus, la Hongrie a envoyé son ministre des affaires étrangères à Moscou pour négocier la livraison de 700 millions de m3 venant s'ajouter aux 4,5 milliards de m3 jusqu'à présent livrés par Gazprom et qui représentent 85 % de la consommation des hongrois. Dans ces conditions, quelle crédibilité pour nos institutions lorsque le ver est dans le fruit ?

Une fissure plus importante encore, risque de se produire consécutivement à la proclamation des résultats des élections législatives qui auront lieu le 25 septembre prochain en Italie. Comme on pouvait le craindre, à ce jour, les sondages placent en tête Giorgia Meloni, cheffe du parti post-fasciste Fratelli d'Italia. La favorite alliée à la Liga de Matteo Salvini et à la formation de la droite berlusconienne Forza Italia, a toutes chances d'occuper prochainement le poste de Premier(e) ministre d'Italie. A l'heure où Vladimir Poutine cherche à enfoncer le clou dans le camp du soutien à l'Ukraine pour le diviser, cette situation posera un grave problème de fonctionnement à nos institutions alors qu'il s'agit d'un membre fondateur de l'Union, troisième puissance derrière l'Allemagne et la France.

En un mois, la situation s'est lourdement assombrie. Les experts parlent d'un conflit russo-ukrainien qui pourrait se prolonger jusqu'en 2023. La population européenne acceptera-t-elle comme elle le fait aujourd'hui, de continuer à payer le prix de l'effort de guerre ? La menace nucléaire se fait chaque jour plus pressante et est utilisée par Poutine comme un instrument de chantage. La situation à la centrale de Zaporijia ne permet pas d'exclure qu'intentionnellement ou pas, la ligne rouge ne sera pas franchie. Avec quelles conséquences ? L'inspection de l'AIEA qui doit intervenir dans les prochains jours, nous permettra peut-être d'en savoir davantage.

Alors que les ukrainiens célébraient le 31ème anniversaire de l'indépendance du pays ce 24 août, le tsar russe n'a pas hésité à faire bombarder un train tuant vingt-cinq personnes civiles dont deux enfants. Il est de plus en plus évident qu'il ne s'arrêtera pas là ni aux frontières de l'Ukraine. La reconstitution de l'Empire russe nécessite d'autres conquêtes.

Dès lors, faut-il lui renvoyer en boomerang la terreur qu'il réserve jusqu'à présent à ses « frères » ukrainiens ? La question est désormais posée . Ne pas y répondre, c'est lui laisser l'initiative du moment qu'il jugera opportun pour frapper ailleurs et à sa convenance.

 

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
N
Merci en cette rentrée pour ce message plein d’espoir et de gaieté…..
Répondre
J
Mon cher Nemo je vois que les fortes chaleurs de cet été finissant n'ont pas entamé votre sens de l'humour. Soyez en remercié.