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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

Les « gilets jaunes » en ont rêvé, le Corona l'a fait !

 

Le Président, au plus fort de la crise sanitaire, l'a affirmé solennellement, le « monde d'après » ne ressemblera pas au « monde d'avant »

Lorsqu'en novembre 2018 le mouvement est apparu, on a retrouvé sur les ronds points ceux de nos concitoyens ayant du mal à joindre les deux bouts, protestant contre la hausse du prix de l'essence et la fiscalité des carburants.

On pouvait entendre ces inquiétudes auxquelles sont venues se rajouter d'autres revendications ayant trait à la défense du pouvoir d'achat des plus démunis mais aussi, à la mise en place d'un Referendum d'Initiative Citoyenne.

D'autres thèmes furent également développés par les manifestants comme la suppression du Sénat, l'abdication du Président exprimée par un slogan que l'on retrouva sur nombre de pancartes, « Macron dégage ! ». On était très loin des préoccupations relatives à la défense du pouvoir d'achat à travers la hausse du prix des carburants.

Quant aux méthodes utilisées, ce furent les pires. Une incapacité à faire la police dans leurs rangs lors des manifestations, un déchaînement de violences répété au fur et à mesure du déroulement des «actes », avec le point culminant du 1er décembre 2018. Ce jour-là, on attaqua l'un des symboles de la République, la tombe du soldat inconnu à l'Arc de Triomphe. On s'était bien éloigné de la dénonciation de l'injustice fiscale à l'origine du mouvement.

Au même moment, dans les services des urgences des hôpitaux, montait un fort mécontentement qui, petit à petit, gagna l'ensemble du secteur hospitalier. Bas salaires, dégradation des conditions de travail, baisse des effectifs, constituaient le terreau sur lequel se développait cette contestation. En janvier dernier, ce mouvement eut pour point d'orgue la démission d'environ 1 000 médecins hospitaliers dont quelques 600 chefs de service. En cause,  les tâches administratives qu'ils accomplissent en sus de leur travail de soignants. Ils voulaient par là dénoncer le manque de moyens dont souffre l'Hôpital Public. Au ministère de la Santé, on faisait la sourde oreille...

C'est dans cette situation et en pleine discussion de la réforme très contestée des retraites, pierre angulaire du quinquennat Macron, qu'est apparue chez nous la pandémie du Covid 19.

On n'a pas oublié les services de réanimation totalement débordés, le manque de masques, de tests, de ventilateurs,, les demi-mensonges ou demi-vérités, laborieusement distillés sur les ondes pour expliquer cette situation.

Aujourd'hui, alors que nous sortons du confinement mais vivons dans la crainte d'une possible recrudescence de la pandémie, la mise en chantier du monde de demain, démarre dans une France sinistrée sur le plan sanitaire (nous comptons plus de 29 000 décès attribués au Covid-19), économique et social. Mais aussi, une France ébranlée dans ses valeurs, ses repères, ses fondamentaux.

En tout premier lieu, ce qui a sauté aux yeux c'est le creusement des inégalités conjugué à l'injustice fiscale. Un SDF à qui pendant le confinement, on avait prêté une voiture pour y passer ses nuits et qui, dès 8 heures le matin, errait dans les rues, cherchant à éviter les contrôles de police. Des écoliers dans l'impossibilité de se connecter pour cause d'absence d'ordinateur dans leur famille. Les maraudes qui se sont multipliées dans les grandes villes. Toute une population qui n'a survécu que grâce aux distributions de denrées alimentaires par les associations caritatives. Voici les images auxquelles nous avons été confrontés et qui sont devenues insupportables.

Et tout cela, dans la France du XXI ème siècle !

Ce pays économiquement développé, socialement avancé qui, dans le même temps, a su mettre en place un mécanisme de chômage partiel évitant le pire et a décidé de la prolongation des droits aux allocations de chômage pour venir en aide aux plus démunis.  Que de contrastes !

Le Président Macron, nous a invités à revisiter un certain nombre de situations, il a affirmé que l'impensable doit devenir pensable. A quoi faisait-il allusion ?

S'il est communément admis que le monde de demain ne sera plus celui d'avant, il reste à définir celui que nous allons construire sur les décombres d'une crise sanitaire mondiale.

