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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

« Super Mario » pour succéder à « Super Mario » ?

 

 

Le 25 septembre prochain une forte déflagration pourrait secouer l'Italie et l'onde de choc se répandre sur toute l'Europe avec des conséquences difficiles à mesurer à ce jour.

Depuis février 2021, la troisième puissance économique de l'Union Européenne avait Mario Draghi, ancien président de la BCE, comme premier ministre dans un pays où la durée moyenne de vie d'un gouvernement, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, est d'environ un an.

Que s'est-il passé ? Mario Draghi qui a du enregistrer le mercredi 20 juillet, la défection au sein de la coalition d'union nationale qu'il présidait, de trois formations (Forza Italia de Berlusconi droite, la Ligue de Matteo Salvini extrême droite et le Mouvement 5 étoiles M5S antisystème), a présenté le lendemain la démission de son gouvernement au Président de la République Sergio Mattarella. Logiquement, ce dernier a prononcé la dissolution du parlement et convoqué des législatives qui auront lieu le 25 septembre prochain.

Ainsi a pris fin la situation la plus singulière au sein de l'Union européenne puisque cohabitait une majorité parlementaire fortement eurosceptique et un premier ministre ouvertement pro-européen qui, lorsqu'il était président de la banque centrale européenne, avait largement contribué au sauvetage de la zone euro lors de la crise financière de 2011, puis en sa qualité de président du conseil, géré avec succès la crise du covid-19 qui sévissait. Aux côtés du président Macron et du chancelier Olaf Scholz, Mario Draghi jouait un rôle éminent dans l'aide apportée par l'Union Européenne à l'Ukraine victime de l'agression russe. Il y a à peine quelques semaines, les trois dirigeants faisaient ensemble le déplacement à Kiev pour y rencontrer Volodymyr Zelensky... alors même que son allié d'extrême droite Matteo Salvini ne cachait rien de ses sympathies poutiniennes.

Cette crise gouvernementale dans une Italie fortement endettée (150 % de son PIB), intervient alors qu'avec l'Espagne, il s'agit du pays qui bénéficie le plus du plan de relance européen s'élevant globalement à 750 milliards d'euros (68,9 milliards d'euros d'aides et 122,6 milliards d'euros de prêts bonifiés). Or, cette aide est conditionnée au respect des engagements pris par le pays bénéficiaire auprès de l'Union (réforme de l'économie, redressement financier, réforme du système judicaire, des marchés publics, de la fonction publique).

A ce jour, l'Italie a reçu de l'Europe 36 milliards d'euros de subventions et 10 milliards de prêts. Le versement des sommes restantes est conditionné à la réalisation des objectifs sur lesquels le pays s'est engagé auprès de l'Union.

Selon les résultats du scrutin du 25 septembre, les choses pourraient se compliquer sérieusement pour l'Italie et affecter tant le fonctionnement de la zone euro que la politique de l'Union en pleine crise ukrainienne. Dans un contexte où des tensions apparaissent au sein de l'Europe avec un autre de ses membres, la Hongrie de Viktor Orban.. Celle-ci, bafouant les sanctions communautaires prises contre la Russie de Poutine, vient sans l'aval de l'institution européenne, de signer un contrat avec Moscou pour garantir son approvisionnement en gaz durant l'hiver à venir.

Le directeur de l'Institut Jacques Delors commentait en ces termes la situation  actuelle: « Pour tous les poutiniens, le départ de Draghi est une bonne nouvelle » alors que l'Italie est fortement dépendante de la Russie pour ce qui concerne ses approvisionnements en énergies fossiles.

Une formation politique est venue se rajouter au paysage politique italien, compliquant sérieusement l'avenir du pays . Les intentions de vote à l'heure actuelle en font le parti qui arriverait en tête aux prochaines élections. Il s'agit de Fratelli d'Italia (néo-fasciste ou postfasciste) qui, selon les sondages, réunirait 25 % des électeurs sur l'ensemble du pays. Elle a à sa tête Giorgia Meloni qui fut membre du Front de la Jeunesse du Mouvement Social Italien (MSI) héritier du Parti national fasciste de Benito Mussollini. Cette formation, alliée à la Ligue de Salvini et Forza Italia de Berlusconi, forme une coalition représentant à ce jour 48 % des intentions de vote. Si ces formations parvenaient dans quelques semaines au pouvoir avec un gouvernement à la tête duquel on trouverait Giorgia Meloni, on peut s'interroger sur les possibilités qu'aurait l'Europe de surmonter une tel bouleversement.

Est-ce bien ce que souhaite la majorité des italiens ? Ce pays qui, depuis le début a cru en l'aventure européenne et qui, économiquement occupe au sein de l'Union la troisième position après l'Allemagne et la France, prendra-t-il le risque de la banqueroute et de l'éclatement de nos institutions ?

Dans un sursaut de lucidité, l'Italie parviendra-t-elle à trouver les forces nécessaires pour permettre à l'issue du vote du 25 septembre, à celui qui est aujourd'hui chargé par le président de la République, d' expédier les affaires courantes, de poursuivre la difficile tache à laquelle il s'est attelé voici un an et demie : accompagner le redressement du pays et faire avancer l'Europe vers plus de solidarité, plus de justice, plus de leadership dans un monde déboussolé, toutes choses qui lui ont valu le sobriquet de « Super Mario » ? C'est tout l'enjeu du prochain scrutin.

 

 

 

 

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N
J’observe que notre éminent commentateur ne s’offusque pas de l’alliance objective en France de Renaissance, LR et RN .<br /> Alors avant de donner par avance des leçons aux Italiens regardons sur le pas de notre porte.
Répondre
J
Je sais bien mon cher Nemo que les italiens sont les rois de la "combinazione" et peuvent se tirer des situations les plus compromises. Sans se référer aux alliances qui se nouent chez nous,, il ne me parait pas anormal que tout citoyen soucieux de la poursuite de la construction européenne, puisse s'inquiéter de la situation actuelle chez nos amis italiens. Rv après le 25 septembre, nous y verrons plus clair (en principe).