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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

Une éclaircie dans le ciel de Rio ?

                   L'ancien président Lula da Silva

 

C'est par les urnes que le continent américain voit son horizon se dégager depuis quelques mois.

Le printemps américain est tout d'abord apparu en Argentine... en décembre 2019. Le pays s'est alors débarrassé du président Mauricio Macri qui, en l'espace de quatre ans (2015-2019), avait instauré la corruption et la dilapidation des deniers publics en méthode de gouvernement. Certes, tout n'est pas parfait, puisque voici quelques semaines, l'actuel président Alberto Fernandez élu le 10 décembre 2019, a du exiger la démission de son ministre de la santé. Celui-ci a quitté son poste à la suite du scandale des « vaccinations VIP » qui a soulevé une vague d'indignation dans l'opinion publique. Le ministre Ginés Gonzalez Garcia n'avait rien trouvé de mieux que de réserver à ses petits copains le peu de doses dont disposait le pays. Chassez le naturel...

En Bolivie, on se souvient des conditions dans lesquelles en 2019, Evo Moralès qui avait accédé à la présidence du pays en janvier 2006, avait été contraint de démissionner. Il avait dû céder sa place à une présidente intérimaire dont le projet premier était de réduire à néant le bilan social de son prédécesseur. Le 18 octobre 2020, lors des dernières présidentielles, c'est Luis Arce, l'ancien ministre de l'Économie du président déchu, qui a été élu triomphalement dès le premier tour avec plus de 53 % des voix. Les boliviens n'avaient pas oublié l'action d'Evo pour réduire la pauvreté dans un pays qui avait auparavant subi, durant des années, une dictature militaire, en particulier de 1971 à 1978 avec à la tête de l'État Hugo Banzer alors que son gouvernement participait à l'opération Condor.

Il y eut enfin, le 3 novembre dernier, la défaite aux États-Unis de Donald Trump qui, pendant quatre ans, à isolé ce grand pays qui avait eu la malencontreuse idée de le porter au sommet de l'État. Si depuis l'arrivée de Joe Biden à la présidence le 20 janvier dernier, les blessures n'ont pas encore été cautérisées, dans bien des domaines (lutte contre la pandémie, accord sur le climat, nucléaire iranien, multilatéralisme... ) on constate la volonté de revenir à un fonctionnement moins erratique.

Et si demain c'est-à-dire en 2022, venait le tour du Brésil de se débarrasser de Bolsonaro qui depuis son élection à la présidence le 28 octobre 2018, a dégradé considérablement l'image de ce grand pays ? Cela, tant sur le plan environnemental, dans la négation qu'il oppose à la nécessité de mener la lutte contre la pandémie mais également en ce qui concerne le respect des institutions et de la démocratie.

Alors que le pays compte plus de 250 000 décès dus au coronavirus, dans la plus totale insouciance, son président Jair Bolsonaro, le 4 mars dernier, demandait à ses compatriotes « d'arrêter de geindre ». Depuis qu'il a accédé au pouvoir, la forêt amazonienne brûle et les tribus indigènes qui y vivent, courent de graves dangers.

C'est dans ce contexte que la « mauvaise » nouvelle pour le président en place, est venue du Tribunal suprême fédéral de la République et en particulier de l'un de ses juges. Edson Fachin le lundi 8 mars dernier a annulé toutes les condamnations en justice prononcées à l'encontre de l'ancien président de la République Luiz Inacio Lula da Silva.

On se souvient que Lula avait été poursuivi devant le tribunal local de Curitiba pour de supposés pots de vin immobiliers qui auraient été versés par des entreprises du BTP. Rien n'a jamais été prouvé contre lui. Des peines allant jusqu'à douze années de prison avaient été prononcées. L'ancien favori des sondages avait été incarcéré et placé dans l'impossibilité de se présenter lors de la présidentielle de 2018 qui fut remportée par Bolsonaro.

La procédure contre Lula avait été menée par le juge Sergio Moro, juge d'instruction dans ce tribunal du sud du pays. Ce magistrat qui louait les qualités de « modération » du futur président pour lequel il nourrissait une grande admiration. Jair Bolsonaro, une fois élu, a récompensé le juge Moro pour ses bons et loyaux services, en le nommant ministre de la Justice.

Il est apparu ensuite que le juge Moro avait en réalité interféré dans l'enquête avec l'objectif d'obtenir l'incarcération de Lula afin que ce dernier ne puisse participer à l'élection présidentielle qu'il avait de fortes chances de remporter.

Lula était finalement libéré de prison le 8 novembre 2019. Quant à Sergio Moro qui avait si bien servi celui qu'il admirait, il était amené à démissionner de sa fonction de ministre de la justice après un grave désaccord avec le président Bolsonaro.

Le juge Fachin du Tribunal suprême a considéré que la juridiction de Curitiba qui avait condamné Lula dans les quatre procès qui lui étaient faits, n'était pas compétent pour juger d'affaires qui auraient dû être portées devant les juges de la capitale Brasilia. En conséquence, toutes les condamnations prononcées à l'encontre de l'ancien président Lula se trouvent annulées.

Pour Lula, cette décision « est la reconnaissance que nous avons toujours eu raison dans cette longue bataille juridique ».

Ce dernier étant désormais en mesure de se présenter en 2022 contre le président sortant, Jair Bolsonaro estime quant à lui : « Je pense que le peuple brésilien ne veut pas d'un candidat comme lui en 2022 et encore moins le voir élu ».

Il reste qu'à 75 ans, celui qui présida ce grand pays de 2003 à 2011, reste le favori des sondages. Grâce à lui, on considère que pendant ces huit années, 40 millions de ses compatriotes étaient sortis de la misère. Quelques jours avant le prononcé de la décision du juge du Tribunal Suprême, 50 % des brésiliens se déclaraient prêts à voter en sa faveur en 2022 contre 38 % en faveur de Bolsonaro.

Concernant l'avenir des procédures annulées pour cause d'incompétence de la juridiction qui avait été saisie, le procureur général de la République peut déférer la décision du juge Fachin devant la Cour Suprême. Ce sont alors les 11 juges qui composent cette juridiction qui auraient à se prononcer.

 

Ainsi, de l'autre côté de l'Atlantique, dans le « nouveau monde », il semble que l'État de Droit se substitue peu à peu aux errements qui avaient cours jusque là dans les pays les plus influents.

Dans le même temps, la vieille Europe voit apparaître de nouvelles tensions concernant l'approvisionnement des 27 États qui la composent . Plusieurs pays ont en effet décidé de faire cavalier seul pour se procurer les doses indispensables à leurs populations dans la lutte contre le Covid-19. Ces tensions s'ajoutent à celles que l'on connaissait déjà...

Tandis que de gros nuages obscurcissent son ciel...

 

 

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