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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

Cherchez le coupable.

 

 

Ce lundi 21 février, la Russie s'est une nouvelle fois illustrée en reconnaissant l'indépendance de deux républiques auto-proclamées situées dans la région du Donbass au sein d'un Etat souverain, l'Ukraine. Il s'agit de la république de Donetsk et de celle de Louhansk créées par les séparatistes pro-russes en 2014.

Ce faisant, la Russie membre permanent du Conseil de Sécurité de l'ONU, a violé deux principes fondamentaux du droit international : le respect de l'intégrité territoriale d'un Etat et celui de l'indépendance politique.

Les annonces de sanctions de la communauté internationale et en particulier du camp occidental après l'entrée des troupes russes dans ces deux républiques auto-proclamées, paraissent faire figure d'admonestation alors que l'on s'attendait à ce que la Russie soit durement frappée par ces mesures. La raison en serait, la nécessité de ne pas braquer Vladimir Poutine pour le cas où il serait dans ses intentions d'ordonner à ses troupes d'envahir la totalité de la province du Donbass, voire l'ensemble du territoire ukrainien et en particulier, sa capitale Kiev.

Ce calcul paraît bien aventureux et pourrait en réalité, constituer un encouragement pour le « tsar de Russie », qui continue à avancer son projet. Les sanctions économiques qui ont suivi l'annexion pure et simple en 2014 de la Crimée, partie intégrante du territoire ukrainien, n'ont guère pénalisé la Russie et la situation actuelle en est la preuve, n'ont eu aucun effet dissuasif. Fallait-il poursuivre dans la même voie ou frapper durement cet Etat qui méprise le droit international et foule aux pieds les engagements qu'il a pris en adhérant à l'ONU ?

Un examen du passé récent des relations entre la Russie et les anciennes républiques soviétiques, fournit les éléments de réponse. Poutine a installé ses troupes tout au long de la frontière séparant l'Ukraine de la Biélorussie de Loukachenko. Ce dernier a donc accepté de son allié Poutine qu'il masse des soldats russes menaçant l'Ukraine sur le territoire biélorusse alors qu'à Moscou, on considère insupportable tout rapprochement de l'Ukraine avec le monde occidental !

En 2008, une autre ancienne république soviétique, la Géorgie, s'est trouvée confrontée aux armées russes. Cette guerre éclair (5 jours) fit environ 400 morts côté géorgien. Résultat, depuis plus de dix ans, deux régions de cet Etat souverain, l'Abkhazie et l'Ossétie du sud, sont toujours occupées militairement, là aussi en violation des règles internationales

On pourrait également évoquer la situation de deux autres anciennes républiques soviétiques, l'Arménie et le Kazakhstan, pays dans lesquels le maître du Kremlin est parvenu à placer ses pions, profitant des crises locales.

Ainsi, progressivement et méthodiquement, Poutine reconstitue une zone d'influence et de protection en mettant son emprise sur les anciennes républiques qui composaient l'Union soviétique. Manque à l'appel l'Ukraine mais jusqu'à quand ?

A défaut d'une réaction à la mesure de la gravité de la situation, l'échéance pourrait dangereusement se rapprocher.

Comme je le disais dans mon précédent billet, la diplomatie européenne n'a pas ménagé ses efforts pour tenter d'éviter que la Russie n'officialise, une nouvelle fois, sa présence sur le sol d'un Etat souverain. Elle n'a malheureusement pas pu éviter la déclaration de reconnaissance suivie de l'entrée des soldats russes.

Chez nous, à la suite de l'engagement français pour tenter d'amener les parties en conflit à la table des négociations, certains tentent d'en tirer profit.

