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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

Effondrement(s)

 

Si c'était nécessaire, que mes fidèles lecteurs se rassurent. Les fortes chaleurs de l'été ne m'ont pas conduit à rejoindre le camp « effondriste » et je n'ai nulle intention de me revendiquer désormais comme un « collapsologue » convaincu, soutenant que l'effondrement de la civilisation industrielle est dorénavant inévitable.

De la même façon, le titre de ce billet de rentrée, ne prétend refléter la situation des entreprises du CAC 40 lesquelles, en pleine pandémie, font preuve d'une insolente santé boostée pour certaines, par les subventions, prêts garantis par l'Etat (PGE) et autres dispositifs de prise en charge du chômage partiel, tout cela rendu possible grâce à la manne européenne qui s'élèvera au total à 750 milliards d'euros.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes, entre le premier confinement (de mars à mai 2020) et aujourd'hui, la valeur des entreprises du CAC 40 s'est appréciée de 900 milliards d'euros.

De même, les profits engrangés par les fleurons de notre économie pour le seul premier trimestre 2021 dépassent de 40 % ceux réalisés avant la pandémie.

Enfin, que ceux d'entre vous qui se classent parmi les 500 plus grandes fortunes françaises (j'ai vérifié mon nom n'y figure pas), se réjouissent. En l'espace d'un an vos richesses se sont accrues de 30 %.

Nulle erreur dans le titre choisi. Sauf qu'il ne vise pas les mêmes réalités.

Comme un effondrement de nos dernières illusions, le rapport publié le 9 août par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) est alarmant et ses conclusions sans appel. Les 234 scientifiques qui ont signé le texte, montrent à quel point la situation s'est aggravée depuis l'étude précédente publiée en 2013. Pour la première fois ils estiment que la preuve est rapportée que les activités humaines sont responsables du réchauffement de ces dernières années. Jusqu'à présent, les experts considéraient que le rôle desdites activités sur le réchauffement climatique était « extrêmement probable ». Ils le considèrent désormais « sans équivoque ».

Nous avons eu tout au long de l'été, l'illustration de ce constat à travers les inondations et les incendies qui ont frappé avec une violence et une fréquence jusqu'à présent inconnues, différents points de la planète.

Il en a été ainsi chez nous et en particulier dans le massif des Maures (Var) qui a vu récemment plus de 7 000 hectares partis en fumée. Le bilan humain est limité à deux morts grâce à la bravoure de nos soldats du feu.

Nos dirigeants vont devoir impérativement tirer les conséquences de cette situation lors de la vingt-sixième conférence de l'ONU sur le climat qui se tiendra prochainement à Glasgow. Les promesses non suivies d'effets comme ce fut le cas après la signature des accords de Paris sur le climat, pourraient bien ne plus suffire.

La prochaine conférence de Glasgow est d'ores et déjà qualifiée de « cruciale »...

 

Effondrement de l'espoir de voir la situation se redresser au Liban, qui n'a plus de gouvernement, le précédent ayant démissionné il y a un an tandis que la misère s'est généralisée. Alors que l'essence est devenue quasiment introuvable, dimanche 15 août, l'explosion d'un réservoir de carburant dans la région du Akkar au nord du pays, a provoqué la mort d'une trentaine de personnes ainsi qu'une cinquantaine de brûlés dont la moitié dans un état grave. La foule s'était ruée près du réservoir d'essence pour tenter de récupérer un peu du précieux carburant lorsque l'explosion s'est produite. Les causes en seraient pour les uns des coups de feu tirés sur le réservoir, pour d'autres, le sinistre aurait pour origine l'usage d'un briquet.

Cet accident est survenu peu de jours après l'anniversaire des deux explosions qui se sont produites dans le port de Beyrouth le 4 août 2020. La seconde, concernait 2 750 tonnes de nitrate d'ammonium stockés dans un hangar. On a compté 220 morts, 6 500 blessés et des dégâts matériels considérables, évalués à 4 milliards d'euros. Un an plus tard, dans un Etat subissant un processus de délitement avancé, aucun progrès notable dans l'enquête visant à déterminer les responsabilités et à identifier les responsables. En résumé, pourquoi changer une équipe qui « gagne » ?

 

La situation au Sahel et en Afghanistan a été abordée le 16 juillet dernier dans un billet que j'avais intitulé « De Bamako à Paris, de Kaboul à Washington, le monde perd la boule ». En un mois, les choses se sont aggravées dans ces deux régions.

Le 15 août, chronique d'un désastre annoncé, les talibans sont entrés sans combattre dans la capitale afghane après avoir pris possession sans coup férir des capitales de province. Le pays va devoir, une nouvelle fois, vivre sous la loi de la charia, alors que des dizaines de milliers d'afghans entourent l'aéroport de Kaboul tentant de fuir un pays où dès le dernier soldat américain parti, les nouveaux maîtres auront les mains (et la détente) libres et pourront laver l'affront subi consécutivement aux événements ayant suivi le 11 septembre 2001.

