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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

La Covid à la sauce marseillaise : Dedans c'est la réa, dehors c'est la java !

                   Marseille, le dimanche 21 mars 2021

Le spectacle offert par les parisiens et autres citadins un peu partout en France le samedi 20 mars, amène pour le moins à s'interroger. De la même façon, on connaissait le carnaval de Nice, dimanche 21 on a découvert le carnaval de Marseille !

Nos compatriotes agglutinés sur les avenues, les places et sur nos plages, les « gestes barrière » jetés aux oubliettes, les prémices du printemps, seront-elles annonciatrices de sérieuses déconvenues d'ici deux à trois semaines ? Ces images contrastent fortement avec celles nous faisant pénétrer dans le quotidien de services de réanimation débordés.

De même, les centaines de milliers de parisiens qui ont pris durant le week-end la direction de la province pour échapper aux «mesures de freinage supplémentaires » , ceux qui, sur les quais ou les berges, revendiquaient un droit absolu à jouir comme ils l'entendent de leur « Liberté »... en oubliant un peu vite celle des autres, seront les premiers au nom des mêmes principes, à s'insurger contre toute mesure de contrainte fût-elle devenue indispensable. Et nous n'en sommes pas loin...

Dans son intervention du jeudi 18 mars, le Premier ministre a bien insisté sur le fait que les mesures qui, selon la volonté présidentielle ne constituent pas un « troisième confinement », sont fondées sur l'adhésion de la population et l'esprit de responsabilité de chacun d'entre nous. Ce choix a été fait au sommet de l'État de préférence au recours à des mesures contraignantes en cas de manquement aux règles édictées. Le but nous a-t-on expliqué, est de nous éviter de nouvelles restrictions de liberté que nous jugerions trop brutales. Serons-nous à la hauteur ?

Bien sûr, on peut discuter de la pertinence du dispositif sur lequel le gouvernement pensait pouvoir inverser la tendance dans son annonce du 29 janvier dernier. Jupiter avait alors demandé à son Premier ministre d'annoncer les décisions qui devaient amorcer la baisse du « plateau » reflétant les contaminations quotidiennes relevées. À la surprise générale, le couvre-feu du pays à 18 heures en constituait alors la pièce maîtresse.

De courbe traduisant une tendance à la baisse, il n'y en eut point. Bien au contraire, le « plateau » s'est maintenu à un niveau élevé et a même poursuivi une hausse continue, provoquant une forte augmentation des hospitalisations et une occupation de plus en plus inquiétante des lits de réanimation. Après le haut plateau, le mur ?

On doit rappeler que cette décision de la fin janvier a été prise alors qu'une majorité de français s'attendait à un troisième confinement et était globalement prête à s'y soumettre. En outre, un nouveau tour de vis était appelé de ses vœux par la grande majorité de la communauté scientifique. Notamment, par le Conseil mis en place par le Président au début de la pandémie pour l'éclairer dans les difficiles décisions qu'il allait devoir prendre tout au long de la crise sanitaire.

Certains ont parlé de « pari » pris par le Emmanuel Macron, les mêmes parlent aujourd'hui d'un « pari perdu ». Raccourci facile tellement il est compliqué au moment où apparaissaient des « variants » britanniques, sud-africains, amazoniens, et maintenant bretons, de prendre sans coup férir et au bon moment, les mesures les mieux adaptées. Le domaine de la santé diffère quelque peu de celui d'un champ de courses et ne se prête guère aux « paris ».

À ces variants, se sont ajoutées les déconvenues avec l'un des trois vaccins utilisés chez nous, celui issu des laboratoires britanniques et suédois, Oxford AstraZeneca. A peine un tiers des doses prévues livrées à l'Europe pour le premier trimestre alors que pour le second trimestre 70 millions devraient être livrées sur les 180 millions attendues !

Quand on sait que c'est le vaccin sur lequel l'Union Européenne a prioritairement misé pour vacciner sa population, on mesure la difficulté de l'équation à résoudre. Il faut manquer de sérieux pour en faire porter la responsabilité sur les épaules de madame Merkel, de monsieur Sanchez ou de notre président. Certains n'hésitent pas ici ou là, à dresser déjà les potences !

Dans ces conditions, la vaccination « de masse » grâce à laquelle nos dirigeants espéraient freiner les contaminations et inverser la courbe du « plateau », se fait attendre et l'engagement de vacciner l'ensemble de la population qui le souhaite d'ici la fin de l'été pourrait bien s'avérer intenable.

