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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

L'autre combat.

 

Depuis maintenant plus de trois semaines, l'agression de l'Ukraine par la Russie se manifeste notamment par le bombardement d'hôpitaux, maternités, écoles et le mercredi 16 mars, par la destruction du théâtre de Marioupol, ville martyre, alors qu'un millier d'habitants avaient trouvé refuge dans ce qu'ils pensaient être un abri. Les ukrainiens opposent une résistance farouche, bouleversant les plans russes qui s'attendaient à une promenade de santé. Les troupes russes s'en prennent à des objectifs parfaitement identifiés, ciblés en conséquence pour atteindre les populations civiles qu'ils abritent.

De tels actes constituent des crimes de guerre dont pourraient avoir à rendre compte tant les dirigeants qui les ont ordonnés que les membres de la chaîne de commandement militaire jusqu'aux soldats qui les ont exécutés.

Dès à présent Karim Khan, le Procureur de la Cour Pénale Internationale (CPI), enquête dans le cadre des investigations commencées en février 2014 (mon billet du 5 mars 2022 : Vladimir Poutine devant la CPI ?). Il en est de même de plusieurs ONG et en particulier de Human Rights Watch et d'Amnesty International ainsi que de la procureure générale d'Ukraine Iryna Venediktova. Tous s'attachent à rassembler à travers les témoignages recueillis, les documents vidéos rassemblés, les déclarations des russes faits prisonniers, les papiers et téléphones portables saisis..., les preuves des violations du droit international et du droit humanitaire pouvant être commises par les parties en conflit sur le terrain des opérations.

Jamais dans un conflit, on n'avait aussi rapidement mis en œuvre les différents instruments que procurent les institutions internationales pour, dans un délai plus ou moins rapproché, pouvoir poursuivre les responsables à tous les échelons de la hiérarchie et les juger.

De son côté, la Cour Internationale de Justice (CIJ) des Nations Unies, a ordonné le mercredi 16 mars dernier à la Russie de « suspendre immédiatement les opérations militaires » en cours depuis le 24 février sur le territoire ukrainien. Sur les 15 juges qui composent la CIJ deux ont voté contre : le russe et le chinois.

Afin de justifier ce qu'il a pudiquement appelé une « opération militaire spéciale », Poutine a dans son intervention du 24 février, justifié l'invasion de l'Ukraine par la nécessité de mettre un terme au « génocide » dont seraient victimes les populations russophones du Donbass. « Mensonges » a répondu l'Ukraine qui a saisi la CIJ accusant Moscou d'avoir abusé de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide.

L'Ukraine, consciente qu'il faudra attendre longtemps avant que la CIJ se prononce sur le fond du dossier, avait demandé aux juges, deux jours après le début de l'agression russe, de prendre des mesures d'urgence. Après le prononcé de la décision, le président Zelensky a parlé d'une « victoire complète ». Rajoutant, « c'est ordre est contraignant, la Russie doit s'y conformer ». La CIJ ne dispose d'aucune force pour faire respecter les décisions qu'elle rend. Dès lors, même si cette décision lie la Russie membre de l'ONU, celle-ci a choisi de ne pas s'y conformer.

Ces initiatives contre l'Etat russe et ses dirigeants et en particulier, celui qui a planifié et ordonné cette agression, constitueraient-elles pour autant des « coups d'épée dans l'eau » ? Certainement pas.

Afin d'éviter le risque d'une troisième guerre mondiale, le choix a été fait par le camp occidental, de ne pas envoyer de troupes combattre sur le sol ukrainien. Des budgets considérables ont été votés tant par l'Amérique du Nord que par l'Union Européenne pour permettre à l'Ukraine de se doter des armes défensives qui lui font cruellement défaut face aux bombardements de l'aviation et de la marine russe.

A côté de l'aide militaire et humanitaire, des sanctions économiques diverses ont été prises pour exercer une forte contrainte sur l'Etat agresseur. Elles vont jusqu'à l'embargo sur les importations de gaz et de pétrole russe décrété par les Etats-Unis. L'Europe devrait-elle emboîter le pas des américains ? Difficile à envisager en raison de la dépendance de certains des Etats qui la composent (mon billet du 11 mars 2022 : Paroles... Paroles...). De nouvelles sanctions seraient toutefois à l'étude...

.La mise en œuvre de différentes procédures judiciaires à l'encontre de l'Etat russe et des acteurs de cette guerre, est un élément de plus pour contraindre le dictateur à lâcher prise.

Une comparution de Poutine devant la Cour Pénale Internationale pour y répondre de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité ? Faudrait-il qu'il soit physiquement déféré devant la Cour qui ne juge pas en l'absence des accusés mais pas impossible puisque la CPI ne reconnaît pas l'immunité accordée aux chefs d'Etat par les juridictions nationales.

La mise en place comme certains le suggèrent (Philippe Sands juriste franco-britannique et Gordon Brown ancien premier ministre britannique) d'un tribunal spécial (juridiction ad-hoc) qui permettrait de poursuivre Vladimir Poutine et son entourage pour le crime d'agression alors que la Russie n'a pas ratifié le statut de Rome instituant la CPI ? Une éventualité, cette incrimination ne relevant pas de la compétence de la CPI qui connait seulement des crimes de génocide, des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité.

Le débat est ouvert pour que lorsque la guerre prendra fin, le chef de l'Etat russe ne redevienne pas un dirigeant respecté de l'un des pays les plus puissants de la planète mais un paria mis au banc des nations civilisées.

La CPI et la CIJ ont dès à présent, engagé un combat contre l'impunité qui devra amener les coupables à rendre des comptes et l'Etat russe à réparer les immenses souffrances qu'il aura causé à l'héroïque peuple ukrainien

 

 

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C
vous semblez délirer.<br /> Vous répétez ce que l'on vous met dans la tête.<br /> C'est manquer singulièrement de discernement.<br /> Mais certes ceci est fait pour vous tromper.<br /> Et cela fonctionne bien.<br /> <br /> Je vous mets au défi de prouver vos affirmations.<br /> <br /> Comment peut-on être aussi lobotomisé ?<br /> C'est à desespérer du néocortex,<br /> ce truc qui permet à certains de raisonner.<br /> <br /> Il y a des principes de logique et le premier est la non contradiction.<br /> <br /> Attention, penser fatigue, attention au claquage.
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