Une certitude, le prisme libéral qui fut jusqu'à présent la boussole présidentielle, n'est plus d'actualité. Les exemples ne manquent pas :

On conditionne désormais un prêt de 5 milliards à Renault, à la relocalisation de certaines productions, à des engagements en matière de préservation des sites et des emplois.

On met en avant le développement de la production de véhicules électriques, la mise au point sur notre territoire de différents produits notamment dans l'industrie pharmaceutique que l'on importait jusqu'à présent de pays situés à l'autre bout du monde, la préoccupation écologique en matière d'urbanisation et de gestion de nos villes.

Sur fond d'effondrement du prix du baril de pétrole, on fixe des conditions à Air-France en grande difficulté, pour lui accorder une aide de 7 milliards d'euros. Dans le secteur de l'aéronautique, il est d'ores et déjà certain que l'on ne prendra plus l'avion comme ce fut le cas jusqu'à récemment.

On parle à nouveau de «planification», d'Etat «interventionniste», des mots qui étaient devenus depuis des années, imprononçables.

Dans le secteur hospitalier, un plan est en préparation, qui devrait aborder les carrières des soignants et la réorganisation de l'Hôpital Public en tirant toutes les conséquences de la situation que l'on vient de vivre. De quoi accouchera le « Ségur de la santé » ?

Plus généralement, il faudra, « en même temps », apporter une réponse rapide et substantielle à la revalorisation de tous les métiers dont on s'est rendu compte qu'ils étaient à la fois vitaux et les plus mal rémunérés. Ce serait semble-t-il, dans le plan annoncé pour juillet prochain.

Il conviendra aussi de revoir les Traités de libre échange qui étaient en cours de ratification. Est-il sérieux d'importer la viande d'Argentine, par ailleurs excellente, alors que nos éleveurs ont des difficultés à commercialiser la leur ?

On le voit, cette crise remet en cause la mondialisation qui, depuis une vingtaine d'années, a permis de sortir des millions d'êtres humains de la pauvreté mais qui, aujourd'hui, n'est plus la réponse aux enjeux sociaux, économiques, écologiques et démocratiques du « monde d'après ».

Y compris en Europe, on est entrain de changer de paradigme. Il y a peu, l'expression de « mutualisation des dettes » faisait hérisser les cheveux des représentants du plus puissant des membres de l'Union, l'Allemagne.

La nouvelle présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a annoncé mercredi 27 mai, un plan de relance « historique tant par son ampleur que par sa philosophie ». Qu'on imagine, un plan à 750 milliards d'euros pour venir en aide aux pays de l'Union Européenne les plus touchés par la pandémie dont 500 milliards, alloués à titre de subventions et 250 milliards à titre de prêts aux Etats !

Cette somme vient s'ajouter à celle de 540 milliards de prêts que l'Union Européenne avait déjà décidé de débloquer.

Cette Union Européenne dont on avait avec raison dénoncé le manque de solidarité et qui finalement, est entrain de « mutualiser » les dettes de ses membres sans prononcer ce vilain mot qui constitue un repoussoir pour les membres de l'institution appartenant au groupe dit des « frugaux ».

Alors, qui, pour mener une telle transition ? Ce président qui évoque désormais un Etat plus interventionniste, comme pour ébranler ses convictions du début de quinquennat ?

Pour reprendre la parole présidentielle, « l'humilité est de mise »... même si elle n'a pas été toujours d'actualité.

Pour autant, le Pouvoir est-il aujourd'hui en mesure d'entendre le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger quand il dit qu'il faudra « redistribuer les richesses » et qui, pour ce faire, propose de créer « un impôt exceptionnel sur les entreprises liées à des secteurs qui n'ont pas été impactés par la crise, voire qui ont réalisé des bénéfices » ? Il est permis d'en douter...

Tout l'enjeu des prochaines élections nationales de 2021, portera sur la réponse délivrée par les acteurs de la vie politique, à l'impérieuse nécessité de concilier « fin du mois et fin du monde ».

Mais, n'était-ce-ce pas déjà, l'un des enjeux qu'avait posé le mouvement des « gilets jaunes », même s'il avait été dans l'incapacité d'esquisser la moindre réponse ?

 

 

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S
J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte et un blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers (lien sur pseudo) Au plaisir.
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