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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

Le songe d'une nuit de printemps.

    A la Une du Monde, 31 mars 2020

 

C'était dans la nuit du 31 mars au 1er avril me semble-t-il. Je ne saurais dire où.

Je parcourais la ville et croisais des monuments ayant marqué mon imagination mais leur environnement avait totalement changé. En outre, je les découvrais dans un contexte inhabituel et peu compréhensible.

La cathédrale Notre Dame n'avait pas été incendiée et en raison d'une épidémie qui avait frappé il y a bien longtemps le pays, avait été transformée en annexe de l'Hôtel-Dieu, l'hôpital situé il est vrai à proximité.

Les Kebabs et autres Starbucks avaient disparu et laissé place à des commerces tenus par des auvergnats venus vendre le charbon et proposant au client un canon de rouge.

Un peu plus loin, une autre cathédrale. Celle-ci aurait été construite pour célébrer l'écrasement par une église catholique corrompue, de ce que l'on appela au XIII ème siècle l'hérésie cathare. En réalité, des croyants qui voulaient que l'église retrouvât sa pureté originelle, prônant la pauvreté et la chasteté et qui s'étaient révoltés contre l'hégémonie et la cruauté du pouvoir royal.

Au pied du « vaisseau », on tourne un film. Me mêlant aux badauds, je reconnais Stellio Lorenzi derrière la caméra. Celle-ci reviendrait-elle sur un fait historique aussi lointain ? Je me demande qui pourrait aujourd'hui s'intéresser à un tel événement. Je découvrirai que cette production rassembla un large public sur le petit écran et fit le succès d'une émission à l'époque dénommée « La caméra explore le temps ».

Peu de circulation dans les rues de la ville, juste des commerçants allant rejoindre leurs emplacements sur le marché couvert à proximité, pour vendre leur production. Parmi eux, je croisais Chantal ma fromagère.

Plus loin encore, je retrouvais le parc Robert Ballanger pour un footing avec mes amis Claude et Pierre. Les usines Citroën à proximité immédiate du parc avaient repris leur production. La fabrication de la bonne vieille "Deudeuche" avait donc été relocalisée en France.

Notre parcours sportif terminé, nous décidions d'aller retrouver Larbi qui, dans son restaurant « Au Soleil d'Or », proposait un délicieux couscous, « royal » s'il vous plait.

Me dirigeant ensuite vers le centre du bourg, je retrouvais Rosario, mon cordonnier qui avait levé le rideau de son atelier après des années de sommeil, la quincaillerie Bretin qui depuis bien longtemps avait disparu, le parfumeur qui avait ressorti son panneau publicitaire vantant les vertus de la brillantine  « Forvil ».

Voilà que sur mon chemin, se présentait le Castillet, construction du XIV ème siècle. Comme tout bon catalan le sait, cette forteresse fut utilisée comme prison d'Etat, lorsque Louis XI occupa le Roussillon.

Le vélo avait envahi la ville. A un point, que je me crus un moment dans l'une des rues d'Amsterdam conduisant vers le Rijksmuseum. Je me ravisais bien vite. En effet, quelques pas plus loin, je me retrouvais sur la place de la Loge  qui sentait bon la méditerranée.

Les passants s'arrêtaient ébahis devant la « Vénus au collier » cette magnifique sculpture de Maillol qui illumine l'ancienne Loge de mer. Je crus bien reconnaître le Maître au bras de Dina, dans la foule qui admirait l'oeuvre. Il arborait sa belle barbe blanche et portait le béret solidement vissé sur sa tête.

Tout au long de mon parcours, je réalisais combien ce monde avait changé. La voiture avait pratiquement disparu de la cité, les commerces d'alimentation avaient réinvesti les rues, de nombreux ateliers avaient vu le jour aux lieux et place des établissements financiers qui pullulaient il y a encore peu. La crise et la pandémie étaient certainement passées par là.

La foule se pressait chez le boucher, le pain fraîchement sorti du four embaumait la rue, l'étal de l'épicier regorgeait des premiers légumes du printemps.

Et puis, ô surprise, les passants s'arrêtaient pour échanger, prendre des nouvelles, interpeller le menuisier qui devait achever la table commandée et avait pris un peu de retard, féliciter Denis le ferronnier à qui on avait confié la charrue pour être réparée, tache qu'il avait accomplie avec talent et dans un temps record.

Etais-je revenu cinquante ans en arrière ? Etait-ce le monde de demain qui se dessinait ?

Une certitude, je n'avais pas rêvé d'un monde idéalisé, à jamais révolu, mais plus sûrement d'un monde à reconstruire, sur les cendres de celui qui venait de disparaître dans un cataclysme ayant provoqué une prise de conscience planétaire.

Je compris que cette prise de conscience passait par Paris, Aulnay-sous-Bois, Albi, Perpignan, Latour de France puis, franchissait allègrement les Pyrénées jusqu'à faire le tour du monde.

Le voyage onirique qui s'achevait m'avait-il entrouvert le monde de demain ?

PS : Les noms et prénoms des personnages cités ne sont nullement le fruit de mon imagination.

 

 

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J
Tu parles d'optimisme, peut-être faudrait-il parler d'inconscience.
Plus sérieusement, il faut lire le texte au second degré pour laisser apparaître le désenchantement avec, tout de même, une note, mais une seule, d'espoir.
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J
Comme tu es optimiste Jean José ! Je l'ai toujours été, et j'aimerais l'être encore !
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