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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

« Tu quoque mi fili ! »

 

Beaucoup d'entre nous scrutent l'horizon afin de tenter d'entrevoir la France de 2022, celle d'après la présidentielle.

A cette occasion, rejouera-t-on le match de 2017 sur le terrain de l'adversaire ?

En 2017 le Président et le Premier ministre, François Hollande et Bernard Cazeneuve portaient les couleurs de l'écurie socialiste, la gauche est sortie étrillée. Pour l'échéance de 2022, Emmanuel Macron et Jean Castex vont courir sous les couleurs de la droite. Avec le même résultat à l'arrivée à savoir une finale opposant le président sortant à la candidate du Rassemblement National ? C'est l'hypothèse qui jusqu'à présent tient la corde.

Mais existerait-il une alternative ?

Les trois éditoriaux de l'hebdomadaire Marianne du 10 au 16 juillet nous apportent des éléments de réponse et l'un des trois, nous livre même l'identité d'un possible prochain président.

 

Dans son « Etat des lieux de la France », Natacha Polony n'a pas de mots assez durs à l'égard du Président, du nouveau Premier Ministre, de son Gouvernement.

Selon elle, l'actuelle construction n'aurait qu'un but : « permettre au principal acteur de se représenter en 2022 » ce qui, à moins de deux ans de l'échéance, n'a rien d'illégitime.

Or, si le diagnostic posé, la « désindustrialisation » de la France est exact, cette situation étant antérieure à l'arrivée de Macron aux responsabilités, on peut s'interroger sur le traitement qui selon l'éditorialiste, aurait été prescrit : « tourisme et banque » pour « compenser l'éradication de filières industrielles dont les savoir-faire ont été abandonnés à la prédation ». A voir...

Quant au Premier Ministre et à ceux chargés de mettre en musique la feuille de route qu'il a définie, ils ne sont pas mieux lotis : « un Premier ministre ectoplasmique et des calculs politiciens ».

Circulez ya rien à voir !

Si l'on en croit madame Polony, concernant les ministres nommés, à peine ont-ils pris leurs fonctions, le jugement est sans nuance : Dupont-Moretti serait chargé d'assurer « le spectacle », Roselyne Bachelot serait reléguée au rang « d'attraction », quant à la promotion de Marlène Schiappa au rang de ministre déléguée à la Citoyenneté, il est fait référence à la nécessité d'aller au-delà « des déclarations racoleuses », si l'on veut rebâtir ce qui fait « l'essence même d'une nation ». Comme si la mise en place d'un tel ministère était un luxe inutile, comme si replacer la laïcité au centre de nos préoccupations était superflu.

Si, pour l'auteur, « retrouver la République et la France devrait être le programme premier d'un gouvernement digne de ce nom », on l'a bien compris, elle considère que tel n'est pas l'objectif de Jean Castex et de son gouvernement.

En résumé, le couperet est tombé à peine le supplicié avait-il franchi la dernière marche de l'échafaud. Pour le jugement, on verra plus tard...

 

Afin de reprendre un peu espoir, il faut sans attendre, se plonger dans « la mise au point » de Jean-François Khan pour qui, les deux mois d'été peuvent permettre de « définir, puis construire, l'alternative gagnante ».

Quelle est donc cette formule « gagnante » que d'aucuns s'éreintent à dénicher et que l'éditorialiste aurait décelée ?

J.F. Khan nous confirme tout d'abord ce que nous avions pressenti : ce pouvoir est « issu pour l'essentiel du système Sarkozy » donc de la droite, même si les fins stratèges que sont Christian Jacob et Eric Ciotti s'acharnent à nous le présenter comme un « gouvernement gauchiste ».

S'il en est ainsi, aurions-nous une alternative de gauche à un gouvernement de droite ?

Qu'il me soit permis d'observer tout d'abord qu'à son corps défendant, la droite a su tirer le meilleur de la dernière présidentielle : alors que Fillon a été battu à plate-couture dès le premier tour et que nous avons élu un président « et de droite et de gauche », celui-ci a en trois années, solidement ancré sur un seul des pôles, sa politique. De même, alors qu'Alain Juppé avait été battu aux primaires de la droite, c'est son plus fidèle soldat, Edouard Philippe, qui durant trois ans a « conduit » la politique de la nation et quitté son poste avec une forte côte de popularité parmi les français. Enfin, alors que lors des mêmes primaires de la droite, Nicolas le revenant avait mordu la poussière, c'est à un sarkozyste affiché que le Président a confié la direction de l'actuel gouvernement.

Dès lors, on peut se demander s'il existe encore un espace entre le Parti présidentiel et le Rassemblement National. A mon sens, si il subsiste, il est de plus en plus réduit et perméable aux musiques venant de sa droite...

