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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

Mes Voeux, ma proposition.

 

Avec précaution et un temps d'avance, nous abordons la période où nous souhaitons à nos proches, d'excellentes fêtes et le meilleur pour l'année qui s'annonce.

La tradition voudrait que je sacrifie une fois de plus à ce qui constitue beaucoup plus qu'une coutume, un rite sacré et presque immuable.

Presque, car en un an, les choses ont bien changé et si, dans la carte de vœux que je vous adressais fin 2019, nous vous souhaitions « Un bon Nadal i feliç any nou », vous observerez que nous avons réduit la voilure en évoquant plus sobrement que l'année qui arrive, soit celle de l'Espoir.

Pour le reste, une nouvelle fois, je veux vous proposer l'oeuvre d'un des peintres qui me sont chers à divers titres.

Voici deux ans, je vous présentais un tableau (« La nuit étoilée à Latour ») que Martin Vivès (1905-1991) avait peint en hommage à Van-Gogh. Martin s'était marié en secondes noces avec Marguerite Cazenove de Latour de France et, sa retraite venue, vécut avec son épouse dans le village. Habitant à quelques pas de ma maison familiale, je le croisais quotidiennement promenant son caniche. Nous échangions sur différents sujets et j'appréciais ses réflexions. Je n'ai jamais osé lui déclarer mon admiration pour son oeuvre qui a fait voyager notre vieux clocher aux quatre coins de la planète. Martin Vivès repose depuis bientôt trente ans dans le cimetière du village.

Il y a un an, c'était un tableau de Fidel Bofill (1934-2013) ayant pour titre « Cul de Sac », que nous avions choisi. Son auteur et son épouse Sol, furent des amis très chers. Ils vivaient en Catalogne sud à proximité de Vic. Fidel et Sol avaient noué des relations fortes avec l'Occitanie et en particulier, le village de Latour de France.

Le 13 juillet 2013, j'avais inauguré une place au pied du clocher, qui porte désormais le nom de l'artiste

L'oeuvre présentée l'année dernière, dépeint une scène de rue de Mavrikiano en Crête où le peintre vécut avec son épouse.

Ces deux tableaux se trouvent toujours sur mon blog. Le premier, publié le 23 décembre 2018, quant au second, je l'ai publié le 21 décembre 2019.

Martin et Fidel figurent dans la collection des livres d'art publiés en Espagne au début des années 1980 et qui avait pour titre « maestros actuales de la pintura y escultura catalanas » (ma photo).

Aujourd'hui, c'est un tableau peint par Pierre Cazenove et qui a pour titre « La fenêtre » que j'ai choisi, pour vous adresser mes vœux.

Pierre, « Papi » comme on l'appelait, était le neveu de Martin Vivès. Il fut également son élève aux Beaux-Arts à Perpignan. Pendant de nombreuses années, Pierre et moi, avons partagé beaucoup. Des parties de belotte au café chez Jules Alibert sur la place de la République de Latour à l'occupation de l'école des Beaux-Arts de Perpignan pendant les événements de mai 68 en passant par les vinyles de Brassens ou de Ray Charles que nous écoutions religieusement chez lui sur son Teppaz .

Le jour de ses obsèques, je plaidais devant le Tribunal de Commerce d'Aurillac et n'avais donc pu y assister. Le samedi qui suivit, je regagnais Latour et rendais visite à Raymonde, sa maman. Je la trouvais très courageuse, lucide, presque sereine et nous nous rendîmes ensemble jusqu'au cimetière de Latour pour nous recueillir sur la tombe de Pierre. Sa compagne Olga entretient celle-ci avec soin et amour. Je ne manque jamais une occasion d'aller saluer dans ces lieux, plusieurs de mes amis malheureusement disparus parmi lesquels, l'auteur du tableau.

