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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

Le Poison.

     Socrate au secours de notre temps...

 

Paracelse (1493-1541), le fondateur de la toxicologie, considérait que « toutes les choses sont poison et rien n'est sans poison ». Tout était, selon lui, question de dosage;

Certains y ont succombé, d'autres ont résisté.

Socrate, accusé de pervertir les jeunes athéniens par son idéologie, a bu une décoction à base de ciguë qui lui fut fatale.

Démosthène se suicida par empoisonnement.

Sous la Russie tsariste, Raspoutine résista à une dose massive de cyanure. Qu'à cela ne tienne, il périt par les armes.

Plus près de nous, en 2017 à l'aéroport de Kuala-Lumpur, Kim Jong-nam, demi-frère du débonnaire Kim Jong-un, fut empoisonné par l'agent VX.

Le coronavirus contre lequel la Chine et la communauté internationale luttent afin d'empêcher sa propagation, constitue, à l'heure actuelle, une « menace pour la planète » comme vient de le déclarer l'Organisation Mondiale de la Santé. Un drôle de poison...

Mais le poison du XXI ème siècle, ne s'en prend pas qu'aux organismes, il attaque avec virulence les esprits et l'on ne compte déjà plus les ravages qu'il provoque.

Dernier épisode en date, Erdogan menace d'attaquer « n'importe où » le régime syrien lequel, avec l'aide de la Russie, tente de reprendre la région d'Idlib, dernière poche rebelle limitrophe de la Turquie. Au prix de bombardements meurtriers et d'un exode que l'on évalue à 700 000 personnes.

Dans le même temps, le tandem Trump-Nétanyahou piétine le droit international et les résolutions du Conseil de Sécurité des Nations-Unies pour imposer aux palestiniens une solution qui les prive à jamais d'un Etat souverain aux cotés de celui d'Israël (mon Billet d'Humeur du 7/02/20 : La Plaisanterie).

Depuis la fin de la deuxième guerre, convenons-en, l'Europe, comparée aux autres continents, a su bâtir un espace de paix et de stabilité.

Rien ne dit que cet état de fait perdure. Bien au contraire, de nombreux signes montrent que nous sommes entrés dans une zone de turbulences dont on imagine mal l'issue.

Voici plus de deux ans que par referendum, le Royaume-Uni a décidé de larguer les amarres de l'Union Européenne. Avec l'accession de l'imprévisible Boris Johnson au poste de Premier Ministre, on peut avoir de sérieux doutes sur la qualité des futures relations que l'Europe parviendra à nouer avec nos « amis » britanniques.

L'exigence des écossais visant l'organisation d'un referendum pour obtenir leur indépendance, la victoire en Irlande du nord du Sinn Fein aux législatives du 8 février (le parti qui lutte pour la réunification de l'Irlande) ne sont que la manifestation des interrogations qui ont cours de l'autre coté du Channel.

Sans évoquer les déconvenues que la relation Trump-Johnson, annoncée comme la panacée, pourrait représenter pour les sujets de Sa Majesté.

En Italie, l'arbre ne saurait cacher la forêt. Le succès des Démocrates lors des élections régionales le 26 janvier dernier en Emilie-Romagne, terre traditionnellement de gauche, ne peut masquer la progression, au plan national, des intentions de vote en faveur de la formation d'extrême-droite la Ligue de Matteo Salvini.

Le risque est fort que lors des prochaines législatives, la formation de l'ancien ministre de l'Intérieur n'empoche la mise et que l'on retrouve Salvini au poste de Premier ministre du pays.

A moins que... le 12 février, le Sénat italien a donné son feu vert pour que des poursuites soient engagées à l'encontre de Salvini. Il lui est reproché d'avoir en juillet 2019 refusé le débarquement de 131 migrants sauvés dans le canal de Sicile et recueillis par un navire militaire italien. L'ancien ministre de l'Intérieur devrait donc répondre de « séquestration aggravée », si le Parquet de Catane décide de le renvoyer devant un Tribunal. Affaire à suivre...

