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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

Vivement demain !

 

En ce 31 décembre 2020, tenter un bilan de l'année qui prend fin, ne serait pas seulement démoralisant mais confinerait à la déraison. Nous nous contenterons donc de pointer ce que l'on peut considérer comme des marqueurs qui devraient étayer notre réflexion pour penser 2021.

Dans un précédent billet, à propos de cette année maudite, j'avais osé « l'annus horribilis » (2020, Annus Horribilis pour le Président ? billet du 18 avril 2020). D'autres parleront plus crûment d'une année « de merde ». Au delà des termes utilisés, le ressenti est le même.

Le tableau est accablant. Peut-on toutefois, à travers lui, déceler quelques lueurs d'espoir pour l'année qui s'annonce ?

À tout seigneur tout honneur, Trump n'aura pas déçu, bien au contraire, il a confirmé ce qu'on subodorait : Il méprise la démocratie et en d'autres époques avec le pouvoir qu'il a durant quatre ans concentré entre ses mains, on imagine ce qui aurait pu en résulter.

Il y a chez celui qui va devoir sous la contrainte, céder la place, de la graine de dictateur. Son attitude indigne après le vote du 3 novembre et jusqu'à ces derniers jours, a pu ôter les derniers doutes à ceux qui se seraient encore interrogés. Je suis sûr, chers lecteurs, qu'aucun d'entre vous n'appartient à cette catégorie. Une chose est certaine, le 20 janvier prochain, le soleil se lèvera à l'Ouest.

Côté chinois, Xi Jinping n'aura également pas déçu quant aux craintes qu'il ne manque pas de susciter. Son pays qu'il conduit d'une poigne de fer, a été d'une opacité totale sur la gestion de la pandémie qui bouleverse la planète. Refus d'accueillir une enquête internationale sur le point de départ de la diffusion du virus, silence gardé pendant de longues semaines lors de l'apparition des premiers cas de contamination en Chine, etc...

Alors que d'ici une dizaine d'années ce pays devrait devenir la première puissance économique mondiale, le fichage de la population à travers le développement de l'Intelligence Artificielle (mon billet du 25 avril 2020 : L'I.A. au service de l'Homme?) nous montre comment les Droits Humains sont foulés aux pieds. La reconnaissance faciale, vocale et même, l'identification d'un individu par sa démarche, permettent aux 600 millions de caméras disséminées dans le pays (soit une pour deux habitants) de vous identifier, vous localiser et vous contrôler où que vous soyez.

Ce mode de reconnaissance est notamment utilisé par les autorités chinoises dans la répression exercée dans la province du Xinjiang contre la minorité musulmane des Ouïgours. On estime qu'à ce jour, plus d'un million de ses membres sont détenus dans des camps de rééducation et soumis au travail forcé, sans qu'aucun contrôle des défenseurs des Droits de l'Homme ait pu être exercé. Libre à chacun d'imaginer ce qui peut s'y passer... Difficile de discerner une raison d'espérer du côté de l'empire du Milieu.

Dans la Russie de Vladimir Poutine, la démocratie ne bénéficie pas d'un meilleur traitement. Le 20 août dernier, Alexeï Navalny, le principal opposant au président russe, a été victime d'un empoisonnement par un agent de type Novitchok alors qu'il menait campagne en Sibérie dans le cadre d'élections locales. Les regards se sont immédiatement tournés vers le Kremlin alors que l'avocat contestataire était transféré dans le coma à Berlin pour y être hospitalisé. Une enquête de journalistes publiée le 14 décembre, accuse un groupe d'agents au service de l'Etat russe, experts en armes chimiques, d'avoir mené une filature de Navalny depuis 2017 jusqu'à la date de son empoisonnement...

Cette tentative d'assassinat intervient après de nombreux meurtres perpétrés à l'encontre de journalistes, d'opposants à Poutine. Ces actes ont un trait commun, leurs auteurs, leurs commanditaires, ne sont jamais identifiés. On se souvient en particulier du meurtre d'Anna Politkovskaïa assassinée le 7 octobre 2006, connue pour son opposition à la politique du Président russe et qui avait couvert le conflit tchétchène.

Il en avait été de même d'un des principaux opposants à Vladimir Poutine, Boris Nemtsov. Celui-ci fut assassiné le 27 février 2015 à deux pas du Kremlin, en plein centre de Moscou.

Il ne fait pas bon s'opposer dans la Russie du XXI ième siècle, au « tsar » qui la dirige. Quand on sait qu'à la suite de la réforme de la Constitution russe intervenue à l'été 2020, il pourra se maintenir légalement au pouvoir jusqu'en 2036, difficile d'apercevoir une lueur d'espoir.

Comment dans ce tableau des horreurs, ne pas évoquer la pendaison par la République Islamique d'Iran le 12 décembre, du journaliste et opposant au régime Rouhollah Zam âgé de 41 ans et réfugié en France depuis 2012. En 2019, malgré l'avis contraire des autorités françaises, il s'était rendu en Irak où il a été enlevé par les gardiens de la révolution. Transféré en Iran, il a fait l'objet d'un procès expéditif suivi de son exécution par pendaison.

