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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

« Le monde perd la boule... » et nous avec.

 

La violence, un thème que j'aborde régulièrement, à travers des faits d'actualité.

Cette rentrée 2020, me paraît illustrer des préoccupations que je pourrais résumer en constatant qu'en France ou à l'étranger, dans la vie politique comme dans le secteur de la santé, dans les relations humaines comme dans la confrontation des idées, la violence prend le dessus sur des considérations plus policées, plus respectueuses de l'interlocuteur. Elle nous amène à nous interroger sur la solidité de nos institutions, sur le vivre ensemble rendu chaque jour un peu plus difficile.

Ce vendredi soir, au moment où je commence la rédaction de ce billet, cette violence est portée à son paroxysme par l'annonce qu'à Conflans-Sainte-Honorine, en fin d'après-midi, un enseignant aurait été décapité ou égorgé et qu'une nouvelle fois, le parquet anti-terroriste, se serait vu confier l'enquête qui démarre. Cette attaque survient moins d'un mois après l'agression ayant fait deux blessés graves, commise par un ressortissant pakistanais, devant les anciens locaux de "Charlie Hebdo". 

Dans l'attente d'autres précisions, qu'ajouter à la vive émotion et à l'indignation que suscite cette nouvelle agression ? Peut-être tout simplement, que face à la terreur à laquelle certains veulent nous soumettre, nous devons réaffirmer haut et fort que nous ne cèderons pas, que nous continuerons à nous battre pour faire respecter les valeurs qui constituent le ciment de notre démocratie.

 

Pourtant, s'il est un continent qui à l'heure actuelle ne cesse d'inquiéter pour ce qui concerne la diffusion de la violence, c'est à n'en pas douter, l'Afrique. On voit essaimer, dans nombre de pays qui la composent, les groupes djihadistes. Certains estampillés Etat Islamique, d'autres étant affiliés à Al-Qaïda, d'autres enfin ayant leur propre « franchise ». Le nombre de ces combattants au niveau du continent africain serait actuellement de l'ordre de 15 000.

Les acteurs humanitaires sont de plus en plus fréquemment, aux cotés des militaires et des populations civiles, les victimes de ces attaques. Quelques fois ils le paient de leur vie. Il en fut récemment ainsi du groupe de six français appartenant à l'ONG Acted assassinés au Niger dans le parc de Kouré le 9 août dernier (mon billet Le prix du sang du 22 août 2020).

D'autres humanitaires sont enlevés et utilisés comme monnaie d'échange par les groupes terroristes pour obtenir la libération de leurs membres. Ainsi, la française Sophie Pétronin âgée de 75 ans vient de retrouver la liberté alors qu'elle avait été enlevée il y a quatre ans au Mali. Avec trois autres otages elle a été libérée par les djihadistes qui les détenaient, en échange de 206 des leurs qui ont été qualifiés de « lions de l'islam pour avoir combattu les envahisseurs croisés ».

La surprise est venue des déclarations de notre compatriote convertie à l'islam qu'il convient désormais d'appeler, comme elle le demande, « Mariam » : « Je vais prier pour le Mali, implorer les bénédictions et la miséricorde d'Allah parce que je suis musulmane ». Cette déclaration relève de la stricte sphère privée religieuse et ne devrait pas susciter de commentaires, si l'ancienne otage n'avait pas aussi déclaré que ceux qui l'ont détenue « ne sont  nullement des djihadistes mais des opposants armés » qui voulaient obtenir « la libération d'autres combattants ». Une curieuse façon de dédouaner ses géôliers.

Selon les informations parues dans la presse, la restitution de l'ex-otage qui souhaite revenir au Mali a été obtenue moyennant le versement par la France, de 10 millions d'euros.

Il reste à souhaiter que l'un des djihadistes libérés en échange, ne se retrouve pas sur notre territoire pour tenter de faire partager à nos compatriotes, sa conception de la liberté et du respect de la vie.

 

La violence a une nouvelle fois, éclaté au Haut-Karabakh, dans le Caucase du sud, entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie.

La Turquie, membre de l'Otan et candidate obstinée à l'adhésion à l'Union Européenne, appuie militairement l'Azerbaïdjan. Son président, monsieur Erdogan n'a pas hésité comme il l'a fait récemment en Libye, à envoyer des combattants syriens parmi lesquels, on pourrait également retrouver des djihadistes islamistes. La presse relève qu'un déluge de feu pouvant conduire à un carnage, s'abat sur les « fantassins » des deux camps. Les victimes se compteraient par milliers, principalement des jeunes ayant revêtu l'uniforme de soldats à la suite de la mobilisation générale décrétée.

