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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

« Et surtout, la santé ! »

 

Lequel d'entre-nous, plus particulièrement à l'occasion des vœux en début d'année, n'a pas utilisé la formule, en souhaitant de façon un peu routinière, le meilleur à l'un de ses proches.

Si l'on devait résumer la communication du Premier Ministre à l'Assemblée Nationale le 28 avril, on pourrait reprendre l'expression. Tellement la préoccupation sanitaire du pays a été le fil conducteur de son intervention même si la situation économique et les mesures qui, sur ce terrain, vont accompagner le "déconfinement", ont pu en pâtir. On lui reproche déjà d'être resté dans le flou !

Certes, le risque « d'écroulement » de l'économie a été évoqué dans l'hypothèse où le pays ne pourrait s'engager à bref délai, dans une sortie progressive du confinement compatible avec la reprise de la production.

Certes, sur le plan social, le système de chômage partiel qui permet aux salariés ne pouvant occuper leur emploi de percevoir 84 % de leur salaire, a été prolongé au-delà du 11 mai, jusqu'au 2 juin et le sera très certainement bien au-delà...

Il n'empêche que les mesures les plus significatives ont trait à notre santé et aux moyens de la préserver.

Et en premier lieu, la possibilité si les données médicales se sont dégradées à la date du 7 mai, de retarder le "déconfinement" ou d'en durcir les mesures d'accompagnement. La création d'une carte de France annoncée bicolore, en fait tricolore, va dans le même sens.

Un autre exemple, le décalage dans le temps pour les élèves des collèges et lycées, du retour aux pupitres. La date d'une réouverture des établissements les 11 ou 18 mai paraissait prématurée pour la plupart des acteurs et des parents d'élèves, leurs préoccupations ont été prises en compte.

Peut-être aurait-il fallu faire de même pour l'ensemble des élèves tout en préparant au mieux, dès à présent, une rentrée de septembre qui pourrait être à hauts risques ! N'aurait-on pas alors reproché à nos dirigeants de sacrifier les enfants les plus défavorisés pour qui, le lien avec l'école doit être rétabli au plus tôt ?

Mais on pourrait aussi évoquer le système qui sera en vigueur à compter du 11 mai, concernant le port des masques, la pratique de tests ou l'organisation des transports collectifs. Toutefois, bien des interrogations demeurent et ne seront levées qu'à l'usage. Pourrait-il en être autrement ?

Après moult hésitations, la prise en considération des réalités locales pour définir les modalités de lutte contre le virus, va dans la bonne direction. L'échelon de la commune est celui situé au plus proche des réalités donc au bon endroit pour prendre les bonnes décisions. Tant pis pour le jacobinisme que l'on présente (à tort) comme la panacée à nos questionnements.

Quand Jupiter cède sa place à Sophrosynè,  divinité de la modestie et de la tempérance !

Enfin, le report à une date ultérieure de la mise en place du traçage de la population, me parait une sage décision. Comme je l'évoquais dans mon billet « Anxiété, Sécurité, Responsabilité » publié le 11 avril dernier, ce dispositif limitera nos libertés fondamentales, notamment celle de se déplacer comme on le souhaite. Une telle mesure suppose qu'un vote préalable de la représentation nationale intervienne sur ce projet spécifique. Diluer ces dispositions dans l'ensemble du texte soumis au vote de l'Assemblée le 28 avril, aurait affaibli la portée du vote sollicité. Il est donc heureux qu'Edouard Philippe ait changé de position et prévu un nouveau débat suivi d'un vote pour l'adoption d'un projet limitant dans l'immédiat nos libertés et susceptible de les entraver durablement.

Alors que le débat porte déjà sur ce que sera la France de demain, l'intervention du Premier Ministre aura rappelé la priorité du moment : protéger notre santé dans l'attente de jours meilleurs. Très certainement pas avant plusieurs mois pour la mise au point d'un remède efficace, pas avant un an ou plus pour qu'un vaccin soit disponible.

Ce message est d'autant plus important que selon les dernières estimations, 30 à 40 % des patients en réanimation, ne survivent pas ( estimation conduite par le Réseau européen de ventilation artificielle). Chiffre très différent de celui qui avait été annoncé à la mi-avril par le Directeur général de la santé qui avait évoqué un taux de 10,37 %. Ces chiffres doivent être rapprochés du nombre de personnes en réanimation dans l'ensemble du pays soit 4 500 à la date du 28 avril.

Un autre chiffre préoccupe, celui du nombre de personnes détectées infectées quotidiennement soit, 3 000 à l'heure actuelle. C'est ce chiffre qui sera surveillé minutieusement dans les jours qui viennent. Il devrait baisser jusqu'à 1 900 d'ici le 11 mai et pourrait, si à la date du 7 mai il a évolué défavorablement, amener l'exécutif à réexaminer la mesure de "déconfinement" ou, plus exactement de « desserrement du confinement », devant entrer en vigueur 4 jours plus tard.

Lors des vœux de janvier prochain, nous donnerons un contenu moins mécanique et une signification moins convenue, à ceux à qui nous les adresserons. Pour certains d'entre nous, cette crise est l'occasion de prendre conscience de notre âge et pour ceux de ma génération, des fragilités qui en découlent. J'avais eu tendance à sous-estimer cette donnée.

Pour beaucoup, la situation actuelle permettra de revoir notre échelle de valeurs, nos priorités, nos choix.

On a tendance à oublier ce sablier qui accompagne chacun de nous et dont on ne connait heureusement pas le terme.

Essayons de vivre avec nos doutes, nos convictions, nos contradictions, mais aussi nos interrogations sur un monde que nous pensions connaître et qui s'est trouvé bouleversé par l'infiniment petit jusqu'à être invisible.

Un peu décontenancé par la situation, m'est revenue en mémoire la devise du regretté Pierre Desproges : « Vivons heureux en attendant la mort ». Mais y a-t-il une autre alternative ?

 

 

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