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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

La manipulation ?

 

 

Le lundi 23 novembre quelques cinq cents migrants, des afghans pour la plupart, occupent à Paris la place de la République et y installent leurs toiles de tente .

Quelques jours auparavant, le 17 novembre, à Saint-Denis, la police a procédé à l'évacuation d'un important campement de migrants.

Pour les autorités, 3000 d'entre eux ont été pris en charge dans des centres d'accueil ou des gymnases d'Ile de France.

Selon des associations leur portant secours, 700 à 1000 sans-abri se seraient retrouvés à la rue, sans solution d'hébergement.

Des migrants qui, lors des opérations d'évacuation seraient parvenus à s'égayer dans la nature pour ensuite, grâce à la solidarité associative, se regrouper puis se retrouver le 23 novembre place de la République ? Pas impossible.

Or, le lendemain, devait être votée à l'Assemblée Nationale la loi dite « Sécurité globale » qui a été adoptée malgré les remous qu'elle avait suscités et en particulier son article 24 amendant la loi sur la liberté de la presse au nom de la protection des policiers (mon billet « L'État de droit, le droit dans tous ses états » du 20 novembre 2020).

Faut-il voir dans la concomitance de ces événements une simple coïncidence ?

Certainement pas. Malgré les aménagements qui ont été acceptés par le gouvernement afin de garantir le « droit d'informer », cette proposition de loi a provoqué de vives réactions des organisations de défense des libertés publiques qui considèrent qu'il s'agit de dispositions « liberticides ».

Dans mon précédent billet, j'ai évoqué le risque de censure de certaines dispositions de cette loi qui va être examinée par le Sénat, puis sera déférée après son adoption définitive, devant le Conseil Constitutionnel. L'opposition l'aurait certainement fait mais le Premier Ministre lui a coupé l'herbe sous les pieds en annonçant qu'à l'issue du processus législatif, il saisirait lui-même la Haute Juridiction.

Quoi de mieux, pour démontrer le bien fondé de l'opposition à la loi en voie d'adoption, qu'une bonne démonstration de sa nocivité en plein centre de Paris ?

Il n'est dès lors pas déraisonnable d'imaginer que l'installation d'environ 500 migrants au pied de la statue de la République allait provoquer une réaction immédiate des forces de police pour mettre un terme à une situation qui ne pouvait perdurer. La provocation était évidente et les ingrédients d'un affrontement entre les forces de l'ordre d'une part, les militants associatifs et d'extrême gauche d'autre part, étaient réunis.

La télévision et les réseaux sociaux ont largement diffusé les images de la confrontation et les violences qui ont été exercées notamment à l'encontre de manifestants mais aussi d'un journaliste. Certains comportements des forces de police ne sont ni dignes ni acceptables. On a pu ainsi voir, un commissaire faire un croche-pied à une personne qui courait provoquant sa chute, on a vu aussi une personne trainée au sol par un membre des forces de l'ordre.

Le Ministre de l'Intérieur a demandé qu'une enquête soit immédiatement diligentée par l'IGPN, que les conclusions lui soient transmises dans les 48 heures et s'est engagé à prendre des décisions immédiates. Dans son rapport déposé dans les délais impartis, l'IGPN considère que le croche-pied ayant provoqué la chute d'un manifestant au risque de le blesser gravement, constitue un « manquement par un usage disproportionné de la force ». La sanction disciplinaire devrait suivre.

La présence sur les images prises place de la République de responsables politiques comme le député de La France Insoumise Éric Coquerel ceint de son écharpe tricolore, tendent à accréditer l'idée que l'installation du campement des sans-abri avait été soigneusement mise en scène. La manifestation de soutien qui a suivi n'était pas déclarée. Illégale, elle ouvrait la voie à l'intervention des forces de police.

On peut s'interroger sur la manipulation dont ces migrants totalement démunis et vulnérables, auraient pu être les victimes pour des enjeux exclusivement nationaux auxquels ils sont absolument étrangers. Pour d'autres, une entrée de plain-pied dans la campagne présidentielle ?

On ne joue pas avec la misère, le désarroi de ceux qui n'ont rien, de ces centaines de sans-abri qui, très certainement, avant ce lundi 23 novembre, n'avaient jamais mis les pieds sur la place de la République avant d'y être conduits par des responsables politiques et associatifs Connaissaient-ils pour le moins son existence ?.

Je doute que les « pousse-au-crime » les aient après leur délogement de la place de la République, accueillis dans leurs foyers pour leur procurer un gîte. Donneurs de leçons, oui. Généreux, à voir...

Ce 23 novembre au soir, les irresponsables étaient manifestement dans les deux camps avec entre les deux, des migrants un peu désorientés.. Ceux qui, sans vergogne, les auraient pris pour enjeu, illustreraient si c'était nécessaire, ce qu'écrivait le romancier Jacques Sternberg :

« La fin justifie les moyens mais on a rarement les moyens quand on a faim »

 

 

 

 

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