J.F. Khan le craint avec raison, une alternative à gauche se heurtera au choc des égos alors que, comme l'ont montré les dernières élections, si les différentes composantes de la gauche -écologistes compris- s'entendaient sur une candidature commune et si celle-ci était incarnée par une personnalité « non excessivement clivante », son représentant « parviendrait à se qualifier pour le second tour et aurait de fortes chances de l'emporter ».

Mais l'auteur de doucher très vite nos espoirs : « Jean-Luc Mélenchon fera en sorte qu'il n'y ait pas de candidature unique et les écologistes radicaux agiront dans le même sens ».

Ce n'est donc pas pour demain que la droite lancera un « Au secours, la gauche revient ! » salvateur.

 

Pensant y trouver quelque espoir d'échapper à un scénario catastrophe, je me suis alors plongé dans l'éditorial de Jacques Julliard : « Le deuxième homme ».

L'auteur nous fait part tout d'abord de la nécessité de supprimer le poste de Premier ministre. « cette pièce rapportée du système présidentiel, ce qui aurait le double avantage de placer la responsabilité là où est le pouvoir (l'Elysée) et de revaloriser le Parlement en en faisant l'interlocuteur direct, incontournable, du chef de l'Etat ». On ne peut qu'approuver.

Peut-être Emmanuel Macron a-t-il fait un pas dans cette direction en nommant comme Premier ministre un haut fonctionnaire non dépourvu de personnalité (contrairement à ce qu'en ont dit nombre d'observateurs de la vie politique en l'affublant un peu hâtivement du qualificatif de simple « collaborateur »).

Resterait encore, pour un futur Président qui ferait ce choix, à entreprendre une réforme constitutionnelle toujours risquée...

Dès lors, la question posée par l'éditorialiste est on ne peut plus légitime : « Qu'a voulu faire E. Macron en renvoyant E. Philippe dans sa bonne ville du Havre ? ».

Sans sonder les âmes, Jacques Julliard avance une hypothèse sur laquelle il convient de s'arrêter : « Si, comme la crise économique à venir incite à le prévoir, l'écart dans les sondages entre l'ancien Premier ministre et le président de la République venait à s'accroître en faveur du premier, au point de rendre la candidature du second quasi impossible,... la pression en faveur d'une candidature Philippe ne pourrait que s'accentuer ».

Une telle hypothèse, n'a bien sûr pas échappé au président. S'il avait voulu l'écarter d'entrée, il aurait remanié son gouvernement, sans en changer pour autant la tête. Quitte à ce que le Premier ministre sorte avec Jupiter, totalement essoré de ce quinquennat hors normes.

L'idée qu'Edouard Philippe ait pu être mis « en réserve de la République » par l'actuel président est loin d'être absurde.

Permettez-moi une dernière hypothèse : pourrait-on imaginer une compétition entre ces deux en vue d'une candidature à la présidence ?

Bien sûr, l'ancien Premier ministre a déjà affirmé qu'il ne serait pas candidat contre celui qui l'a fait Prince.

Faut-il pour autant écarter cette éventualité ?

 

C'est à ce stade que le recours à l'histoire peut nous aider. Celle-ci, même récente, foisonne de personnages à la Brutus.

Chirac n'est plus là pour en attester mais son ancien Premier ministre Edouard Baladur ne pourrait me démentir.

En cas de doutes, vous pourrez peut-être interroger l'ancien Président François Hollande et un certain Emmanuel Macron...

En voyant Brutus parmi les conjurés, César l'aurait apostrophé en ces termes : « Toi aussi mon fils ! »

Il aurait ensuite recouvert sa tête de sa toge et se serait effondré au pied de la statue de Pompée, victime de 23 coups de poinçon.

Parions que cet épisode n'a pas échappé à certains.

 

 

 

 

 

 

 

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N
Les éditoriaux auxquels il est fait référence relèvent de mauvais traitements infligés aux mouches plus que d'une analyse politique sérieuse , ils sont de l'ancien monde et sont prisonniers du débat gauche droite qui ne veut plus rien dire
Ah si Marianne était jolie disait la chanson , et si elle était intelligente ce serait mieux encore !!!!!
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M
Cher Némo,
Je m’éclate littéralement à la lecture de vos commentaires en général et celui-ci en particulier !
On ne lâche rien, on continue !
J
https://www.youtube.com/playlist?list=RDVGOCk8Aa43Q&feature=share&playnext=1

A noter que, sauf chirac, aucun president de la Vieme n'a été 1er ministre ....
Répondre
N
De Gaulle a été président du conseil avant d'être Président de la République et Pompidou a été 6 ans premier ministre avant d'être Président