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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

La politique comme on ne l'aime pas.

   Le discours des Mureaux

Le Président avait reporté à plusieurs reprises son discours sur la laïcité tout particulièrement attendu en ces temps troublés.

Le 2 octobre dernier il y eut enfin le discours des Mureaux. Le Président y tint des paroles fortes.

Elles partaient d'un constat : « L'islam est une religion qui vit une crise, partout dans le monde ».

Venait ensuite une recommandation : « À l'islamisme radical brandi comme une fierté, nous devons opposer un patriotisme républicain assumé ».

Enfin, suivait le discours de la méthode : « Plus nos ennemis chercheront à nous opposer, plus nous serons rassemblés ».

Un vœux pieux ? Le vote intervenu le mardi 16 février en première lecture à l'Assemblée Nationale, du projet de loi « confortant les principes de la République », tendrait à le démontrer.

Lorsque l'on connait le contexte dans lequel ce vote est intervenu, à savoir les attentats djihadistes récents commis sur notre sol avec en point d'orgue la décapitation de Samuel Paty, on ne peut que le regretter. Si l'on rajoute qu'au Sahel, 51 de nos compatriotes ont, depuis 2013 début de l'opération Serval, perdu la vie dans la lutte contre le djihadisme, le pays a plus que jamais, besoin d'unité. Or, l'analyse du vote intervenu ces jours-ci, va exactement à l'encontre de cet impératif.

Alors que lors des débats en séance publique, l'opposition « gouvernementale » j'entends par là le Parti Socialiste (PS) et Les Républicains (LR), avait voté plusieurs des 51 articles qui composent la loi, aucune de ces formations n'a trouvé le courage d'approuver lors du vote final une loi dont le but est tout simplement de lutter plus efficacement contre le « séparatisme ».

Si elle a été adoptée par une large majorité (347 votes en faveur, 151 contre et 65 abstentions), l'analyse du vote par les groupes révèle que le PS et le Rassemblement National (RN) se sont abstenus, alors que LR et La France Insoumise (LFI) ont voté contre.

À gauche on a dénoncé le côté répressif de la loi alors que pour la droite, on soulignait la naïveté d'un texte insuffisamment offensif.

Pour LFI, Alexis Corbière y a vu un texte « contre les musulmans », il a également parlé de l'absence dans la loi de mesures en faveur de l'égalité des chances, face au « séparatisme des riches ». Alors que les dispositions relatives à l'égalité des chances ainsi que les mesures à caractère social (notamment la lutte contre les discriminations en matière d'emploi et de logement) figuraient dans l'avant-projet, elles ont été retirées du texte soumis à l'examen de l'Assemblée afin de ne pas brouiller le message que le gouvernement entend adresser. Elles devraient faire l'objet ultérieurement d'un texte distinct.

Pour LR, la députée Annie Genevard a parlé de « défaite morale » et de « lâcheté politique » de la majorité.

Pour les uns comme pour les autres, des paroles violentes, certainement inappropriées, cachant maladroitement un manque de courage évident. Il est vrai qu'à quinze mois de la présidentielle, il ne saurait être question de faire le moindre « cadeau » au président sortant.

Intervenant pour La République en Marche (LRM), le député Guillaume Vuilletet a dénoncé le « manque de cohérence » de la droite et de la gauche qui ont voté plusieurs articles de cette loi tout en la désavouant... Ce qu'en d'autres temps on qualifia de « grand écart »...

On regrettera que la représentation nationale ne se soit pas retrouvée pour approuver à l'unisson les 51 articles d'une loi qui n'a d'autre but que d'assurer notre sécurité face à un danger bien présent.. L'esprit de la manifestation du 11 janvier 2015 appartient désormais au passé. Mais quel est précisément le contenu du texte adopté ?

Voici pour l'essentiel, les dispositions adoptées :

  • L'extension aux agents privés exerçant des missions de service public, de l'obligation de neutralité qui pèse sur les agents publics.

