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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

Rêveries...

 

Si en ce 15 septembre, moins de sept mois nous séparent du premier tour de la présidentielle, bien malin celui qui, à ce jour, pourrait sans risque d'erreur donner la liste de ceux qui vont concourir à l'élection reine de la Vième République. Sans parler de celui qui, parmi les compétiteurs, enlèvera la mise et aura le redoutable honneur d'affronter durant les cinq années à venir vents et tempêtes qui ne manqueront pas de se déchaîner. Et n'allez surtout pas penser que cette perspective puisse dissuader les candidats.

C'est une constante que l'on a pu observer lors des précédents scrutins, le favori des sondages et des médias à quelques mois du verdict, est rarement l'heureux élu et le plus souvent, vient se fracasser sur les récifs avant l'arrivée au port.

Souvenons-nous du bon monsieur Balladur. On nous annonçait que face à son rival Jacques Chirac il avait plié le match, on connait la suite.  Et Dominique Strauss-Kahn grand favori de la présidentielle 2017 où il allait faire mordre la poussière au président sortant Sarkozy. Qui pouvait prévoir qu'il allait se prendre les pieds dans les tapis de l'Hôtel Sofitel de New-York ? Pour ce qui concerne la présidentielle de 2017, nous avons tous en mémoire que le grand favori Alain Juppé a finalement échoué lors des primaires de la droite. Puis on assista à l'explosion en plein vol de son candidat François Fillon, pour cause d'emplois fictifs et de costumes de haute couture reçus en guise de présents comme l'avaient été les diamants offerts par Bokassa à Valéry Giscard d'Estaing.

A sept mois de l'échéance, les choses paraissent se décanter et les visages de ceux qui devraient être sur la ligne de départ apparaissent de jour en jour plus clairement. Mais sommes-nous pour autant à l'abri d'une surprise de dernière heure ?

Imaginons un instant que dans un éclair de lucidité, Jean-Luc Mélenchon réalise que sa candidature aura pour seule conséquence d'envoyer une fois de plus, la gauche dans les décors et renonce à se présenter. Vous me direz, c'est beaucoup lui demander. Voir le leader de la France Insoumise se retirer au profit d'une candidature de consensus, irait à l'encontre de la raison même de sa démarche. Conclusion, bien peu de chances qu'il en aille ainsi et une nouvelle fois, la gauche se présentera divisée au prochain scrutin.

La « Belle de Cadix » a choisi Rouen pour officialiser dimanche dernier ce que tout le monde savait, elle sera bien la candidate socialiste en avril prochain. Nul doute que les militants qui auront à se prononcer, tomberont sous le charme de la belle aux « yeux de velours ».

Peu de chances toutefois, que comme ce fut le cas en 2017, la candidate socialiste bénéficie du retrait du candidat écologiste.

Il y a cinq ans, lors de la primaire de la gauche, les socialistes avaient désigné Benoit Hamon. Celui-ci avait pour mission de prolonger pour les cinq années à venir, l'action du président socialiste sortant. Prolonger n'est certainement pas le terme adéquat. J'aurais du plutôt écrire, prendre le contrepied de la politique qui fut celle de François Hollande. On connait le résultat.

On se souvient en effet que le candidat issu de la primaire socialiste pour la présidentielle de 2017, fut une des figures de proue des « frondeurs » lesquels menèrent la vie dure au Président Hollande puisqu'en mai 2016, cinquante-six d'entre eux signèrent une motion de censure « de gauche » au sujet de la loi Travail El Khomri. Parmi les signataires, un certain Benoit Hamon le futur candidat socialiste...

Avant ces élections, Yannick Jadot candidat à la primaire des écologistes, avait en février 2017, retiré sa candidature pour soutenir celle de Benoit Hamon. Les électeurs écologistes approuvèrent quelques jours plus tard la démarche de leur leader . Pour justifier son retrait, Yannick Jadot avait déclaré « ma responsabilité c'est de dépasser les ego ».

La primaire écologiste intervenant dans les prochains jours, on imagine mal, le candidat désigné par les urnes, annonçant son retrait au profit de la candidate socialiste autoproclamée. On envisage encore moins que d'ici fin septembre, les écologistes renoncent à l'organisation de leur primaire pour soutenir la candidate socialiste.

De la même façon, si le favori des sondages à la primaire écolo l'emportait, peut-on imaginer « la Belle de Cadix » annoncer son retrait au profit de Yannick Jadot au motif qu'elle le considérerait comme le mieux placé pour permettre à la gauche d'emporter la présidentielle ?

Je vois bien les objections que l'on peut opposer à ces supputations. Tout d'abord, il est vrai que les écolos on une spécialité, celle de déjouer lors des primaires, tous les pronostics et de faire du favori des sondages, le perdant de l'élection interne à leur formation. A ce jour, cent vingt mille d'entre eux s'apprêtent à participer au prochain scrutin qui se déroulera d'ici la fin du mois en deux tours. On se souvient de la mésaventure de Nicolas Hulot, grand favori des sondages et largement battu en juillet 2011 par Eva Joly.

