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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

L'IA au service de l'Homme ?

 

Mardi 21 avril, Arte proposait deux documentaires qui ne manquent pas de nous laisser perplexes sur le monde de demain. Que dis-je ... sur le monde qui, dès à présent, se construit dans un certain nombre de pays.

En fait, c'est une révolution qui a pris naissance dans les pays les plus avancés, en compétition pour la maîtrise des technologies de surveillance.

Si le sujet vous intéresse et si vous ne les avez pas vus, ne manquez pas

« Tous surveillés : 7 milliards de suspects » et « IHuman. L'intelligence artificielle et nous ».

Il s'agit essentiellement de la lutte que se livrent les Etats-Unis et la Chine par firmes interposées (Google, Amazon, Facebook, Apple, Huawei....) pour prendre le leadership dans le domaine de l'Intelligence Artificielle. La Chine compte une longueur d'avance et espère la conserver (voire l'accroître) pour devenir sous peu l'acteur principal en matière économique sur le plan mondial.

Derrière cette compétition, ce sont nos libertés qui seront fatalement impactées par les progrès d'ores et déjà accomplis et les avancées à venir, notamment dans le domaine de la robotique.

Dès à présent, la reconnaissance faciale, vocale et même de la démarche, permet de vous identifier, de vous localiser, de vous contrôler.

En Chine aujourd'hui, ce sont 600 millions de caméras (soit une pour deux habitants) qui sont utilisées pour la surveillance de l'ensemble de la population. Certes, les promoteurs de ce programme insistent sur les applications en matière de lutte contre la criminalité ou le terrorisme (un individu peut être identifié même s'il a été filmé de dos). Les algorithmes permettent même de prédire les crimes avant qu'ils ne se produisent.

Toutefois, les reportages diffusés montrent également que ce mode de reconnaissance est utilisé par les autorités dans la répression qui s'exerce notamment contre les Ouighours dans la province du Xinjiang. Plus d'un million de contestataires se trouveraient actuellement détenus dans des centres de rééducation. Les défenseurs des Droits Humains s'émeuvent régulièrement de leur situation et de l'impossibilité d'intervention .

Autre illustration des atteintes aux libertés, la mise en place d'un « crédit social ».

Chaque citoyen se voit attribuer une note qui variera en fonction de son comportement. La traversée non autorisée dans un passage protégé vous pénalisera jusqu'à vous priver de la possibilité de souscrire un prêt ou d'accéder à un logement. Par contre, la délation est favorisée et récompensée : votre note augmentera sensiblement et vous pourrez accéder à différents avantages !

Le must, c'est de se voir reconnu « Citoyen modèle » dans votre cité : votre visage est alors affiché dans les rues en récompense d'un comportement qui a été jugé des plus civiques par les autorités locales.

A l'autre extrême, les portraits des délinquants ou des « potentiellement déviants » sont placardés dans les lieux de passage comme les centres commerciaux. L'intéressé se voit même attribuer une sonnerie téléphonique stridente qui signalera à ses correspondants son statut de « mauvais citoyen ». Georges Orwell est presque dépassé.

D'ores et déjà, ce système fonctionne dans l'Empire du milieu. Goguenard, son concepteur exposait devant les caméras du documentariste, que si ce système avait été en vigueur en France, nous n'aurions pas connu l'épisode des gilets jaunes.

Encore mieux, les chercheurs un peu partout dans le monde, sont en train de mettre au point des robots dont l'intelligence dépassera celle de leurs concepteurs. L'homme ne maîtrisera plus sa création, c'est cette dernière qui sera en mesure de commander l'être humain.

Qui d'entre-nous, en classe de Terminale, n'a pas eu à plancher sur le constat fait par Rabelais :

« Science sans conscience n'est que ruine de l'âme » !

La voiture sans chauffeur, la possibilité de confier à un robot toutes les taches accomplies à l'heure actuelle par l'individu, posent dès à présent la question de la place qu'occupera ce dernier dans la société.

A l'instar de toutes les innovations, l'IA provoque déjà une méfiance populaire qui se traduit par la crainte que les robots ne privent définitivement la population de ses emplois.

