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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

Un monde en folie.

De quelque côté que l'on tourne le regard, l'irrationnel l'emporte sur le raisonnable, la menace sur la persuasion, la violence sur la recherche du compromis.

Il fut un temps où notre planète était divisée en deux camps. Selon que l'on appartenait, le plus souvent du fait de la naissance, à l'un ou à l'autre, le vécu serait différent mais généralement accepté. Chacun connaissait avantages et inconvénients des hasards de la vie qui l'avaient fait naître d'un côté ou de l'autre de ce que l'on appela "le rideau de fer".

Entre le camp socialiste et le camp occidental, l'équilibre « de la terreur » permit jusqu'à la fin des années 80 de garantir une paix certes fragile mais ayant favorisé dans des situations de grande tension, l'ouverture d'un dialogue et d'avancer vers une certaine détente.

Avec l'effondrement du camp socialiste on a pensé à tort que l'on entrait dans une ère de paix, où la démocratie et l'état de droit allaient être des valeurs largement partagées.

Dès septembre 2001, le monde a réalisé qu'il n'en serait rien, que d'autres forces s'étaient levées qui allaient gravement altérer les relations internationales et notre sécurité. Vingt ans plus tard, il ne fait aucun doute que le risque d'une déflagration au niveau de la planète n'a jamais été aussi élevé.

Nous sommes dans ce « clair-obscur» dont parlait Antonio Gramsci dans les « Lettres de prison » écrites alors qu'il était incarcéré par l'Italie fasciste. Il nous mettait en garde, soulignant que si « le vieux monde se meurt », c'est aussi le moment « où naissent les monstres ».

Quatre-vingt ans après, le « vieux monde » s'est écroulé et les « monstres » surgissent de toutes parts.

Ainsi, de l'autre côté de l'atlantique, les Etats-Unis, ont élu en 2016, celui qui cinq ans plus tard n'hésitera pas à lancer ses soutiens à l'assaut du temple de la démocratie qu'est le Capitole, siège du Congrès américain.

Jusqu'à présent, à travers l'alternance entre républicains et démocrates, le choix des électeurs avait toujours été respecté par le camp des perdants et le président nouvellement élu, recevait dès que les résultats étaient connus, les félicitations de son adversaire malheureux. Tel ne fut pas le cas en janvier 2021. On vit Donald Trump battu refuser d'assister à l'investiture du nouvel élu, Joe Biden. C'est ce même Trump qui le 6 janvier invita ses partisans à envahir le Capitole à l'effet de bloquer la certification du résultat du vote de l'élection présidentielle. Cet assaut fit cinq morts et l'on vit la première des démocraties vaciller sur ses bases. Moins d'un an plus tard, Trump revient sur le devant de la scène avec la ferme intention de laver l'affront de sa défaite...

Le rideau de fer fut la ligne virtuelle qui durant plusieurs dizaines d'années séparait les démocraties occidentales du monde socialiste. Son illustration bien réelle, fut le mur construit par l'Allemagne communiste dans la nuit du 12 au 13 août 1961 dans Berlin, l'ancienne capitale du Reich. Il faudra attendre le 9 novembre 1989 pour assister à la chute de l'ouvrage que le gouvernement de l'Allemagne de l'Est avait qualifié de « mur de protection antifasciste ». Cet événement ouvrira la voie à la réunification allemande.    Peu après, en 1991, l'URSS fut dissoute. Trente ans après, une certitude : dans la Russie anciennement communiste, la démocratie n'a pas gagné une once de terrain.

De même, plus de trente ans après la chute du mur de Berlin, d'autres constructions fleurissent un peu partout. Trump avait ouvert la voie en construisant le mur à la frontière mexicaine pour arrêter les migrants en provenance d'Amérique centrale et du sud. Le dernier en cours de construction, a pour but d'empêcher l'entrée en Pologne de milliers de migrants en provenance de Biélorussie. Depuis la mi-août, le chef de l'Etat biélorusse Alexandre Loukachenko tente de déstabiliser la Lituanie et la Pologne en ouvrant un corridor vers l'Union Européenne dans lequel se sont engouffrés venant du Moyen-Orient, des milliers de syriens et d'irakiens. Il s'agit pour celui qui s'est fait réélire frauduleusement à la tête de la Biélorussie en août 2020 avec 80 % des suffrages, de réagir aux sanctions internationales venues notamment d'Europe. Elles ont été prises en réaction à la répression du vaste mouvement de protestation qui s'est emparé du pays après cette mascarade électorale.

Le 29 octobre, le Parlement polonais a validé la construction d'un mur de 183 kms de long pour 5,5 mètres de haut à la frontière avec la Biélorussie. Après la Hongrie qui érigea un mur de barbelés lors de la crise migratoire de septembre 2015, un nouveau membre de l'Union Européenne adopte les mêmes méthodes pour tenter de s'opposer à l'« invasion migratoire ». La seule différence, les barbelés sont remplacés par une barrière de béton.

La Biélorussie n'a pu marcher sur les traces de la Turquie d'Erdogan (lequel avait menacé l'Europe d'ouvrir les camps de réfugiés syriens situés sur son territoire), qu'avec la bénédiction de son mentor Vladimir Poutine. La préoccupation première de celui-ci consiste à déstabiliser le camp occidental. On l'a vu lors de l'élection présidentielle aux Etats-Unis en 2016, on pourrait bien le revoir chez nous lors de la prochaine présidentielle...

