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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

« J'ai Hal-lu-ci-né ! »

 

Les soirées électorales constituent de grands moments dignes d'une pièce à la Comédie Française. Mais n'est pas Sarah Bernhardt ou Michel Bouquet qui veut. Et c'est bien dommage !

L'après scrutin des 20 et 27 juin, n'a pas dérogé à la tradition.

Ceux qui, comme moi, ont passé ces soirées devant leur téléviseur, n'auront pas manqué d'être sidérés devant l'attitude de la présidente de la formation d'extrême droite, venant tancer les électeurs du Rassemblement National qui ne s'étaient pas déplacés aux urnes pour le premier tour du scrutin..

Comme si madame Le Pen était propriétaire des suffrages susceptibles de se porter sur la formation qu'elle préside. Comme si les électeurs du RN étaient des demeurés devant obéir, le doigt sur la couture du pantalon, aux injonctions de la « cheffe ». Comme s'ils avaient renoncé à toute liberté de jugement, toute possibilité de réflexion avant de déposer ou pas, leur bulletin dans l'urne. La fachosphère n'a pas fini de nous surprendre !

 

Ce 27 juin à vingt heures pétantes, nous avons eu le premier discours de Xavier Bertrand, candidat à la présidentielle de 2022. Ma première réflexion, en voilà un qui ne perd pas de temps. « Le chemin de l'espoir commence maintenant et ici » a-t-il affirmé. Difficile d'être plus explicite.

J'ai eu une pensée pour tous ceux qui lui avaient apporté leurs suffrages aux élections régionales des Hauts-de-France. Imaginez, ils viennent d'élire un président de région pour six ans et dans la foulée, ils se retrouvent avec un candidat à la fonction suprême, lequel déroule ses priorités de futur président ! Comme si, placé sur orbite, les suffrages obtenus étaient devenus accessoires et qu'il abandonnait sur le bas côté, ceux qui avaient cru, l'espace d'un instant, qu'il était le meilleur défenseur des « territoires ».

Ces pauvres Hauts-de-Français (il ne faut plus dire Ch'tis ou Picards), pourraient bien devoir, dans les prochains mois, s'accommoder sans avoir à donner leur avis, d'un (e) président (e) qui ne s'était pas présenté (e) à cette fonction. A moins que monsieur Bertrand considère que, dans l'hypothèse où il accéderait à la présidence de la République,, il sera en mesure de diriger la région des Hauts-de-France du palais présidentiel ?

 

Si l'on voulait faire la « teuf » le 21 juin 2021 au soir, il fallait avoir ses entrées dans les jardins de l'Elysée. On y retrouvait un président hilare, se déhanchant avec ses invités, parmi lesquels, la pop-star canadienne Justin Bieber. Comme s'il célébrait la victoire de la formation qui, en 2017, a contribué fortement à le porter au sommet de l'Etat.

Et pourtant, vingt-quatre heures plus tôt, La République en Marche avait essuyé une cinglante défaite (confirmée lors du scrutin du 27) que la forte abstention de deux électeurs sur trois ainsi que l'absence d'implantation locale de la formation présidentielle, ne parvenaient pas à atténuer.

L'argument développé tout au long des deux soirées électorales selon lequel le président aurait « enjambé » ces élections, paraît un peu faible. Quand on a imposé la présence d'une quinzaine de ministres, parmi lesquels quelques poids lourds du gouvernement et que ceux-ci rentrent bredouille, on ne peut que s'interroger sur l'urgence qu'il y avait à fêter l'événement. Ce ne sont pas les échanges d'amabilité qui, à l'issue du premier tour, ont opposé le ministre de l'Intérieur au ministre de la Justice, qui serviront de baume aux électeurs un peu désorientés, de cette jeune et inexpérimentée formation.

Le lundi 28 juin, le président Macron partait en visite dans les Hauts-de-France. Pour saluer celui qui s'est présenté la veille comme son successeur ? Pas du tout, même s'ils se sont rencontrés, dans le cadre de la visite organisée à l'occasion de l'implantation par le groupe chinois Envision d'une usine de batteries électriques à Douai.

Cette implantation doit intervenir sur le site du constructeur automobile Renault. Doit-on en déduire que la France ne serait pas en mesure de prendre en charge la construction d'une telle usine et se verrait contrainte de recourir aux financements d'un groupe sino-japonais ?

