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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

La grande illusion.

La Grande illusion

En ce 3 mai 1936, le Front Populaire constitué quelques mois plus tôt lors des manifestations organisées par les formations de gauche en réaction aux émeutes du 6 février 1934, remporte les législatives et le premier gouvernement de coalition de la IIIème République, présidé par le socialiste Léon Blum, est constitué. Ce Front rassemble trois partis, la S.F.I.O., le Parti Radical et le Parti Communiste. Ce dernier, soutiendra le gouvernement sans y participer.

Le gouvernement du Front Populaire adoptera des mesures sociales importantes. Ainsi, sont mis en place les congés payés (15 jours), la réduction du temps de travail avec la semaine de 40 heures, les conventions collectives.

L'Assemblée élue en 1936 restera en place jusqu'au 10 juillet 1940 soit au début de la deuxième guerre mondiale.

Alors qu'en ce 3 mai 2022 nous célébrons le quatre-vingt-sixième anniversaire de cet événement, les forces politiques qui constituent la gauche de l'échiquier national (La France Insoumise, le Parti Socialiste , Europe Ecologie Les Verts et le Parti Communiste) sont parvenus ou s'apprêtent à signer un accord pour affronter les législatives des 12 et 19 juin prochains après la réélection, le dimanche 24 avril, d'Emmanuel Macron à la Présidence de la République.

A 86 ans de distance, l'histoire bégayerait-elle ?

Rien de moins sûr, tellement le rapport de forces au sein de la nouvelle coalition est différent de ce qu'il était en mai 1936. Les socialistes regroupés au sein de la S.F.I.O., représentaient alors la force politique la plus importante (20,7 %) et obtinrent de présider le gouvernement issu de ces élections.

Aujourd'hui, après le naufrage de la candidate socialiste le 10 avril dernier (1,7 %), le score médiocre du candidat écologiste (4,6 %), alors même que les communistes qui représentaient en 1936, 13,5 % des suffrages exprimés, ont vu leur candidat, péniblement atteindre les 2,2 %, le rapport de force s'est inversé au profit de la formation d'extrême gauche. Cette coalition se constitue donc autour de La France Insoumise dont le candidat vient de réunir sur son nom 22 % des suffrages. Il s'agit de Jean-Luc Mélenchon qui a demandé aux français, dès le soir du 24 avril, de « l'élire Premier Ministre » lors du scrutin de juin prochain !

Pas étonnant dans ces conditions si les autres parties à l'accord sont sommées d'entériner le programme qui était celui du candidat estampillé LFI. Lors du dernier scrutin présidentiel, Jean-Luc Mélenchon avait au nom de l'Union Populaire, soutenu les mesures qui désormais seront les propositions de la toute nouvelle « Union populaire, écologique et sociale ».

Que se cache-t-il derrière ce vocable pompeux ?

Ces mesures portent sur l'âge de la retraite qui se situe actuellement à 62 ans et qui sera « pour toutes et tous », ramené à 60 ans. Le smic qui vient d'être porté à 1 302 € 64 par mois, sera augmenté à 1 400 €. Les prix des produits de première nécessité seront bloqués. Est également prévue la création d'un revenu minimal pour les jeunes ainsi que la mise en place d'une planification écologique. Concernant le coût de ces mesures et leur financement, silence total. Enfin, la loi Travail El Komri, adoptée durant le quinquennat Hollande sera abrogée !

Sur le plan institutionnel, au rebut la Cinquième République et place à la Sixième République sans plus de précisions.

Enfin et ce n'est pas l'aspect le moins important, concernant l'Union Européenne, le document précise que si la France ne peut avoir « pour politique sa désagrégation » il rajoute aussitôt qu'il conviendra de se tenir prêts « à désobéir à certaines règles » communautaires en particulier les dispositions « économiques et budgétaires ». En clair, préparer le pays à un "frexit" ou comment organiser la « désagrégation » de l'Europe sans le dire. Rien de très étonnant puisque le programme du candidat Mélenchon lors des présidentielles de 2017, prévoyait la sortie pure et simple de la France de l'Union Européenne.

Si l'on ajoute à cela la sortie de l'OTAN et l'arrêt des livraisons de matériel militaire à l'Ukraine comme l'a soutenu le candidat de LFI tout au long de la campagne, on a très vite le tableau de ce qui se produirait si, comme il le souhaite, il était « élu » Premier Ministre le 19 juin prochain.

Concernant le Parti Socialiste, s'associer à l'adoption puis à la mise en œuvre d'un tel programme, reviendrait à réduire à néant tout le chemin parcouru depuis plus de cinquante ans pour en faire un parti de gouvernement ce qui a rendu possible l'élection du 10 mai 1981. Cela constituerait une régression sans précédent dans l'histoire du parti.

En mémoire à Léon Blum qui, après la scission du congrès de Tours garda « la vieille maison », en mémoire à François Mitterrand qui a tellement oeuvré pour que l'Europe constitue cet espace de Paix et de stabilité que nombre de pays souhaitent intégrer, il convient qu'un vent de renouveau se lève très rapidement afin que les biographes de ce grand parti, ne puissent un jour écrire qu'en avril 2022, il choisit de vendre son âme pour tenter de sauver quelques sièges de députés.

Dans le film que Jean Renoir réalisa en 1937, les deux héros, Maréchal et Rosenthal, en se séparant, s'étaient donné rendez-vous dans un restaurant parisien pour fêter la victoire. Au jour dit, les deux chaises restèrent vides... Juste un rappel pour l'Histoire.

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N
La question qui se poserait au président si la Nupes était majoritaire est la suivante:<br /> Peut-on nommer premier ministre quelqu’un qui a été condamné pour avoir outragé et menacé des policiers et des magistrats?<br /> Cette question devrait être au centre de la campagne des législatives
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J
…. La grande illusion, c’est de croire qu’on peut reporter aux législatives les résultats des présidentielles.<br /> <br /> En vérité le mode de scrutin change complètement la donne, et il se passera ce qu’il s’est toujours passé :<br /> - Le RN moins de 20 députés. <br /> - L’alliance LFI moins de 50.<br /> - LAREM la moitié des députés.<br /> <br /> Le reste étant reparti entre des socialistes et républicains, solidement implantés dans les territoires.<br /> <br /> Bref, les jeux sont faits, pour cette fois-ci.<br /> <br /> On peut néanmoins se demander : où est désormais <br /> l’alternance démocratique ?<br /> <br /> Entre Marine LePen d’un côté et Mélanchon<br /> de l’autre, il semblerait que la république soit désormais assiégée.<br /> <br /> C’est la succession de Macron qui va s’avérer compliquée.<br /> <br /> Après Macron le déluge ?<br /> <br /> Le maintien d’un PS et des LRs semble être une<br /> nécessite démocratique à terme.<br /> <br /> Quand à LFI, il convient de se poser la question :<br /> « sommes nous prêts à confier les affaires publiques <br /> au parti ce ceux qui ont échoué dans leurs affaires privées ? »<br /> <br /> Rassemblement d’idéalistes improductifs et dangereux, <br /> LFI est à la politique ce que le demi-tour est sur l’autoroute.<br /> <br /> Le dynamitage souhaité du système ne provoquera que<br /> crise, pauvreté et chômage massif, si il ne mène pas à la guerre civile.<br /> <br /> Affaiblissant la France bien plus que Trump à affaibli les etats-unis.
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