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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

La triche et la trique.

 

Pour ce qui concerne la trique, il y eut les dix plaies d'Egypte. Il s'agissait des dix châtiments que selon le Livre de l'Exode, Dieu infligea à l'Egypte en exigeant que Pharaon laisse partir le peuple d'Israël qu'il maintenait en esclavage. Et pourtant, point de triche, point de tricheurs.

Concernant la triche, s'agirait-il de l'une des composantes du « mal français» ?

Dans les années soixante-dix, Alain Peyrefitte consacra un ouvrage éponyme dans lequel il se penchait sur les maux de notre pays qui constitueraient une sorte de maladie dont nous serions atteints. Toutefois, point de triche ou de tricheurs dans l'essai politique de l'ancien ministre du Général De Gaulle.

A l'inverse, le « mal français » d'aujourd'hui serait-il caractérisé par notre tendance à tricher ?

Trois exemples puisés dans l'actualité pourraient le laisser penser.

Il fallait se promener sur les plages du littoral méditerranéen catalan ce long week-end de l'Ascension, pour se rendre compte que les immatriculations du département (66) ou des départements limitrophes (11-34-09) étaient minoritaires. Nombre de véhicules portaient l'immatriculation correspondant à Paris ou à un département de la couronne parisienne.

La distance des 100 kilomètres avait été allègrement franchie par leurs utilisateurs, sauf à penser que tout ce monde s'était, dès la mi-mars, « confiné » sur nos côtes.

J'imagine plutôt que le trafic Paris-Province avait été intense à l'approche du long week-end et qu'il en avait été de même en sens inverse, pour ceux qui, dès le lundi, retrouvaient leur poste de travail. Au nez et à la barbe des policiers chargés des contrôles ? Manifestement, la trique n'avait pas été dissuasive.

Bien sûr, j'entends l'argument selon lequel beaucoup de ces supposés tricheurs, étaient restés sagement confinés dans leur petit logement parisien ou banlieusard durant plus de deux mois. Les mêmes, jusqu'au 11 mai, n'auraient pas fait plus d'une sortie quotidienne dans le strict respect de l'attestation qu'ils avaient consciencieusement remplie et signée et dès lors, aspiraient profondément à  pouvoir humer l'air iodé au bord du « mare nostrum ».                                                                                            Errare humanum est... mais attention, perseverare diabolicum !

Autre exemple, début mai, une vive polémique a opposé la grande distribution aux organisations représentatives des professions hospitalières. Ces dernières, reprochaient à plusieurs grandes surfaces d'avoir stocké des masques alors qu'on en manquait cruellement dans les hôpitaux et les cabinets médicaux. Nombre de soignants ont d'ailleurs payé de leur vie cette situation.

Les représentants de la grande distribution, se sont bien sûr indignés qu'une telle accusation puisse être portée contre certains de leurs membres. Selon eux, ces derniers avaient tout simplement été précautionneux et soucieux de la bonne santé de leurs clients. Ils avaient donc passé les commandes qui leur ont permis, dès que cela a été possible, de répondre aux demandes de masques.

Il n'y avait eu de leur part, aucune tentative de tirer un quelconque profit de la situation... même s'il fallut que le pouvoir intervienne pour que le prix des masques soit plafonné et qu'on évite une spéculation qui aurait été bien mal venue.

Toutefois, les « stocks cachés » dénoncés par les professionnels de santé n'ayant pas fait l'objet d'une enquête, le monde de la grande distribution ayant été cru sur parole, il ne fut pas nécessaire de recourir à la trique, pour sanctionner d'éventuels manquements aux règles élémentaires de l'éthique.

Dernier exemple à méditer, la polémique enfle sur le comportement d'un nombre important d'employeurs qui auraient profité de la situation pour faire travailler pendant le confinement leurs salariés, notamment les cadres, à plein régime (certains disent à sur-régime), aux frais du contribuable.

En France, nous sommes le seul pays au monde à avoir adopté des mesures permettant aux salariés, jusqu'à la fin du mois de mai et au-delà pour certains, de percevoir depuis le 17 mars, 84 % de leur salaire net au titre de l'indemnisation du « chômage partiel ». Environ 12 millions de salariés ont ainsi pu profiter de cette disposition ce qui a permis de limiter le nombre des faillites ainsi que celui des suppressions d'emploi et aux bénéficiaires, de conserver l'essentiel de leur pouvoir d'achat. Le coût provisoire pour les finances publiques vient d'être réévalué à 11 milliards d'euros !

Or, 25 % ou plus des salariés ayant perçu le « chômage partiel », auraient été contraints par leur employeur de poursuivre leur activité notamment dans le cadre du télé-travail, leur rémunération étant assurée par l'indemnisation perçue de l'Etat c'est-à-dire par le contribuable. Un scandale !

Il reste à souhaiter que les tricheurs identifiés auront à répondre d'un comportement qui n'est pas sans rappeler ceux qui, durant la période 39-45, se sont enrichis au marché noir alors qu'au même moment, les jeunes français tombaient sous la mitraille. En l'espèce, la trique, en cas de poursuites pénales, pourrait en sus d'une forte amende, se traduire par une peine de prison allant jusqu'à deux ans. Mais, en fera-t-on usage ?

Heureusement, ces comportements concernent une minorité d'entre nous. Les optimistes s'en réjouiront en insistant sur l'attitude exemplaire de la grande majorité, les pessimistes le déploreront en pensant que les autres n'ont pas été en situation de profiter de ces libertés que l'on prend aussi facilement avec la loi, sans parler de la morale.

Si l'on regarde bien, de façon plus ou moins importante, chacun de nous ne s'est-il pas un peu retrouvé dans l'une ou l'autre de ces situations ?

Mais rassurons-nous, si le français  doit affronter le Covid-19, il sera épargné de la pluie de grenouilles ou de l'invasion des sauterelles, deux des châtiments que, selon les Textes,  les égyptiens auraient eu à affronter !

 

 

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