J'avais cru comprendre que le principal enseignement à tirer de la crise que nous vivons depuis le début de l'année 2020, était l'impérieuse nécessité de renouer avec la relocalisation de notre économie, de réhabiliter le « fabriquer français » . J'avais cru entendre qu'il était urgent de retrouver la maîtrise de nos savoir-faire . Certainement, etait-ce de ma part, une mauvaise interprétation des propos qui nous sont assénés depuis des mois !

 

De l'autre côté de l'échiquier, le 27 au soir, on a réglé les comptes. Les socialistes et les écolos. qui se sont adressés des amabilités tout le long de la soirée sur France 2, se sont attachés à convaincre le téléspectateur que chacun était le plus légitime et le mieux placé pour porter en 2022 les espoirs de la gauche. A peine avaient-ils constaté un léger mieux eu égard aux résultats des précédents scrutins, qu'ils se sont empressés d'enclancher la « machine à perdre », discipline dans laquelle les uns et les autres excellent. Et pour ne pas perdre de temps, depuis le début de la semaine, les candidatures en vue de la présidentielle se sont multipliées.

Manon Aubry tête de liste LFI aux dernières européennes y est allée aussi de sa partition. Pour elle, il est inimaginable que les autres formations composant l'arc de gauche de l'échiquier politique, ne saisissent pas la « chance » qui leur est offerte de se rassembler pour la prochaine échéance présidentielle derrière la valeur sûre qu'est, la pépite Mélenchon. Quel manque de clairvoyance !

Résultat, on l'a bien compris, l'accord que socialistes, communistes, écolos et insoumis ont conclu autour de l'écologiste Karima Delli dans les Hauts-de-France, ne préjugeait en rien de ce qui se passera pour 2022.

Dans ces conditions, il est acquis que la bataille des égos l'emportera sur toute autre considération. Et le pauvre électeur qui porte ses espoirs à gauche, risque fort de devoir encore patienter un peu, à tout le moins cinq ans, le temps de la présidentielle suivante. Au fond, rien que de très habituel.

 

Enfin, sur le plateau de la même chaîne, nous eûmes droit à la prestation du secrétaire national du Parti Communiste, un autre candidat déclaré à la prochaine présidentielle. Je veux parler de Fabien Roussel. La mine réjouie, il nous égrena les « excellents » scores réalisés par sa formation politique un peu partout en France métropolitaine et ultramarine. Il insista sur le mouvement ascendant qui est désormais celui de son parti.

Il oubliait tout simplement de nous annoncer que le « parti des fusillés » comme on l'appela après-guerre, venait de perdre la présidence du dernier département français qu'il détenait, le Val de Marne. Ce département fut le fief de l'inimitable Georges Marchais et avait un communiste à sa tête, depuis 1976. Pas de quoi altérer le sourire du secrétaire national qui ignora le séisme.

 

Point de Sarah Bernhardt, point de Michel Bouquet sur nos écrans lors de ces soirées électorales.

Mais pour pallier leur absence, des acteurs bien piètres dans leurs rôles respectifs. Ils avaient néanmoins pris soin de relire Shakespeare et avaient retenu que

« le monde entier est un théâtre. Et tous, hommes et femmes, n'en sont que les acteurs ».

Pas toujours les meilleurs....

 

 

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Julien 03/07/2021 14:50

Je soulignerai que ces élections personne n'y comprend rien : on vote pour la region et le department sans avoir aucune idée du périmètre de l'un et de l'autre.

Le mode de scrutin est bien sur différent, l'un proportionnel, l'autre majoritaire, et pour compliquer le tout, on élit des représentants de cantons dans les départementales.

- Ce qui permet de se demander pourquoi on a supprimé les cantonales. -

On lit ensuite les profession de foi des candidats, lequels mentionne essentiellement sujets hors compétences pour ce scrutin.

Bref, quand on ne sait pas vraiment pour "quoi" on vote, ni comment fonctionne le scrutin, on sent que les candidats n'en savent eux même pas beaucoup plus.

qu'on s'étonne d'une abstention record.

Nemo 03/07/2021 08:58

Pour te rassurer sur les batteries , à quelques encablures de Renault , PSA , pardon Stellantis construit une usine géante de batteries avec des partenaires européens.
Et si le PC à perdu son dernier département métropolitain il a gagné deux collectivités ultramarines
Par ailleurs son excellent représentant catalan , condamné plusieurs fois est depuis quelques Jours premier vice-président du département dans le camp du progrès comme dit sa présidente
Nul doute que le Travailleur catalan n’a plus de soucis à se faire