Cette oeuvre représente une vue de l'atelier de Pierre. De la fenêtre, les toits des maisons voisines et plus loin, le Serrat d'en Franc. On peut voir dans cette œuvre, un symbole de l'ouverture sur le monde extérieur. Mais, dans le contexte actuel, pourquoi ne pas y voir aussi, le regard porté par l'artiste sur l'inconnu que constitue le monde du lendemain.

Je crois me souvenir que Pierre m'avait offert le tableau en 1969 à l'occasion de mon union avec Marie-Claude, la maman de mon fils Vincent. Avec d'autres de ses œuvres, il accompagne ma vie de retraité lorsque je réside dans mon village. Parmi celles-ci, un portrait de moi qu'il avait dessiné le 10 novembre 1968, le jour de mes 22 ans.

Le temps me paraît venu pour que, à l'occasion du vingtième anniversaire de sa disparition, la commune de Latour consacre, comme elle a su le faire pour Martin Vivès, un espace public à ce grand peintre que fut Pierre Cazenove, bien trop tôt disparu. Je suis convaincu que la population du village et nos élus, ne verraient qu'avantage à une telle initiative qui immortaliserait celui que nous avons été nombreux à aimer.

Martin Vivès, Fidel Bofill, Pierre Cazenove et d'autres créateurs, partagent mon quotidien. Chez moi, je ressens leur présence à mes cotés, il m'arrive même de m'entretenir avec eux, de solliciter leur avis, de partager avec l'un ou l'autre, une émotion.

À l'été 2008, après mon élection à la tête de la municipalité, la commune avait organisé une exposition « Regards croisés » où nous présentions les œuvres de Vivès et de son neveu. Cette manifestation, montée dans des délais très courts et avec un minimum de moyens, connut un vif succès grâce à l'aide que les élus, la population du village et des proches, m'apportèrent. Je veux leur réitérer mes remerciements. Avec Raymonde Cazenove, nous avions lors du vernissage, coupé le cordon tricolore permettant ainsi l'accès dans la salle d'expo, de la foule nombreuse qui patientait à l'extérieur par une forte chaleur d'été. Ces moments, parmi les plus intenses en émotions de mon mandat, resteront pour toujours gravés en moi.

Ce jour là, dans la foule se trouvait Fidel Bofill qui exposa l'année suivante. Cet événement attira à son tour, une grande affluence tout au long de la manifestation. Désormais, Latour de France avait conquis le cœur de Fidel. Lorsque le projet de création d'un musée dans le château du village vit le jour, l'artiste s'était engagé a offrir à la commune une cinquantaine de ses tableaux. Une dizaine d'entre eux avaient déjà été acheminés de son atelier en Catalogne-sud à la mairie de Latour. Ce projet s'est malheureusement heurté à des difficultés qui m'ont contraint, à la toute fin de mon mandat, à ramener dans sa famille ces œuvres de l'un des maîtres de la peinture catalane.

Finalement, à travers ces souvenirs, vous inviter à privilégier l'Espoir pour l'année à venir, c'est aussi vous proposer de faire une place au rêve. Dans celui-ci, chacun de nous pourra y mettre ce qu'il a de plus cher.

Un vœu pour 2021 certes mais aussi bien au-delà, pour que nous empruntions le chemin exigeant sur lequel Paul Eluard nous invite à le suivre :

« Nous fuirons le repos, nous fuirons le sommeil. Nous prendrons de vitesse l'aube et le printemps et nous préparerons des jours et des saisons à la mesure de nos rêves ».

Qu'il en soit ainsi pour chacun d'entre vous.

 

 

 

 

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nemo 13/12/2020 22:00

on aurait dû s'en douter . 2020 ne pouvait être qu' "un cul-de-sac " . tes vœux ont été exaucés ......
heureusement pour 2021 tu te rachètes et nous promets l'espoir , encore un effort cher ami pour 2022!!!

Jean COLOMES 14/12/2020 08:28

Excellent ! Merci Nemo.