  • Le renforcement, en écho à l'assassinat de Samuel Paty, du soutien par sa hiérarchie à un agent visé par des menaces, des violences ou des actes d'intimidation dans l'exercice de sa mission de service public.

  • Contraindre les associations sollicitant des subventions publiques à s'engager à respecter les principes de liberté, d'égalité, de fraternité, de respect de la dignité de la personne humaine ainsi que l'ordre public.

  • Concernant la dignité humaine, le respect de l'égalité entre les femmes et les hommes, l'interdiction des certificats de virginité et le retrait du titre de séjour aux étrangers en situation de polygamie.

  • Concernant la haine en ligne, des dispositions visent à encadrer la modération des discours de haine sur les plates-formes en ligne.

  • Concernant l'instruction en famille, le texte consacre la mise en œuvre d'un régime d'autorisation et met fin au régime de déclaration. Dans les écoles privées hors contrat, la loi instaure un régime de fermeture administrative pour permettre aux autorités de réagir « dans les meilleurs délais » lorsque des dérives « séparatistes » sont constatées.

  • Concernant la radicalisation dans le sport, les fédérations sportives reconnues par l'État, devront souscrire à un contrat d'engagement républicain qui conditionne le renouvellement de leur agrément au respect des principes républicains.

  • Un contrôle des financements étrangers pour les associations gérant un lieu de culte est mis en place. Ces associations devront déclarer les financements dépassant 10 000 € le préfet ayant la possibilité de s'y opposer. Par ailleurs, le contrôle financier est étendu à toutes les associations qui perçoivent des financements étrangers dépassant 153 000 € de dons annuels.

  • À la suite de cessions de mosquées à des États étrangers, la loi soumet désormais la cession d'un lieu de culte à un État, une organisation ou à un résident étranger à une obligation de déclaration préalable donnant ainsi à l'autorité administrative la possibilité de s'y opposer si est affecté, « un intérêt fondamental de la société ».

Un tel dispositif, n'en doutons pas, sera essentiel dans la lutte contre l'islamisme radical.

Ces dispositions apportent des modifications à des lois historiques comme la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l'État, à celle de 1901 sur la liberté d'association, à la loi Ferry de 1882 qui consacre la liberté d'instruction et son caractère obligatoire.

Plus d'un siècle après leur adoption, la réalité du monde a changé, en France nous avons parfaitement identifié le mal. Si elle est définitivement adoptée et passe le filtre du Conseil Constitutionnel qui ne manquera pas d'être saisi, cette loi ne met en cause aucun des cultes pratiqués dans notre pays mais les dérives d'une infime minorité de ceux pratiquant le culte musulman, les islamistes.

Il y a urgence à se donner les moyens de lutter avec efficacité contre le djihadisme dans le respect des règles de Droit qu'il convenait donc d'adapter aux enjeux qui sont les nôtres. Parmi ceux-ci et en premier lieu, le devoir pour l'État d'assurer la sécurité de ses citoyens.

La loi adoptée en première lecture sera examinée à compter du 30 mars au Sénat qui, n'en doutons pas, ne manquera pas de détricoter le texte pour sacrifier … aux seuls enjeux politiques. Peut-être, parler du « seul jeu politique » aurait-il été plus conforme à la réalité.

Pour en revenir au discours des Mureaux, le Président Macron y affirmait : « Le problème n'est pas la laïcité, c'est le ciment de la France unie, le problème c'est le séparatisme islamiste... ce projet qui se concrétise par des écarts répétés avec les valeurs de la République. Le problème c'est cette idéologie qui affirme que ses lois propres sont supérieures à celles de la République. Faire aimer la République c'est tenir la promesse d'émancipation qui lui est intrinsèque ».

Nous étions exactement deux semaines avant l'attentat de Conflans-Sainte-Honorine...

Après le vote émis, je ne suis pas certain qu'en France, nous ayons tous la même notion de l'amour porté à nos institutions.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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