Si notre regard se porte vers l'Orient et en particulier vers la Chine, l'inquiétude gravit encore une marche. Les dirigeants chinois ont tout d'abord mis au pas la communauté musulmane des Ouighours en ouvrant d'immenses camps de détention dans lesquels cette minorité est « rééduquée ». Sur un autre front, la Chine a étouffé par la répression le mouvement né à Hong-Kong en mars 2019. Les hongkongais entendaient s'opposer à la tentative de la Chine continentale de mettre un terme au système juridique indépendant en vigueur. Aujourd'hui, le débonnaire Xi Jin-Ping profitant des hésitations étatsuniennes, menace militairement l'île de Taîwan. La compétition entre la première puissance économique mondiale et celle qui devrait la détrôner dans les prochaines années, pourrait bien s'étendre au plan militaire avec des conséquences à ce jour difficiles à évaluer...

Proche voisin de la Chine, le Myanmar (Birmanie) n'en finit pas de voir les militaires revenir au pouvoir pour mettre un terme à toute évolution démocratique. Ce pays de 55 millions d'habitants, a connu un régime militaire qui avait emprisonné puis placé en résidence surveillée, la très populaire Aung San Suu Kyi. Après la victoire du parti la Ligue Nationale pour la Démocratie aux élections de novembre 2015, c'est un proche de l'icône de la démocratie qui devint Président de la République du Myanmar. Après le triomphe de la Ligue Nationale pour la Démocratie lors des élections de novembre 2020, l'armée intervint une nouvelle fois. Elle arrêta Aung San Suu Kyi le 1er février 2021, la plaça en détention et imposa à la tête du pays un général à ses ordres.

Une violente répression suivra. Les arrestations et assassinats (plus d'un millier) se sont multipliés de telle manière qu'à ce jour, le pays est au bord de la guerre civile...

Et ce n'est pas le continent africain qui nous apportera la bouffée d'oxygène tant espérée. 

Au Soudan, la junte qui a pris le pouvoir le 25 octobre dernier, multiplie les arrestations et la répression pour s'opposer au soulèvement populaire consécutif au coup d'Etat qui vient d'avoir lieu. Au risque de revenir deux ans en arrière, lorsque le pays était gouverné par Omar Al-Bachir. En avril 2019, celui-ci avait été arrêté consécutivement au soulèvement populaire. En octobre 2020, un accord était intervenu entre le gouvernement en place et les groupes rebelles. Le processus devait aboutir en 2023 à des élections démocratiques. Le coup d'Etat perpétré le 25 octobre a mis un terme aux instances de transition qui existaient.

Dans un pays qui connait une crise économique alarmante, où 50 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, alors qu'au moins 30 % des jeunes sont au chômage, l'arrivée au pouvoir d'une junte qui multiplie les arrestations et les purges, risque de réduire à néant les espoirs nés du mouvement ayant abouti au départ de Omar Al-Bachir. Tout serait alors à recommencer...

Ne tentez surtout pas de chercher à satisfaire votre désir de paix du côté de l'Afghanistan. Depuis le 15 août dernier, attentats faisant des centaines de victimes, explosions de mosquées, se multiplient. Une partie de la population se terre pour échapper aux talibans. Les femmes sont victimes de l'ordre imposé par les nouveaux maîtres du pays notamment à Kandahar, la grande ville du sud. La population et notamment la minorité chiite est durement frappée par l'organisation Etat Islamique qui n'hésite pas à partir à l'assaut des lieux de culte, multipliant le nombre des victimes.

Dans ce tourbillon de violences qui frappe jusqu'aux portes de l'Europe, la France peut apparaître comme un îlot de paix et de stabilité. En apparence, la situation peut conforter un tel sentiment : la croissance pour 2021 devrait se situer autour de 7 % un chiffre qu'elle n'a plus atteint depuis 1969. Estimé à 7,6 % le chômage devrait enregistrer en 2021 son niveau le plus bas depuis 15 ans. Selon les calculs de l'INSEE et contre toute attente, le taux de pauvreté est resté stable en 2020 alors qu'à la suite de la pandémie, le pays a connu la plus grave crise économique depuis la seconde guerre mondiale.

Pour autant, tout serait-il bleu dans le ciel français ? Manifestement, il n'en est rien.

Le spectre des « gilets jaunes » plane toujours au-dessus de nos têtes. La hausse du pouvoir d'achat annoncée par les chiffres officiels, ne correspond pas forcément au ressenti d'une grande partie de la population, la plus démunie. Celle-ci est fortement inquiète devant l'augmentation des prix de l'énergie et des produits de consommation courante.

Enfin, « le grand remplacement » théorisé par l'un des prétendants à la succession de l'actuel président, a reçu un accueil inattendu auprès d'une forte proportion de français. Cela se traduit par une extrême droite qui, dans les sondages, se situe au-dessus de 30 % de l'électorat.

Certes, la vérité des sondages ne coïncide pas forcément, comme on l'a vu récemment, avec la vérité des urnes. Il n'empêche que la prudence est de mise et que le choix que feront les français d'ici quelques mois, permettra de répondre à cette interrogation :

Souhaitent-ils s'éloigner ou au contraire, intégrer, ce vent de folie qui, jour après jour, s'empare de la planète ?

 

 

 

 

 

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J
en même temps, le monde a-t-il été une seule fois sain d'esprit ?
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