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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

Et la face du monde en eût peut-être été changée.

 

L'une de mes amies a exhumé cet été un texte peu connu écrit en 1949 par le génie du XXième siècle, Albert Einstein (1879-1955), prix Nobel de physique 1921.

En 1952, en pleine période du maccarthysme et alors que la guerre froide opposait déjà les deux superpuissances, Einstein écrivit à l'occasion de la parution du numéro 1 de la revue américaine Monthly Review qui venait d'être fondée à New York par des intellectuels progressistes, un article dont le titre devrait résonner aux oreilles de nombre de mes lecteurs, « Pourquoi le socialisme ? »

Le « socialisme » proposé dans cet article par le physicien, père de la théorie de la relativité et de la théorie de la gravitation, n'a rien à voir avec la caricature qui a sévi en Union Soviétique pendant plus de 70 ans et pas d'avantage avec l'immense camp de concentration que Xi-Jinping a fait de la Chine d'aujourd'hui. Inutile d 'évoquer la Corée du Nord dirigée par le tyran.

Einstein nous met tout d'abord en garde et nous invite à ne pas « surestimer la science et les méthodes scientifiques quand il est question de problèmes humains ». Il rajoute : « et nous ne devrions pas supposer que les experts sont les seuls à avoir le droit de s'exprimer sur des questions relevant de l'organisation de la société ».

Cette réflexion devrait occuper nos esprits alors que dans tous les domaines, de l'économie à la santé en passant par l'environnement, les experts ou ceux qui se prévalent de ce statut, prétendent détenir les solutions à tous les maux dont nous souffrons.

L'actualité est à cet effet parlante. Concernant le Covid 19, les  « experts » qui monopolisent les écrans de nos téléviseurs, affirment leur vérité qui n'est pas celle de leurs collègues de même formation, celle d'aujourd'hui n'étant plus celle qu'ils nous assénaient la veille, tout ceci sur fond d'une lutte féroce entre laboratoires, chacun ayant un seul objectif, emporter la mise et les gains qui vont avec ...

Comme si la République des citoyens avait cédé sa place à la dictature des « experts ».

Einstein met par ailleurs l'accent sur « l'isolement, la solitude douloureuse dont tant de gens souffrent ». Plus de soixante-dix ans après, les maux dénoncés par l'auteur de l'article non seulement persistent mais n'ont fait que s'aggraver. A tel point, qu'au siècle de la communication, chacun se retrouve enfermé dans sa bulle. La solidarité qui longtemps a été un marqueur fort de nos sociétés, s'efface à grands pas.

Après avoir dénoncé un système dans lequel « le capital privé tend à se concentrer entre quelques mains » (tiens tiens, ça vous parle ?), Albert Einstein nous livre son remède :

« Je suis convaincu qu'il n'y a qu'une seule façon d'éliminer ces maux dangereux, à savoir par la mise en place d'une économie socialiste, accompagnée d'un système éducatif tourné vers des objectifs sociaux ».

Il nous parle d'une « économie  planifiée qui ajuste la production aux besoins de la communauté qui distribuerait le travail à faire entre ceux qui sont capables de travailler et garantirait les moyens d'existence à chaque homme, femme et enfant ».

Je ne suis pas certain, qu'en nommant récemment un Haut Commissaire au plan, le Président de la République, ait souhaité poursuivre l'objectif de parvenir à l'économie planifiée à laquelle aspire en 1949 le physicien.

Par ailleurs, ajuster la production aux besoins des populations est l'un des éléments du débat actuel sur ce que l'on appelle désormais « le monde d'après ».

Cette idée généreuse et certainement utopique que notre génie appelait de ses vœux, a été trahie et foulée aux pieds par ceux qui au nom du « socialisme » ont un peu partout sur la planète mis en place des régimes concentrationnaires dans le seul but d'asseoir leur domination et leur puissance. A des années lumière de ce système éducatif tourné vers des objectifs sociaux auxquels Einstein se référait pour remédier au maux dont souffrait déjà la société de l'après deuxième guerre mondiale.

Albert Einstein proclamait sa foi en l'homme, « tout à la fois un être solitaire et un être social ».

Pour affirmer aussitôt, « la personnalité qui finalement émerge est en grande partie façonnée par l'environnement dans lequel un homme se trouve plongé au cours de son développement, par la structure de la société dans laquelle il grandit, par les traditions de cette société et par l'appréciation qu'a celle-ci des différents types de comportement ».

Qui aujourd'hui pourrait contester que l'être humain, où qu'il se trouve, est pour l'essentiel, le produit de l'éducation reçue et de l'environnement dans lequel il a évolué ?

L'homme ne pourra trouver de sens à son existence qu'en « se dévouant à la société ». affirme le physicien. Qu'en est-il de nos jours ?

On est très loin, concernant les dirigeants des pays les plus puissants, de « l'homme social » tel qu'Albert Einstein le concevait. Le besoin de domination, l'oppression des faibles, le mensonge ont pris le relais des valeurs qu'il défendait. Et si les Trump, Xi-Jinping et autres Poutine se maintiennent au pouvoir, c'est uniquement par le chantage, souvent la violence et quelques fois la terreur qu'ils imposent à l'extérieur comme à l'intérieur des frontières des pays qu'ils dirigent.

L'auteur de l'article avait parfaitement senti la menace en relevant que pour bâtir cette société à laquelle il aspirait, les peuples devraient affronter « quelques problèmes socio-politiques extrêmement difficiles ». Et de poser deux questions qui, 70 ans après, conservent toute leur actualité :

1) - « Comment est-il possible, eu égard à la centralisation de grande envergure du pouvoir politique et économique, d'empêcher la bureaucratie de devenir toute puissante et présomptueuse ?

2) - Comment assurer les droits des contre-pouvoirs au pouvoir de la bureaucratie ? »

Cette bureaucratie qui aujourd'hui plus que jamais, étouffe les initiatives et continue à pervertir nos démocraties un peu partout dans le monde.

Trois ans après avoir rédigé cet article, en 1952, Ben Gourion, le fondateur de l'Etat juif, propos a à Albert Einstein la présidence d'Israël.

Ce dernier refusa, déclarant « j'ai passé ma vie à étudier des problèmes objectifs et je manque à la fois de l'aptitude naturelle et de l'expérience nécessaire pour traiter des problèmes humains et exercer des fonctions officielles ».

 Je n'ai pas souvenir qu'à ce jour, l'un des dirigeants de la planète ait pu tenir ce type de propos. Mais peut-être est-ce du à une mémoire défaillante à laquelle mes aimables lecteurs pourront pallier ?

 

                                     David Ben Gourion (1886-1973)

 

 

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