Qu'en période électorale on demande à l'opposition un soutien au chef de l'Etat par ailleurs futur candidat, nul ne peut l'imaginer. De là à faire supporter à Emmanuel Macron la responsabilité de l'échec de la recherche de paix en Ukraine, c'est ce qu'ont tenté de faire ceux qui jusqu'à présent, étaient les plus complaisants à l'égard de Vladimir Poutine. Je veux parler de Marine Le Pen, Jean- Luc Mélenchon et d'Eric Zemmour.

On se souvient que le 24 mars 2017, pour se donner une stature internationale, madame Le Pen crut nécessaire de rendre visite au maître du Kremlin qui se déclara « très heureux » de recevoir son interlocutrice Il est vrai que celle-ci considérait que l'annexion de la Crimée par la Russie, n'avait « rien d'illégal ». La Presse évoqua à l'époque les possibles raisons de cette visite à savoir les besoins du Front National pour le financement de la campagne.

Réagissant à la reconnaissance par la Russie des républiques auto-proclamées du Donbass, Marine Le Pen, mardi matin à la radio, ironisait sur l'utilisation par Emmanuel Macron, à des fins électorales, de « cette séquence diplomatique » et se demandait si à travers son action, le président français avait cherché « à être prix Nobel de la paix ». Une façon de contourner l'obstacle pour ne pas avoir à condamner l'initiative de celui qui cinq ans plus tôt, venait à son secours.

Monsieur Zemmour ne trouvait rien de mieux que de proposer la signature d'un « traité consacrant la fin de l'expansion de l'OTAN »... alors qu'aucune demande d'adhésion n'a été adressée par l'Ukraine et que Poutine a pris sans aucun fondement, prétexte de cette éventualité, pour masser ses troupes à la frontière ukrainienne.

A l'extrême gauche, Jean-Luc Mélenchon entretient depuis longtemps, des relations pour le moins complaisantes avec Vladimir Poutine. Sa formation, La France Insoumise, a préféré évoquer un « bilan navrant de Macron dans cet épisode ». On ne peut que rester confondu devant la profondeur de l'analyse !

Quant à madame Pécresse, elle a reproché au président français d'avoir tenté un dialogue « tardif » et « solitaire ». On le voit, il ne fallait pas attendre des principaux candidats déclarés à la présidentielle, les « lumières » qui auraient pu contraindre le président Poutine de renoncer au projet qu'il poursuit depuis son accession au pouvoir intervenue le 31 décembre 1999 et qui l'a poussé à modifier la constitution russe afin de prolonger son règne jusqu'en 2036.

Monsieur Poutine aurait-il décidé de s'immiscer dans la prochaine élection présidentielle ?

P.S. : Ce billet a été écrit le 23 février pour être publié en fin de semaine. Ce jour 24 à 5 heures 30, sur France Inter, j'apprends que la folie l'a emporté et que dans la nuit Poutine a lancé ses troupes dans le territoire ukrainien. Vous avez dit « paranoïaques » ?

 

 

 

 

 

 

 

 

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N
République autoproclamée, voilà où cela mène, cela rappelle une certaine Catalogne et ses vues séparatistes…..<br /> L’inaction du monde libre devant l’annexion de la Crimée et la construction du viaduc la reliant à la Russie était regrettable, <br /> L’annonce par Biden et ses collègues européens que le monde occidental n’enverrait pas de troupes défendre l’Ukraine au prétexte qu’elle ne fait pas partie de l’OTAN a été bien aventureuse , cela s’apparentait à un laissez-passer dont Poutine ne s’est pas fait prier pour profiter<br /> Qui a dit à ce dictateur qui prétend ne pas supporter l’OTAN a ses portes que naguère les troupes du pacte de Varsovie étaient en Hongrie , Tchécoslovaquie etc et que l’Europe occidentale n’a pas pour autant envahi ses voisins?. Seule la démocratie a libéré ces états mais c’est cela qui dérange Poutine. Il faut soutenir son opposition et fomenter la révolte de son peuple et inciter ces soldats à la désert ion
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J
Si on veut faire l'Europe de La Défense, c'est maintenant !
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