La cerise sur le gâteau est venue d'Allemagne. En Thuringe, dans l'ancienne RDA, un violent coup de tonnerre, vient de secouer le monde politique. Le mercredi 5 février, le candidat libéral-démocrate a été élu à la présidence du Land avec les voix de la CDU, mais également, celles de l'AFD la formation d'extrême droite.

Que la CDU ait mêlé ses voix à l'extrême droite, a provoqué en Allemagne une grave crise politique. « AKK », celle qui devait succéder à Angela Merkel a renoncé à être candidate à la Chancellerie et annoncé qu'elle quittera la présidence de la CDU. Cette crise fait apparaître au grand jour les profondes divergences qui traversent la droite conservatrice allemande.

Une partie, fidèle à la ligne Merkel, se refuse à toute alliance avec l'AFD, ce parti xénophobe dont les dirigeants n'hésitent pas à tenir des propos révisionnistes. D'autres, verraient parfaitement une coalition de la Démocratie Chrétienne allemande avec l'AFD !

Si l'on ajoute au tableau les succès obtenus en Espagne aux élections régionales et nationales par le parti d'extrême droite Vox, on ne peut que s'inquiéter de l'évolution, dans un futur rapproché, de cet espace de progrès et de liberté qu'a constitué l'Union Européenne.

Sommes -nous, en France, mieux lotis que nos voisins et vaccinés pour l'avenir contre le poison de l'extrême-droite et des relents qu'elle véhicule ? Les souvenirs du nazisme, du fascisme, du franquisme nous renvoient à une histoire récente, née à l'intérieur des frontières de l'Europe, en Allemagne, en Italie, en Espagne.

A ce jour, s'il est une certitude, on peut la trouver à l'extrême droite où sa candidate sera présente au second tour de la prochaine présidentielle.

Pour le reste, c'est le flou le plus absolu. Le Président Macron sortira affaibli des deux dernières années qui ont vu se développer de larges mouvements de contestation à travers l'épisode des « gilets jaunes » et de la réforme des retraites. Les deux sujets qu'il a proposés pour la fin de son quinquennat, la Sécurité et l'Environnement, parviendront-ils à opérer le « rassemblement » qui fut son thème de campagne en 2017 ? D'autres propositions venues d'ailleurs, susceptibles de rassembler les français, émergeront-elles ?

A ce jour, difficile de se prononcer. Ce ne sont pas les derniers rebondissements, au moment où j'écris ces lignes, concernant les municipales à Paris, qui permettront d'y voir plus clair et viendront ramener un peu de sérénité et d'optimisme.

Quelque soit l'élu qui, dans deux ans, parviendrait à battre la candidate du Rassemblement National, s'ouvrira alors un immense chantier, celui de la refondation de notre Pacte Républicain.

Le récent débat sur la « liberté » de critiquer les religions, si nécessaire jusqu'au « blasphème », montre la difficulté de la tâche pour parvenir à définir les limites de la sphère des libertés.

La récente controverse qui a opposé les députés de la majorité à une partie du gouvernement concernant le délai et les conditions de prise en charge d'un congé lors d'un deuil parental, montre combien « l'égalité » reste toujours à conquérir.

Les débats actuels relatifs au communautarisme, au respect de l'autre, à la violence qui jour après jour gagne des pans entiers de la société, à la solidarité, nous montrent combien il est urgent de redonner du contenu à la « fraternité ».

Et que dire de la « laïcité » particulièrement malmenée en ces temps où l'intolérance devient la norme. Le grand discours présidentiel sur ce thème annoncé il y a déjà longtemps, semble être resté dans les cartons...

Dans son recueil de poèmes Les Fleurs du Mal, Baudelaire en écrivit un, intitulé "Le poison."

Dans ce poème largement axé sur la mort, Baudelaire y dénonce les paradis artificiels de l'époque et écrit :

              « Tout cela ne vaut pas le terrible prodige

                De ta salive qui mord,

               Qui plonge dans l'oubli mon âme sans remords,

               Et, charriant le vertige,

              La route défaillante aux rives de la mort ».

C'est bien le poison qui menace d'emporter sur les « rives de la mort » nos démocraties !

 

      Baudelaire

 

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