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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

2020 Annus Horribilis pour le Président ?

                                                 "Le jour d'après ne ressemblera pas au jour d'avant..."

 

Il faut dire qu'il y aura bientôt trois ans, on ne le vit pas arriver. Il n'avait jusque-là exercé aucun mandat électif. Sous le quinquennat précédent il avait été tout d'abord secrétaire général adjoint de l'Elysée puis Ministre de l'Economie mais de là à imaginer la suite !

Et puis, ce fut l'alignement des planètes : Valls éliminé à la primaire socialiste après le renoncement de Hollande à se représenter, Juppé et Sarko éliminés à la primaire de la droite.

La suite fut du même tonneau. Fillon qui expose en plein vol, Hamon qui après sa désignation tardive gaspille son temps en tentant de ramener à lui Mélenchon. Entre les deux tours Marine qui pète les plombs lors du débat télévisé.

Et voilà à l'âge de 39 ans celui qui se définira comme « président jupitérien », s'installant à l'Elysée. Le 14 mai 2017, la cérémonie d'investiture et la marche solitaire du nouveau Président sur l'esplanade du Louvre, rythmée par l'hymne européen «L'Ode à la Joie », ne manquait pas d'allure.

On se prit à rêver. Après tout, pourquoi pas ? La droite et la gauche étaient en miettes, l'idée qu'une majorité pouvait se retrouver sur des solutions puisées dans les deux camps pouvait paraître séduisante. Nous étions dans le « et de droite et de gauche ». La majorité qui sortit des législatives qui suivirent, reflétait assez bien cet état d'esprit et cette situation.

Dès l'été 2017, quelques sonneries d'alarme retentirent aux oreilles de gauche. Diminuer de 5 € l'aide au logement perçue par ses bénéficiaires, supprimer l'ISF ou plutôt, le transformer en un Impôt sur la Fortune Immobilière, au motif que les fonds détenus à l'étranger seraient rapatriés en France pour être investis dans l'économie, en laissa plus d'un sceptique.

Et pourtant, la France avait besoin d'être réformée et pour une fois, nous avions un Président qui s'y attelait.

 

Sur le plan européen, le Royaume-Uni ayant décidé de larguer les amarres, la Chancelière allemande ayant été affaiblie par la crise migratoire et sa prise de position courageuse, la France et son jeune Président pouvaient prétendre influencer de manière décisive les institutions de l'Union. Tant sur le plan migratoire, qu'en ce qui concerne la politique étrangère de l'Union, la nécessité d'une défense commune, la bataille économique et stratégique au plan international, on sentait bien que l'Europe avait une carte à jouer et qu'Emmanuel Macron pouvait être l'homme de la situation. Et pourtant...

Je pense qu'il faut retenir la date du 1er mai 2018 et les prémices de ce qui deviendra l'affaire Benalla pour situer le moment où les choses commencèrent à basculer. Il faut dire que depuis, les événements se sont enchaînés.

Fin 2018 ce furent les « gilets jaunes » et leur déchaînement de violences qui occupèrent l'actualité.

Tous les samedis, nos écrans télé retraçaient les scènes d'affrontements qui se produisaient à Paris ou en province.

Lorsque dans la capitale, la tombe du soldat inconnu fut profanée, lorsqu'au Puy-en-Velay la préfecture fut incendiée, on sentit la République vaciller.

Il fallut un grand débat national et 17 milliards à la clé pour que l'on sente le soutien de l'opinion publique à ce mouvement qui avait oscillé autour de 70 % de la population, commencer à s'effriter.

C'est avec le projet de réforme des retraites que la grogne sociale reprit peu après de plus belle.

Et pourtant, lorsqu'il fut question de réformer les retraites et de s'attaquer à la quarantaine de régimes spéciaux, l'opinion publique était majoritairement favorable.

Une consultation menée par le Haut Commissaire Christian Delevoy pendant deux ans dans un contexte consensuel, avait abouti à la remise d'un rapport qui, pensait-on, ouvrait la voie à une réforme depuis longtemps repoussée et qui désormais, pouvait voir le jour sans susciter un drame national.

On s'aperçut bien vite que nombre d'interrogations restaient sans réponse. Comment financerait-on la réforme ? Après de nombreux jours de grève et d'hésitations, le gouvernement accepta la demande de Laurent Berger concernant l'organisation d'une conférence de financement.

A quel âge obtiendrait-on la retraite à taux plein ? Il fallut plusieurs journées de manifestations pour que le gouvernement accepte l'abandon de la référence à « l'âge pivot » pour se référer uniquement au nombre de points accumulés tout au long d'une carrière.

Petit problème, le prix du point n'était pas défini de telle manière que le projet de réforme arriva en discussion devant le Parlement alors même que nombre d'interrogations subsistaient.