Nous ne sommes donc pas à l'abri d'une surprise sur l'identité du candidat écologiste qui, le 28 septembre, sortira du chapeau. Une surprise qui ouvrirait la voie à un accord avec les socialistes sur une candidature commune ? Une surprise qui permettrait à la gauche socialiste de rendre aux écolos le sens des responsabilités dont Jadot avait fait preuve en 2017 ?

Il n'est pas interdit de rêver.

En 2014 Laurent Schmitt a publié chez Odile Jacob « Le bal des EGO » dans lequel il s'interroge sur la prédisposition de certains caractères à déployer un narcissisme effréné. Ne doutons pas que la gauche de 2021 lui permettrait d'illustrer utilement son propos.

A l'extrême droite, le maire de Béziers, Robert Ménard, caresse un rêve : réunir autour d'une table Marine Le Pen et le polémiste Eric Zemmour. Sans égard pour les autres postulants de ce bord, les Dupont-Aignan, Philippot et autres Asselineau.

Outre la promotion de son livre qui arrive sur le marché, l'effet Zemmour pourrait avoir pour conséquence de mobiliser un électorat qui ne se reconnaît pas forcément dans une Marine dédiabolisée. In fine, le polémiste pourrait renoncer ou être empêché de se présenter pour cause d'impossibilité de réunir les 500 signatures et se ranger aux côtés de l'héritière de papa. Finalement, tout bénef. pour cette dernière... et pour les ventes du livre de Zemmour, « La France n'a pas dit son dernier mot » qui paraît le 16 septembre.

A droite, s'il est un rêveur parmi la kyrielle de postulants, c'est bien le Président de la région des Hauts-de-France. Voilà que l'autoproclamé (encore un !) Xavier Bertrand maintient son refus de se soumettre à la primaire que souhaite organiser la formation qu'il a quittée. Du coup, chez les LR, on hésite sur la méthode : primaires ou congrès ?

Le temps d'un repas, l'ancien agent d'assurances est venu administrer à ses ex-camarades (ou compagnons c'est au choix) une séance de câlinothérapie. Il est vrai que chez Les Républicains on détient un trésor de guerre d'une dizaine de millions d'euros qui sera mis à la disposition du candidat qui portera les couleurs de la droite lors de la présidentielle.

Pour un Bertrand qui ne dispose ni de suffisamment de troupes pour aller coller et distribuer la propagande électorale ni d'un trésor à l'image de celui que détient son ancienne formation, le rêve pourrait vite virer au cauchemar vu le nombre de postulants. Sauf à convaincre ses concurrents de droite qu'il est le meilleur et qu'après sa victoire, les postes ministériels seront à pourvoir...

Tout cela, me direz-vous, devrait donc profiter au Président sortant. Emmanuel Macron en rêve et a même tout fait pour. A une nuance près, le présent quinquennat a réservé de nombreuses surprises bien vite converties en épreuves. Des « gilets jaunes » qui ont occupé longtemps le pavé, au Covid dont la gestion n'a pas toujours été des plus faciles. Beaucoup d'événements peuvent survenir dans les six prochains mois.

La comparution d'Alexandre Benalla en correctionnelle pour y répondre d'agissements que le pouvoir a tenté dans un premier temps de minimiser voire d'occulter, la mise en examen par la commission d'instruction de la Cour de Justice de la République de l'ancienne ministre de la Santé Agnès Buzyn, pourraient avoir des effets collatéraux fâcheux. De même, il n'est pas à ce jour possible d'exclure d'éventuels actes terroristes dans le contexte d'un procès sur les attentats du 13 novembre 2015 qui va durer neuf mois. Voilà quelques unes des épines qui pourraient venir contrarier la volonté très affirmée de l'actuel Président.

En outre, celui-ci n'a pas exclu en décembre dernier, d'avoir avant la fin du mandat, à prendre des « décisions difficiles » qui ne lui permettraient pas de concourir à la prochaine élection. Un fort rebond de la pandémie à l'occasion de l'apparition d'un nouveau variant pourrait constituer l'empêchement auquel Emmanuel Macron faisait référence.

A ce jour, si l'on tente de lire à travers les rêves ce qui sortira de la prochaine présidentielle, il est difficile d'y voir « la voie royale » dont Freud assurait qu'elle mène à « la connaissance de l'inconscient ».

Sauf à considérer que les nombreux postulants à la fonction présidentielle, sont dotés de dons d'extralucides.

Après tout, pourquoi pas ?

 

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J
Honnêtement, en dehors de Macron, je ne vois personne avoir l'envergure pour reprendre le poste.

Pas plus Xavier Bertrand qu'Anne Hidalgo...
Qd à Marine Lepen elle perdrait dans tous les cas au second tour....

Macron ne remportera pas de grande victoire, car les adversaires manqueront.
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J
Mon cher Ju, j'adhère à 100 %. Bisous.
N
La « belle de Cadix «  , aïe ,aïe aïe , devrait au préalable renoncer à sa nationalité espagnole .
Quand on aspire à gouverner un pays il faut me semble-t-il n’avoir aucun lien avec un autre pays
Imagine-t-on la présidente de la République française voter aux élections d’Andalousie ?
Répondre
J
Aîe AîeAîe !