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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

Un an après, un an déjà !

 

En ce 17 mars, j'ai voulu relire le billet que j'avais écrit voici un an, peu après l'intervention du président de la République qui, le 16 mars au soir, nous parla d'une situation de « guerre ». Beaucoup trouvèrent alors que le président avait démesurément forcé le trait.

Le lendemain, le 17 mars à midi, nous entrions en confinement dans une relative insouciance.

Nous allions pouvoir organiser autrement le temps libre que l'on nous octroyait. L'État serait à nos côtés « quoiqu'il en coûte », une espèce de tranquillité avait envahi les esprits et nous nous sentions prêts à affronter une situation totalement inédite. En tous cas, tel a été mon ressenti.

Et d'ailleurs, après ces « quinze jours au moins » de confinement annoncés par le président dans son allocution, nous n'en doutions pas, l'épidémie serait jugulée comme cela commençait d'ailleurs à être le cas en Chine.

Enfin, après l'épreuve, n'allait-on pas entrer dans « le monde d'après » ? Un nouveau monde qu'accompagnerait l'arrivée des beaux jours. Un monde qui serait forcément meilleur que celui qui tirait sa révérence, alors que l'OMS venait de déclarer que nous affrontions une « pandémie ». Mais sauf dans les livres d'histoire, nous n'avions aucun élément de comparaison de vécu d'une telle situation à l'échelle planétaire.

On nous l'assurait, la crise qui se présentait n'avait rien à voir avec la crise monétaire de 2015, plus précisément celle affectant la dette de la zone Euro et très rapidement l'économie retrouverait le rythme d'avant Covid. En haut lieu ne nous a-t-on pas parlé peu après, du retour « des jours heureux » ?

En somme, un moment un peu délicat à passer mais nous allions en ressortir plus forts, dans un monde meilleur, il suffisait de prendre un peu patience.

Ce billet publié le 20 mars 2020, je l'avais intitulé « Bas les masques ! ». J'y exprimais mon mal-être face au manque de crédibilité de certains de nos responsables qui voici un an, jouaient un rôle majeur dans la gestion de cette  pandémie.

Rappelons-nous, la ministre de la Santé qui avait en charge de préparer le pays pour faire face à cette crise sanitaire.  Agnès Buzyn (hématologue – Professeur des Universités), avait préféré déserter le terrain de la santé pour ferrailler dans la campagne des municipales de Paris. On pouvait légitimement penser que si le danger avait été aussi important que certains l'annonçaient, elle serait restée à son poste. Il convenait donc de relativiser.

Elle essuya dans la bataille électorale un cinglant échec. Au lendemain d'un premier tour catastrophique pour sa formation (arrivée en troisième position avec un peu plus de 13 % des suffrages exprimés), elle parla à propos de cette élection, d'une « mascarade », d'un « cauchemar » et dans un entretien à un quotidien national elle lâchait ; « on aurait dû tout arrêter ».

Sauf que la même ministre peu avant, le 24 janvier précédent, avait déclaré exactement le contraire, parlant d'un « risque pratiquement nul d'importation du virus de Wuhan », elle affirmait alors : « les risques de propagation du coronavirus sont très faibles ».

Un an après et alors que le bilan est de plus de 90 000 décès dans notre pays, on peut mesurer combien avaient été grands le manque de conscience du danger et l'impréparation de la France à affronter une telle situation. La polémique qui suivit et qui porta d'abord sur l'absence de masques, amena nos dirigeants à nier l'utilité de ceux-ci pour protéger la population. Ces échanges ne faisaient que précéder ceux qui allaient suivre sur l'inorganisation du lancement de la campagne de tests puis, fin décembre, sur le choix de la stratégie de vaccination.

Certes, nos dirigeants pouvaient invoquer à bon droit le caractère totalement inédit de cette crise, il n'empêche que la comparaison avec la gestion de la crise par nos voisins allemands, n'a pas tourné dans bien des domaines, à notre avantage.

Mais ce « bas les masques ! » était également destiné au personnage qui dirige la Chine et à la visite qu'il venait d'effectuer à Wuhan, la ville d'où serait partie la pandémie. La presse chinoise parlant de Xi Jinping, le présenta alors comme celui qui venait de remporter une « victoire sans précédent sur le covid-19 ».

Évoquant le risque de voir, à travers les nouvelles « routes de la soie », la Chine inonder l'Europe des dernières nouveautés portant la marque Huawei, j'étais loin d'imaginer qu'un an après, ce pays aurait pris un avantage décisif sur son rival américain pour le supplanter dans la place de leader mondial de l'économie. Avec toutes les conséquences qui pourraient en résulter...

Alors que sous la présidence Trump les États-Unis niant les ravages de cette crise sanitaire ont atteint et dépassé les 500 000 morts et connu un recul de croissance (3,5 % de contraction de leur économie et 9 millions d'emplois détruits), leur rival chinois parvenait à coup de mesures autoritaires, à limiter la diffusion du virus et à être le seul pays à avoir connu en 2020 un taux de croissance positif (2,3 %)

On le voit, cette année Covid aura creusé les inégalités dans bien des domaines et pas forcément dans un sens favorable au développement de la démocratie. Chez nous, les riches ont largement profité de la crise pour accroître leurs avoirs alors que la pauvreté a gagné du terrain et de nouvelles couches de population. Et ce, malgré les mesures sociales prises par le pouvoir pour protéger le plus possible les français les plus vulnérables.

Ainsi, selon l'ONG Oxfam, alors que les 39 milliardaires français connaissent pour 2020 la troisième plus forte progression derrière les États-Unis et la Chine, nos compatriotes les plus pauvres devront attendre 10 ans avant de retrouver le niveau d'avant la crise !

Tout au long de cette année, nous n'avons rien perdu de notre goût affirmé pour la polémique. Celles nées de l'organisation de la vaccination, de la nécessité ou pas d'instaurer un troisième confinement (nous devrions être fixés très prochainement), de la forme et de l'étendue géographique de celui-ci, de la définition de ce qui est ou non essentiel, n'ont pas manqué de nourrir les débats.

Nous sommes aussi parvenus à des certitudes qui nous rassemblent.  Parmi celles-ci, l'absence de perspective concernant le terme de cette pandémie. Les variants apparus compliquent singulièrement la tache des scientifiques jusqu'à faire douter de l'efficacité des vaccins mis au point en moins d'un an pour enrayer sur le plan planétaire la diffusion du Covid-19.

Et voici qu'une nouvelle fois, l'Europe a trouvé un motif de division. Le vaccin AstraZeneca est cette fois sur la sellette. Devait-on suspendre la vaccination ou continuer à utiliser ce vaccin alors que des effets secondaires inattendus sont apparus ici et là ?

Certains s'y sont refusés en prétextant que le rapport bénéfices-risques plaidait pour que la vaccination soit poursuivie dans les mêmes conditions. Pour d'autres dont la France, le principe de précaution doit prévaloir et la vaccination avec AstraZeneca a été suspendue dans l'attente des résultats de l'enquête actuellement menée par l'Agence européenne du médicament.

Mais, comme le disait non sans humour le Professeur Bergmann sur une chaîne de télévision, encore faut-il ne pas confondre « principe de précaution et précaution de principe ».

 

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N
La critique est aisée mais l’art est difficile et dans ce cas je préfère le silence qui comme chacun sait est d’or.
Répondre
J
Plus qu'une critique, j'ai voulu que ce billet soit à la fois le constat et le ressenti d'une année exceptionnelle à tous points de vue.