Jusqu'en début d'année, les grèves paralysèrent le secteur public alors que la côte du Président chutait pour atteindre 31,8 % en janvier 2020. On ne voyait pas très bien comment Emmanuel Macron pourrait rebondir avant la fin de son mandat.

Et pourtant, dès septembre 2017 une initiative aurait pu modifier le cours des choses : une mission portant sur les quartiers prioritaires avait été confiée à l'ancien ministre de la ville Jean-Louis Borloo qui s'était retiré de la vie politique.

Le travail de réflexion mené avec des élus de tous bords et les associations, aboutit à la remise en avril 2018 au Premier Ministre d'un rapport qui suscita de nombreux espoirs. 19 programmes thématiques étaient abordés portant sur la rénovation urbaine, l'éducation, la mobilité, la sécurité et la justice, les entreprises et l'emploi, l'égalité et la mixité...

Allait-on découvrir à cette occasion la jambe gauche du Président ?

Ce rapport qui constituait un vrai programme destiné aux banlieues et aux oubliés de la République, celui qui fut très vite appelé « le président des riches » s'empressa de l'enterrer. Les commentateurs parlèrent « d'humiliation » pour le travail produit sous la responsabilité de Jean-Louis Borloo.

Une occasion manquée qui précéda de peu l'apparition des « gilets jaunes »...

Après cinq semaines de confinement pour cause de pandémie de Covid-19, la situation économique et sociale a pour noms : chômage partiel, suppression d'emplois, endettement, perte de revenus, déficits colossaux.

C'est dans cet horizon bien sombre, qu'une lueur d'espoir est apparue jeudi 9 avril lors de la remise au chef de l'Etat et au chef du Gouvernement des 50 premières propositions formulées par la Convention citoyenne pour la transition écologique constituée en octobre 2019 et qui regroupe 150 citoyens tirés au sort.

Alors que le « déconfinement » se profile à l'horizon de la mi-mai, que le redémarrage de l'économie est espéré pour les prochaines semaines, il y avait urgence à faire connaître les mesures qui, selon les membres de la convention, doivent constituer un nouveau modèle de société qui ne sacrifie pas le climat, l'humain et la bio-diversité aux impératifs de la relance économique.

Ces premières propositions concernent la rénovation des logements, la lutte contre l'étalement urbain, la place de la voiture individuelle, la promotion des circuits courts et d'une alimentation durable, les freins à la surconsommation, l'accélération de la transition vers une économie décarbonée.

Une centaine d'autres propositions devraient, lorsqu'elles seront adoptées, être formulées.

Après la remise du rapport Borloo, l'entourage présidentiel fit savoir que « l'enjeu n'est pas de réinventer de grands dispositifs » et qu'en tout état de cause, le gouvernement n'avait « pas attendu le rapport Borloo pour agir ». Une fin de non recevoir qui manquait d'élégance...

Qu'en sera-t-il des propositions de la Convention ?

Les mesures qui seront prises par le pouvoir dans les prochaines semaines jetteront les bases de ce que sera « le jour d'après » ou mieux, la France de demain.

Commettra-t-on une nouvelle fois les mêmes erreurs ? Aura-t-on tiré toutes les conséquences de la situation inédite que nous vivons ? La réponse ne tardera pas.

 

Alors que pour le Président les deux dernières années de son mandat s'annonçaient à hauts risques, pourquoi ne pas rêver que l'Annus Horribilis à laquelle on se préparait, par l'effet d'un virus dévastateur venu de Chine, se soit métamorphosée en Annus Aureus.

Et si c'était le départ d'un nouvel acte du quinquennat ?

 

 

 

 

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N
les thèmes évoqués dans le rapport Borloo qui comme toujours s'est présenté comme l'homme indispensable ont tous été traités dans des réformes ambitieuses dont je suis surpris qu'elles soient occultées , autrement dit Borloo enfonçait comme souvent des portes ouvertes
la biodiversité , c'est bien mais les victimes de la dengue qui se comptent par milliards n'apprécient peut--être pas le moustique tigre , celles du covid les chauves souris et les pangolins et les éleveurs de moutons la réintroduction de l'ours
il faut savoir si la planète est faite pour les hommes ou pour les virus
parmi les propositions de ces 150 français qui ne représentent qu'eux mêmes , ne pas prendre l'avion ( je le fais déjà ) mais combien de millions de chômeurs dans le monde si on l'applique demain dans le tourisme , les compagnies aériennes, les constructeurs , etc sans compter la frustration des voyageurs impénitents!!!
nous avons en mars et avril 2020 le modèle de la société voulue par les écologistes , les français diront si c'est ce modèle qu'ils appellent de leur vœux : décroissance , repli sur soi , baisse drastique du niveau de vie, etc
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