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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

Du Fenouillèdes à Marathon.

                   Philippidès, le soldat de Marathon

 

Alors que ce week-end Paris renoue avec le marathon après l'annulation pour cause de covid de l'édition 2020, on peut légitimement trouver saugrenu le rapprochement opéré par le titre de ce nouveau billet. Et pourtant, le point de rencontre existe. Mais où se cache l'indice ? Car il y en a un.

Quel est donc le lien entre cette région dont le territoire est pour l'essentiel situé dans le département des Pyrénées Orientales et Marathon (Marathonas en grec) qui est une commune qui se trouve à une quarantaine de kilomètres d'Athènes, en bordure de la mer Egée ?

De l'occitan Lo Fenolhedés (de fenolh, fenouil) ou du catalan el Fenolledès c'est dans une bulle du pape Agapet II prise vers 954, qu'il est question d'un Comitatus Fenolietensis et qu'apparait ainsi la dénomination de notre région.

Le nom Fenouillèdes pourrait selon certains provenir des  foins  que l'on cultivait dans la région pour nourrir le bétail. Toutefois si l'on recherche la racine du mot, en grec il se traduit par karfos alors que la traduction latine est faenum. Il est plus vraisemblable que l'origine du nom soit à chercher dans une plante que l'on trouve en abondance sur l'ensemble du territoire et que la dénomination de la région signifie, le pays du fenouil.

Sous l'occupation romaine, dès 120 av. JC le territoire du Fenouillèdes fait partie de la province Narbonnaise. Les wisigoths envahissent la région au Ve siècle . Puis, les Francs menés par Pépin le Bref chassent en 711 les musulmans qui avaient envahi les territoires tenus par les Wisigoths.

Ces territoires étant organisés en Comtés ayant à leur tête un Comte, délégué du Roi, le Fenouillèdes faisait partie initialement du Comté de Razès. En 870-876 , ce Comté sera divisé entre la famille Comtale de Carcassonne et celle d'Urgell-Cerdagne. Le Fenouillèdes et le Perapertusés rejoignent alors cette dernière famille.

C'est par le Traité de Corbeil du 14 mai 1258 signé entre les représentants de Jacques Ier d'Aragon et ceux du Roi Louis IX que la partie catalano-aragonaise renonce aux territoires du Fenouillèdes et du Perapertusés. Ils seront définitivement incorporés à la couronne de France et unis à la Sénéchaussée de Carcassonne. Dans différents billets publiés sur ce blog, j'ai fait mention des bornes-frontière qui à cette époque séparaient le royaume de France de celui d'Aragon. L'une d'elles est située sur le territoire de Latour de France au lieu-dit la Roca d'en Talou.

En 1790 le Fenouillèdes est rattaché au département des Pyrénées-Orientales à l'exception des communes de la vallée de la Boulzane qui furent rattachées au département de l'Aude.

Très tôt, le Fenouillèdes eut à lutter contre les invasions. Il suffit, pour s'en convaincre, de relire l'ouvrage d'Annie de Pous intitulé « Le pays et la vicomté féodale de Fenollède » (Ed. Roudil 1973) :

« L'histoire de Fenollède imite le cours de l'Agly avec des passages au grand jour et d'autres qui disparaissent dans l'obscurité et l'inconnu... Les rares documents qui le concernent sont éparpillés entre Narbonne, Perpignan et la couronne d'Aragon. Les Sarrazins débarqués en Roussillon en 721, razzièrent toute la région puis commencèrent à remonter vers l'Aquitaine qui fut à son tour ravagée. La victoire de Charles Martel à Poitiers en 732 n'avait pas eu, du moins en ce qui concerne notre région, des résultats décisifs... Pour achever le nettoyage de la Septimanie, Charlemagne envoya en 790, un seigneur de son entourage et de sa parenté, Guillem... Charlemagne donne au comte Guillem les deux comtés maritimes d'Empories et Roussillon plus tous les pays reconquis en deça des Pyrénées soit un territoiire comprenant le Razès, le Fenollède avec le Perapertusés, le Donnnezan et Sault, le Capcir et le Conflent, réunis sous le nom de comté de Razès ».

