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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

Et pendant ce temps-là ....

 

Voici bientôt deux mois, le Secrétaire Général de l'ONU lançait un appel à la planète pour un « cessez-le-feu immédiat partout dans le monde » afin de faire de la lutte contre le Covid-19, la priorité des priorités.

« Posez les armes, faites taire les canons, mettez fin aux frappes aériennes » avait-il lancé.

Si soixante-dix pays on adhéré à la proposition de cessation des hostilités, force est de constater que les pays les plus impliqués militairement dans les principaux conflits (Etats-Unis, Russie, Syrie, Iran...), pas plus que les principaux mouvements terroristes (Etat-Islamique, Al-Qaïda, Boko-Haram), ne se sont montrés disposés à faire une pause dans les combats.

Antonio Guterres a admis la situation, reconnaissant qu'  « un immense fossé demeure entre les déclarations et les actes ».

Au Yémen où se déroule la « pire crise humanitaire » de la planète, le pays s'est au contraire enfoncé d'avantage dans la guerre civile. Alors que dans le Nord les rebelles houthistes occupent la capitale Sanaa et progressent, dans le Sud, autour d'Aden, le front emmené par l'Arabie Saoudite s'est fissuré. L'une de ses composantes, le Conseil de transition, qui souhaite la création d'un Etat indépendant, a formé une déclaration d'autodétermination par rapport au pouvoir du président yéménite Abdrabbo Mansour Adi, réfugié à Ryad. Dans la capitale saoudienne, on ne parvient pas à s'extraire du bourbier yéménite.

En Syrie et en Irak, les djihadistes de l'Etat Islamique multiplient les attentats et progressent sur le terrain.

En Irak, le 1er mai, l'Etat islamique a mené un assaut contre plusieurs barrages des unités de la Mobilisation populaire irakienne, une force gouvernementale dominée par les milices chiites, près de Samarra à 100 kilomètres au nord de Bagdad.

En Syrie, dans une prison d'Hassaké au nord-est du pays, une mutinerie a éclaté dimanche 3 mai. C'est là que se trouvent détenus des membres étrangers de l'EI tombés entre les mains des kurdes composant les Forces démocratiques syriennes à dominante kurde.

On parle par ailleurs d'une hécatombe dans les prisons et centres de détention, liée à la pandémie de Covid-19. Celle-ci, ainsi que la forte montée des tensions entre les Etats-Unis et l'Iran, pourraient dans un avenir proche, constituer un terrain favorable à la multiplication des attentats terroristes.

En Afghanistan le 12 mai a été marqué par deux attentats ayant fait des dizaines de morts. A Kaboul c'est un hôpital qui a été attaqué alors que dans l'Est du pays, on s'en est pris à un convoi funéraire. Le soir même, le président afghan Ashraf Ghani annonçait la reprise de l'offensive des forces gouvernementales contre les talibans.

En Libye, les forces du maréchal Haftar soutenues par la Russie, ont poursuivi leur offensive contre le gouvernement de Tripoli, soutenu par la Turquie. Le 27 avril, le maréchal Haftar a déclaré qu'il disposait d'un « mandat du peuple » pour gouverner seul le pays. Le Gouvernement d'Union Nationale du Président Fayez Al-Sarraj, a dénoncé une « farce et un nouveau coup d'Etat ». On le voit, près d'une décennie après la chute de Kadhafi, la crise libyenne a encore de beaux jours devant elle...

En Birmanie, dans le nord-est de l'Etat d'Arakan déjà marqué par la tragédie lors de la répression militaire qui s'est abattue contre la minorité musulmane des Rohingya dont 800 000 de ses membres ont été contraints de trouver refuge au Bangladesh, un autre conflit redouble de violence. Sur fond d'épidémie de Covid-19, ce conflit oppose la guérilla des combattants de l'Arakan Army qui lutte pour obtenir un statut d'autonomie à l'armée birmane.

Ce sont comme souvent, les populations civiles qui paient un prix élevé à la guerre. Ainsi, l'ONG Arakan Information Center a comptabilisé 45 morts non combattants pour la seule première moitié du mois d'avril.

Au même moment, le gouvernement du Bangladesh profite de la pandémie pour faire débarquer 29 membres de la minorité ethnique des Rohingya sur une île dans le golfe du Bengale, terre insalubre, apparue il y a une vingtaine d'années par accumulation de sédiments charriés depuis l'Himalaya. L'objectif est de désengorger les camps de réfugiés. Quitte à les transférer en un lieu promis à la disparition sans qu'à aucun moment le Haut Commissariat aux Réfugiés ait été informé.

Toutefois, c'est bien l'attitude de Washington, Pékin et Moscou , trois des cinq membres permanents du Conseil de Sécurité de l'ONU, qui constitue l'obstacle majeur à une quelconque initiative diplomatique en faveur de la paix.

L'affrontement des Etats-Unis et de la Chine sur fond de « fake news », fait obstacle à l'adoption de toute résolution de l'ONU sur la crise provoquée par le Covid-19.

La Russie de Poutine, impliquée dans des opérations militaires tant en Syrie, en Libye qu'en Ukraine, n'entend pas y mettre un terme pour cause de pandémie.

Il en est de même pour l'administration Trump engagée dans un violent bras de fer en Irak contre l'Iran et qui par ailleurs, n'entend nullement faire obstacle aux opérations militaires d'Israël dans les Territoires palestiniens ou en Syrie.

Comme on le voit, cette situation a une conséquence, la paralysie de l'ONU. Cette institution, créée le 25 juin 1945 sur les décombres de la deuxième guerre mondiale, qui regroupe aujourd'hui 193 Etats et dont le but premier est … la préservation de la Paix dans le monde.

Une tache bien difficile à accomplir, y compris lorsque son Secrétaire Général exhorte les pays les plus influents qui la composent, les membres du Conseil de Sécurité, à assumer leurs responsabilités.

 

 

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