L'effondrement de l'armée afghane qui bénéficiait du matériel militaire le plus moderne et le plus performant fourni par les Etats-Unis et désormais entre les mains des talibans, le ralliement d'une partie des militaires afghans aux insurgés, la fuite peu glorieuse du président Ashraf Ghani le 15 août lors de l'entrée des talibans dans Kaboul, ne manquent pas de poser question sur les milliards de dollars qui pendant vingt ans ont été déversés sur le pays. Mais, très certainement, nous en resterons au stade des interrogations.

 

Dans la région des « trois frontières » entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso, la situation ne cesse de se dégrader. Dimanche 8 août, au Mali, au moins 51 civils ont été tués dans les attaques simultanées menées par les terroristes djihadistes contre quatre villages. Il semblerait que cette tuerie serait la conséquence d'une expédition punitive menée en représailles à l'arrestation récente de plusieurs cadres djihadistes .

Mercredi 18 août, ce sont 47 personnes qui ont été tuées par les djihadistes lors d'une attaque menée contre un convoi militaire au Burkina Faso, également dans la zone des « trois frontières ».

Avec le retrait annoncé par le Président Macron d'une partie (la moitié environ) des 5 500 soldats français qui composent l'opération Barkhane, on ne peut que s'interroger sur la capacité des Etats concernés à mener victorieusement la lutte contre le terrorisme et sur le risque majeur de voir les structures étatiques d'un pays comme le Mali mais aussi de ses voisins, s'effondrer pour laisser la place à l'instauration d'un califat comme cela a déjà failli se produire en 2012.

 

En Haïti, il y a bien longtemps que les structures étatiques se sont effondrées et que la violence, la corruption et son pendant, la misère (70 % des habitants vivent sous le seuil de pauvreté), ont pris le relais. Comme si le cataclysme de janvier 2010 (plus de 200 000 morts, plus de 300 000 blessés et un million et demi de sinistrés) ne suffisait pas, un nouveau séisme de magnitude 7,2 sur l'échelle de Richter a à nouveau frappé le sud-ouest du pays le samedi 14 août. Le bilan provisoire est lourd, plus de 2 000 morts, plus de 6 000 blessés et 30 000 maisons détruites. Une population terrorisée par les répliques du séisme avec une question : faut-il quitter la rue pour rentrer dans des maisons qui peuvent à chaque instant s'effondrer ?

Cette catastrophe intervient alors que le 7 juillet, le président de la République Jovenel Moïse était assassiné dans sa résidence de Port-au-Prince. Comment, comme l'y invite le chef du gouvernement haïtien, la population pourrait-elle oublier  les « querelles » alors que l'insécurité règne dans le pays et que dans un contexte de grave crise politique, économique et sanitaire, la République haïtienne est à la dérive !

 

En France, il serait excessif de parler d'effondrement bien que des lézardes de plus en plus profondes affectent le fonctionnement de notre démocratie. L'extrême droite avec ses thèmes récurrents, entend bien donner le tempo de la campagne présidentielle qui s'annonce.

La candidate du Rassemblement National est en tête des intentions de vote (28 % pour le premier tour) mais d'autres pistes sont explorées : celle du polémiste Zemmour dont la présence à l'élection, aurait pour conséquence de valider la stratégie de dédiabolisation de l'héritière de J.M. Le Pen.

L'ancien  numéro deux , Florian Philippot, tente de son côté, à travers le mouvement de protestation des  anti-vax, anti pass-sanitaire , de retrouver des alliés (Dupont-Aignan par exemple, Asselineau pourquoi pas) et si possible des couleurs qui lui permettraient de jouer les trouble-fête lors de l'échéance d'avril 2022.

C'est dans ce contexte que lors des manifestations du samedi, est apparue dans les cortèges, sur la poitrine de certains manifestants, l'étoile jaune qui voudrait nous faire croire que le sort en France d'un anti-vax peut être comparé aux millions de victimes de la shoah. Il fallait oser !

Dans les rues de Metz, lors de la manifestation du samedi 7 août, une enseignante, ancienne candidate du FN, n'a pas hésité à brandir une pancarte sur laquelle figurait une série de noms qualifiés de « traitres », ces patronymes n'ayant aucun lien avec la crise sanitaire mais désignant des personnes de confession juive. Cette militante d'extrême droite, devra répondre dans les prochains jours, du délit de provocation publique à la haine raciale, devant le Tribunal Correctionnel. Espérons que la réponse de la Justice sera à la hauteur de l'infamie !

 

De dérapages incontrôlés en glissements sémantiques, il est plus que jamais, temps de réagir afin de ne pas devoir à l'avenir, faire l'amer constat de l'effondrement des valeurs sur lesquelles reposent nos institutions et qui constituent le ciment de la République.

 

 

 

 

 

 

 

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J
Ah, ça, l'effondrement n'est pas loin.

Mais il n'y pas d'avant sans après, ni d'effondrement dans redressement.

La saine réaction tant attendue doit concerner en premier lieu les réseaux sociaux, où massèrent toutes les idées néfastes, qui attendent le moment propice pour se lancer à la conquête de la rue.

Dans un sens, comme dans l'autre, "l'avenir est au passé "comme disait Talleyrand.
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J
Merci Ju pour ton excellent commentaire. Bises à vous tous. L'Uncle