L'organisation d'enlèvements d'opposants à l'étranger pour les ramener en Iran et les exécuter, montre si c'était nécessaire, la dérive de plus en plus autoritaire du régime des mollahs. Le président Hassan Rohani classé parmi les « modérés » est, chaque jour d'avantage, affaibli par un pouvoir qui est en fait entre les mains du Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei. En outre, le président qui termine son second mandat et qui compte sur le résultat de l'élection américaine pour obtenir la levée des sanctions économiques contre son pays, ne pourra se représenter lors de l'élection présidentielle prévue en juin 2021. Le risque est grand, à l'issue de ces élections, d'un retour des « conservateurs » qui avaient porté jusqu'en 2013 Mahmoud Ahmadinedjad, un chaud partisan de l'arme nucléaire, à la tête de l'Etat.

En cette fin d'année, de lourdes incertitudes pèsent sur l'Iran ainsi que sur la zone d'influence de la République Islamique.

Fort heureusement, la France est épargnée de drames semblables à ceux vécus dans le Xinjiang, en Russie ou à Téhéran, lesquels trouvent leur source dans la nature des régimes en place.

Peut-on dire pour autant que sur le terrain des Droits de l'Homme nous sommes irréprochables ?

La remise en catimini le 8 décembre dernier, par le Président de la République, de la médaille de grand-croix de la Légion d'Honneur au chef de l'Etat égyptien le maréchal Al-Sissi en visite en France, a créé un profond malaise. Un intellectuel italien, Corrado Augias a restitué sa Légion d'Honneur pour protester contre la distinction d'une personne qu'il juge « complice de comportements criminels ». Mais certains penseront que le Président d'un pays qui compte parmi les meilleurs clients de la France dans le commerce d'armements, vaut bien une distinction. Même si ces armes sont ensuite utilisées par le tyran pour réprimer son peuple ?

Concernant la pandémie qui touche la planète, la crise du Covid a fait chez nous des ravages. A ce jour, on compte plus de 60 000 victimes. Les Etats-Unis battent tous les records avec plus de 300 000 morts, alors que l'Italie s'est reconfinée, que l'Allemagne jusqu'à présent épargnée a durci les restrictions et fermé une partie de ses commerces. La Suède que l'on nous avait citée en exemple au printemps dernier a abandonné son modèle fondé sur l'immunité collective et son Roi a déclaré récemment : « Je pense que nous avons échoué ».

Après les festivités de fin d'année, on peut craindre une reprise des contaminations avec, une nouvelle fois, son cortège de mesures que certains jugeront injustes, disproportionnées, attentatoires à nos libertés fondamentales. Les plus critiques oseront le mot de « liberticides ». Ceux-là même qui n'auront pas voulu respecter le dispositif destiné à limiter la diffusion du virus.

Même si l'on parvient à mettre un instant de côté la pandémie devenue le sujet premier des conversations, 2020 n'aura pas été chez nous de tout repos.

Notre pays est, pour des raisons liées à l'histoire et à ses engagements actuels, la principale cible du terrorisme international. Nous venons encore de perdre trois des nôtres, voici 48 heures, tués au Mali par les djihadistes.

Alors que la Cour d'Assises de Paris jugeait les complices des attentats commis les 7, 8 et 9 janvier 2015 qui ont fait 17 morts, la France a à nouveau eu à subir, sur son sol, le terrorisme. Tout d'abord à Paris près des anciens locaux de Charlie, à Nice dans un lieu de culte, enfin à Conflans-Sainte-Honorine, à proximité du collège où enseignait Samuel Paty décapité la veille des vacances de Toussaint par un terroriste islamiste tchétchène.

Dans quelques mois ce sont les attentats du 13 novembre 2015 perpétrés à Paris et sa banlieue qui seront décortiqués par la Justice. Le bilan de cette soirée est effrayant, 130 morts et 413 blessés. En 2022, ce sera l'attentat du 14 juillet 2016 commis sur la promenade des anglais à Nice qui fit 86 morts et 458 blessés, qui sera examiné par la Justice.

En aura-t-on pour autant terminé avec le terrorisme ? Le contexte actuel n'incite pas à l'optimisme, bien loin de là !

Dès demain, nous aurons tourné la page de 2020 mais pour autant, nous n'en aurons pas terminé avec nos maux, pour reprendre le titre d'un billet récent publié sur ce blog (Les maux par les mots du 5 décembre 2020).

 

En août 1985 le RPR lança à travers la France une campagne publicitaire en affichant des panneaux sur lesquels apparaissait Jacques Chirac avec une accroche, « Vivement demain ! ».

On connait ce que fut le lendemain : Le 8 mai 1988 François Mitterrand était réélu Président de la République face à Jacques Chirac avec plus de 54 % des voix.

Est-ce une raison pour y voir un signe nous permettant de prédire l'avenir ?

Nous sommes nombreux à voir sans déplaisir l'annus horribilis prendre fin. Sans aucune certitude pour celle qui s'ouvre mais bien décidés à l'affronter sous le signe de l'Espoir et de la... lucidité.

Le Père Noël aurait-il revêtu pour aborder 2021 les habits de Pfizer et de Moderna ?

Mesdames et Messieurs, « faites vos jeux,.... rien ne va plus ! »

 

 

 

 

 

 

 

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Nemo 31/12/2020 19:46

Cette chronique , en rappelant a juste titre que trois grandes puissances du monde ont des gouvernants liberticides , l’une d’elle jusqu’au 20 janvier prochain, met en relief l’ineptie des qualificatifs de liberticide donnés par certains à une récente proposition de loi ou de dictatoriales à des mesures de protection contre la pandémie en cours.