Si la Turquie entend maintenir sa demande d'adhésion à l'Europe, il conviendra que le calife d'Istanbul qu'elle a placé à sa tête, révise en profondeur sa conception de l'Etat de Droit et du respect des conventions internationales...

 

C'est encore la violence qui a privé les américains, à la veille d'une élection cruciale, d'un échange argumenté permettant d'éclairer leur vote du 3 novembre prochain.

Le 29 septembre lors du « débat » organisé entre les deux candidats, l'agressivité et l'invective ont pris le pas sur l'argumentation. Les noms d'oiseaux ont fusé ce qui ne manque pas d'inquiéter s'agissant d'élire le président de la plus grande et de la plus puissante démocratie de la planète.

Dans bien des domaines, les Etats-Unis sont les précurseurs de ce dont s'emparent très rapidement les français. A l'approche de la présidentielle de 2022, il reste à souhaiter que les futurs candidats ne s'inspireront pas de leurs homologues américains et que chez nous aussi, l'injure et la grossièreté ne décideront pas du sort de cette élection. Certains comportements pourraient dès à présent ne pas pousser à l'optimisme...

 

Le déchaînement de violence qui a caractérisé l'épisode des « gilets jaunes », n'en finit pas d'empoisonner les relations qu'une partie de la jeunesse entretient avec la police de la République.

La semaine dernière, à Herblay (Val-d'Oise) deux policiers étaient attaqués et grièvement blessés par balles. Trois jours après, dans la nuit du samedi 10 octobre à Champigny-sur-Marne, deux policiers en pause cigarette devant leur commissariat, ont été attaqués par une quarantaine d'individus cagoulés, armés de barres de fer. Cette attaque a été menée par des tirs de mortiers d'artifice. Les policiers ont à peine eu le temps de se réfugier dans le commissariat. De leur coté, les assaillants s'en prenaient alors aux véhicules en stationnement.

Le contexte sanitaire actuel, les contrôles que va impliquer la mise en œuvre du couvre-feu pour 20 millions d'entre nous, laissent craindre que de nouvelles violences soient commises qui ne feront qu'alourdir un climat résultant selon le ministre de l'Intérieur « d'une guerre de territoires sur le sol de la République ».

 

La violence, nous la vivons aussi quotidiennement, dans les chiffres égrenés pour rendre compte des ravages d'une pandémie qui n'en finit pas et qui abîme chaque jour un peu plus le « vivre ensemble à la française ». Jusqu'où faudra-t-il aller dans la restriction de nos libertés et dans les contraintes qui frappent en premier lieu les plus modestes ?

On retrouve aussi une forme de violence dans la perquisition menée cette semaine chez plusieurs responsables politiques et notamment au domicile de l'actuel ministre de la santé qui se bat au quotidien pied à pied pour contenir les conséquences de la propagation du Covid 19. Non pas que ces responsables n'aient pas à rendre des comptes tant à la représentation nationale qu'à la Justice. Il est permis toutefois de s'interroger sur l'opportunité du moment choisi pour mettre en œuvre ce type d'investigations.

 

On peut dès lors se demander si la violence, sous quelque forme qu'elle se manifeste, n'est pas inhérente au monde actuel. Plus que jamais, nous devons lui opposer nos valeurs, notre arme pour la combattre, je veux parler de la résilience. Nombre de ceux qui répandent la haine ont un objectif, nous contraindre à utiliser leurs méthodes afin de déstructurer notre société.

Ils doivent savoir qu'ils ne vaincront pas. Le dimanche qui a suivi les attentats des 7,8 et 9 janvier 2015, le peuple de France s'est retrouvé dans la rue pour adresser aux terroristes un message de fermeté mais aussi d'union. Et ce, bien au-delà de nos bisbilles franco-françaises. Certes cela n'a pas empêché les attentats qui ont suivi quelques mois plus tard. Il n'empêche, le pays avait besoin de vivre ce moment de communion où l'on a vu les français embrasser les forces de police !

Etre conscients de l'ampleur des défis mais aussi de la force qui est la nôtre pour les affronter. Savoir s'unir autour de l'objectif d'éradiquer la violence, là ou elle se manifeste et quels que soient les habits qu'elle emprunte.

Finalement, lorsqu'il composa « Le grand chambardement » Guy Béart dont l'intégrale de ses disques est actuellement diffusée, n'avait fait qu'anticiper de plus de quarante ans sur le monde d'aujourd'hui.  

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H
Merci pour le partage, passez me voir sur mon blog. https://hifi-mathis.blogspot.com/
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M
Guy Béart "Le grand chambardement "

https://youtu.be/3m-AaZc6HJM
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M
https://youtu.be/3m-AaZc6HJM...
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