Dans le domaine militaire, on mesure également l'intérêt de la compétition en cours. L'usage de drones, le cyber-espionnage, constituent dès à présent des armes utilisées sur les terrains d'affrontements.

Un vaste et incontrôlable développement des fake-news visant à déstabiliser l'adversaire, affaiblir le concurrent, est déjà en oeuvre. Lors des élections présidentielles aux Etats-Unis, on a eu un aperçu de ce que pouvait produire la manipulation de l'information. Ce n'est qu'un début !

On pouvait espérer que l'IA ouvrirait des possibilités jusque-là insoupçonnées dans la recherche médicale, dans les techniques nouvelles permettant aux personnes handicapées de gagner en autonomie. On conçoit aussi les avancées pouvant être réalisées dans la découverte de l'univers.....

Cantonnée à ces domaines, cette révolution technologique constituerait, en effet, un grand progrès au bénéfice de l'humanité. D'autant que cette révolution est en cours et on ne voit pas très bien comment elle pourrait être stoppée.

Certains préféreraient dire qu'on ne peut «  faire rentrer le génie dans la bouteille ».

Par contre , le danger peut venir des Etats qui maîtriseront l'IA et dès lors décideront de l'usage qu'ils peuvent en faire.

On n'oubliera pas que les dirigeants actuels des pays les plus puissants de la planète ont nom Trump, Xi-Jinping, Poutine. Moins puissants mais tout aussi dangereux nous trouvons les Modi, Erdogan, Bolsonaro et ceux que je classerais dans la catégorie des voyous les Kim Jong-un, Bachar Al-Assad et le futur roi d'Arabie Saoudite MBS dont on a vu, dans un passé récent, qu'il ne reculerait devant aucune vilenie.

Dès lors, la question se pose de savoir s'il est possible d' instituer un contrôle de l'usage de la haute technologie qui régira le monde de demain. Le rapport de forces est presque toujours ce qui détermine les possibilités d'agir. Aujourd'hui, il n'est clairement pas en faveur des droits humains et du respect des engagements internationaux.

Nos institutions permettront-elles, de jouer le rôle de contre-pouvoirs pour éviter des dérapages qui mettraient en danger l'ensemble de l'humanité ?

La dernière période a mis en lumière les fragilités de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) dont on a appris qu'elle est sous forte influence chinoise. Le Président Macron, non sans raison, a récemment déclaré l'OTAN en état de « mort cérébrale ».

Quant à l'ONU qui devrait être à la pointe de la réflexion et des initiatives destinées à imposer le respect de normes sur la base de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme adoptée en 1948, on ne connait que trop les limites de son action. Elles résultent notamment de la règle de l'unanimité qui s'applique au sein du Conseil de Sécurité, paralysant ainsi sa prise de décisions. Règle que nul ne s'avisera de vouloir modifier sous peine de signer l'arrêt de mort de l'institution.

Chez nous, les mesures auxquelles le pouvoir réfléchit pour organiser le "déconfinement" de la population, comprennent notamment le « tracking » c'est-à-dire, la possibilité grâce à votre téléphone portable, de vous localiser et de contrôler votre entourage.

On nous dit aujourd'hui que ce traçage serait mis en place sur la base du volontariat et strictement limité à la durée de la crise. Je ne mettrai pas en doute que tel soit l'état d'esprit de nos dirigeants. Est-il pour autant absurde d'imaginer que certains puissent être tentés de lever ces garde-fous ? Et que dès lors, le provisoire devienne la norme ?

Aux Etats-Unis, consécutivement aux attentats du 11 septembre, une législation d'exception a été votée par le Congrès américain, le « Patriot Act », limitant nombre de libertés. Or, vingt ans après, l'essentiel de ces dispositions est encore en place. Toutefois, qui contesterait que la première puissance mondiale est une démocratie ?

Il sera très difficile de parvenir à un équilibre entre l'indispensable protection des libertés et les aspects positifs de l'IA, notamment en matière de sécurité.

Et pourtant, l'enjeu de cette recherche, est ni plus ni moins la survie de l'espèce humaine.

 

 

 

 

 

 

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