Ce choix qui visait à concilier des préoccupations à priori contradictoires (protéger la population, limiter les dégâts sur l'économie et préserver les emplois, mettre notre jeunesse à l'abri en évitant la fermeture des établissements scolaires et universitaires, prendre soin de la dégradation de la santé psychique des français) a pu se fracasser sur les récifs des variants et du comportement hautement condamnable de laboratoires qui paraissent exclusivement guidés par l'appât du gain.

Si tel était le cas, point de poisson d'avril à l'horizon mais, alors que le chiffre fatidique des 100 000 décès sera bientôt en ligne de mire, un gouvernement amené, à contre-courant des autres pays européens, à prendre de douloureuses décisions. Lesquelles pourraient ne plus être acceptées par une population qui, depuis un an, a fait preuve dans son ensemble de patience mais qui semble atteindre les limites du supportable.

Tels sont les enjeux de la situation que nous vivons à l'heure actuelle.

En avril-mai, nous serons à moins d'un an d'une échéance électorale cruciale. Or, depuis l'arrivée de la pandémie, nul ne se hasarderait à affirmer qu'à droite ou à gauche, on ait fait preuve d'une imagination débordante pour proposer d'autres voies permettant d'apercevoir le bout du tunnel plus rapidement. Si ce n'est, prendre le contre-pied systématique de tous les choix gouvernementaux.

Il en est notamment ainsi depuis l'intervention du Premier ministre le 18 mars. L'inénarrable monsieur Mélenchon, a puisé dans ses références historiques pour asséner à propos du président, qu'il est le « génie de la chienlit ! ». Au risque de se voir rétorquer, « la chienlit c'est lui ! ».

Le chef des Républicains à l'Assemblée, Damien Abad, parle lui de « terrible constat d'échec » mais dans le même temps, il s'abstient de délivrer son ordonnance. Comme s'il n'en avait pas !

Reste celle qui, de manière constante, recueille depuis de nombreux mois les plus fortes intentions de vote et qui est assurée de figurer au second tour de la prochaine présidentielle. Elle a eu la dent dure et injuste en affirmant « le confinement c'est ce que l'on fait quand on a tout raté ». Si on la suivait, tout le monde aurait tout raté... sauf elle. Tout au long de cette crise, madame Le Pen nous a infligé ses sentences à l'emporte pièce à défaut d'avoir pu avancer la moindre proposition de nature à aider utilement ses compatriotes.

Apparemment tous les contempteurs du gouvernement ont oublié la formule qu'en son temps, l'ancien Président Jacques Chirac, habitué des foires agricoles, avait rendue célèbre : « c'est à la fin de la foire que l'on compte les bouses ».

Du côté de l'Élysée on ne partage pas la sentence du « pari perdu ». On persiste et signe : « Un confinement dur a des conséquences sociales, économiques, éducatives, psychologiques . Il faut trouver des mesures proportionnelles, territorialisées, efficaces sanitairement et acceptables sociétalement ». En espérant que la suite confirmera cette analyse...

Les mesures prises le jeudi 18 mars apporteront-elles l'acceptabilité et l'efficacité attendues ?

Nous ne devrions pas attendre très longtemps avant d'avoir un début de réponse. À la mi-avril, même si nous ne serons malheureusement pas parvenus à la « fin de la foire », nous devrions pouvoir vérifier ou infirmer la prophétie qu'Emmanuel Macron énonçait le 15 mars : « le maître du temps c'est le virus ».

 

Difficile d'imaginer aujourd'hui que le « maître des horloges » accepte de baisser pavillon dans son combat contre le « maître du temps ».

Vous aviez dit « guerre » ?

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N
les résultats du confinement de week-end à Nice et Dunkerque sont probants puisque les taux d'incidence ont été divisés par deux dans ces régions et que la tension en réanimation a décru sensiblement .<br /> la maîtrise et le sang-froid du président contrastent avec les messages contradictoires et alarmistes de beaucoup de professeurs de médecine qui gagneraient à rester dans leurs services plutôt qu'à deviser sur les plateaux de télé en continu et laisser croire qu'ils n'ont pas grand chose à faire sinon à critiquer et, que dire de leurs collègues retraités comme Mme Hill qui feraient mieux de reprendre leur blouse et d'aller vacciner s'ils en sont encore capables au lieu de déblatérer pour ne rien dire
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