Territoire frontalier entre l'Aragon et le royaume de France, le Fenouillèdes fut tout au long de son histoire, acteur et victime des rivalités et des événements qui marquèrent des siècles durant, les relations qu'entretenaient ceux qui avaient en charge d'administrer ces territoires.

On rappellera à ce titre la « croisade des Albigeois » et le rôle protecteur pour les populations locales que furent les « nids d'aigle » que constituaient les châteaux de Quéribus et de Peyrepertuse.

A propos de Quéribus, l'une de ces « citadelles du vertige », son nom apparut pour la première fois en 1021 dans un testament du Comte Bernard de Bésalu. Ce château situé en Fenouillèdes, fut un refuge pour de nombreux faidits et hérétiques durant la croisade. Cette situation bascula lorsque la couronne de France souhaita affirmer sa suprématie sur le Fenouillèdes. Quéribus passa entre les mains du roi de France en 1255. Il fut alors utilisé comme point d'appui de la puissance royale pour contrôler la frontière avec l'Aragon.

Comme l'ensemble de la région, jusqu'au Traité des Pyrénées signé en 1659, le château aura à subir les attaques venues d'Aragon. Ainsi, en 1473 Quéribus fut pris par les troupes aragonaises. Il ne fut récupéré par les troupes royales françaises que deux ans plus tard. A compter du traité datant de 1659, l'ensemble des territoires frontaliers du Fenouillèdes jusqu'à la frontière naturelle que constituent les Pyrénées, font désormais partie du royaume de France.

Sur ce blog, j'ai également eu l'occasion d 'évoquer les malheurs qui s'abattirent sur le village de Latour-de-France. En 1462, la première église bâtie à l'emplacement de l'actuelle place Gabriel Deville fut détruite par les troupes aragonaises. Il en fut de même du château et du clocher-tour qui furent démantelés.

A travers l'histoire du Fenouillèdes, nous nous sommes éloignés de la mer Egée et du site de Marathonas évoqué plus haut. Et pourtant, comme je l'indiquais, certains points communs peuvent être dégagés. Ainsi, comme notre région, tout au long de son histoire, la Grèce eut à lutter contre les envahisseurs.

Il fallut plus d'un siècle à Rome pour conquérir et incorporer à son empire le monde hellénique (146 av. JC).

Auparavant, en 490 av. JC, aurait eu lieu un épisode mémorable de la première guerre médique. Cette bataille se serait déroulée sur la plage de Marathon (Marathonas) sur la côte de l'Attique. Selon la légende, à la suite de la révolte de l'Ionie, le roi Perse Darius décida de châtier des cités grecques qui avaient apporté leur aide aux rebelles. Après cinq jours de face à face, la phalange athénienne écrasa l'infanterie perse qui prit la fuite et rembarqua au prix de lourdes pertes. Cette bataille joua un rôle politique important dans l'affirmation de la puissance athénienne face aux perses.

Marathon reste une des batailles les plus connues de l'Antiquité. Pour la commémorer, la course du marathon fut instaurée à l'occasion des Jeux Olympiques de 1896 à Athènes, par le baron Pierre de Coubertin.

En effet, si l'on en croit la légende, l'un des combattants, porteur de courrier athénien, le soldat Philippidès, parcourut au pas de course la distance séparant Marathon d'Athènes pour annoncer la victoire. Il serait mort, harassé par les 42 kilomètres parcourus. L'épreuve du marathon que nous connaissons et qui attirera ce week-end de nombreux compétiteurs, s'appuie sur ce récit.

Reste à trouver le point commun bien réel existant entre le Fenouillèdes et la ville de Marathon. C'est tout simple, le mot grec Maratho signifie, en français, « fenouil ».

Toutefois, la légende ne dit pas si l'on trouve l'explication de cette identité linguistique dans l'engagement de nos vaillants ancêtres du Fenouillèdes aux cotés des troupes athéniennes lors de la célèbre bataille les ayant opposées aux perses et si en récompense de cette participation, le nom de Marathon aurait été donné aux lieux où se déroulèrent les combats.

Il resterait pour en savoir davantage, à interroger Zeus, le père des Dieux et des Hommes. Difficile, celui-ci aurait vécu 2500 ans avant JC !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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J
Si j'ai bien tout compris le point commun c'est l'anis !
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