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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

Pierre. Toute ressemblance avec... et caetera...

 

Il a la cinquantaine, marié et père de deux gaillards qui font le bonheur du club de rugby local. Pierre, ne manque aucune occasion d'aller les applaudir lorsqu'ils jouent à domicile.

Depuis une vingtaine d'années Pierre travaille comme manutentionnaire dans une entreprise de transports située prés du marché Saint Charles à Perpignan.

Jusqu'à maintenant, il effectuait quotidiennement le trajet vers Perpignan et retour à son domicile grâce au TER. Un collègue de travail venait le prendre à la gare rendue célèbre par Salvador Dali qui en a fait « le Centre du Monde ». Après leur journée, Pierre revenait avec son copain jusqu'à la gare. A peine dix minutes d'attente et le train le ramenait chez lui où il retrouvait sa famille.Depuis plus d'un mois, contestation oblige, Pierre ne peut plus compter sur la SNCF et fait le trajet avec son véhicule.

Le trajet par train est bref, moins d'une demie-heure, peu fatigant et peu onéreux. Il faut dire qu'il y a maintenant plusieurs années, lorsqu'il était Président du Conseil Général, Christian Bourquin, a instauré un prix unique pour les déplacements par les transports en commun sur l'ensemble du département soit 1 €. Une mesure très appréciée par la population et qui, depuis, a été reprise par d'autres collectivités.

De plus, Pierre croise à la gare ou dans le train, de nombreux « camarades », employés de la SNCF ou simples passagers. Il aime ça. Il faut dire qu'en dehors des terrains de rugby, en matière de luttes, il en connait un bout.

Les quinquennats précédents, celui de Sarko, de Hollande ainsi que le mandat actuel de Macron, lui ont donné maintes occasions de fouler le pavé perpignanais derrière la banderole de la CGT.

Voici deux ans, lors des manifs contre la réforme de la SNCF, Pierre s'est confectionné une pancarte : « Macron Dégage ! ». Et depuis, il ne la ménage pas !

En 2017, lors de la présidentielle, le Pierre, a failli voter « Marine » au second tour . Alors Macron... Pour le premier tour, il avait évidemment voté pour le candidat de La France Insoumise.

Il ne cesse de le répéter, à Mélenchon, on lui a volé l'élection, Il en est persuadé. Son candidat aurait du être présent au second tour contre Marine si « le banquier de chez Rothschild » spécialiste de la « faque nious » comme on dit par chez nous, ne lui avait pas volé la place.

Voter pour Macron au second tour ? Il n'en a jamais été question. D'ailleurs, le patron de son syndicat, n'a à aucun moment, appelé à le faire. C'est tout dire...

Comme beaucoup dans le département, les parents de Pierre, sont arrivés en France en février 1939, lors de la Retirada, épisode de la guerre d'Espagne douloureusement vécu en Catalogne.. Avec des dizaines de milliers de leurs compatriotes, ils se retrouvèrent au camp d'Argelès où ils connurent la faim, le froid d'un hiver rigoureux, puis la deuxième guerre.

Par respect, Pierre n'osa pas lors du deuxième tour, se rendre au bureau de vote pour déposer le bulletin de son choix. A son corps défendant, une nouvelle fois, il déposa pour ce second tour le bulletin « Mélenchon ». Et tant pis s'il s'agissait d'un vote nul. Il se l'est promis, c'est la dernière fois qu'il a, comme dirait Jean-Luc, des « pudeurs de gazelle ».

Depuis 2018, les occasions pour Pierre de brandir sa pancarte, se sont multipliées. Dès le 17 novembre 2018, il s'est rendu sur les ronds-points rejoindre les « gilets jaunes ». Ils mènent le même combat que le nôtre dit-il. « Contre le capital, contre la finance et son banquier à l'Elysée ».

Pour lui, il faut réaliser la « convergence des luttes » pour faire plier « le banquier ».. Telle a été, dès le début du mouvement, son analyse. Il a essayé de la faire partager aux « camarades » de la CGT mais il admet n'avoir pas toujours été suivi. Plus d'un an après le début de la protestation, il maintient ce mot d'ordre et depuis cet automne, le Pierre, il s'est remis à rêver.

Avec le projet de réforme des retraites, sa pancarte est réapparue dans les avenues de Perpignan. Il en est persuadé, cette fois c'est la bonne.

Les 17 milliards lâchés par le pouvoir pour répondre aux préoccupations exprimées par le mouvement des « gilets jaunes » ? Des « miettes » affirme Pierre. Pour lui, il faut que Macron démissionne puis, comme il dit, « on verra » !

Alors que l'été venu, Pierre avait sagement rangé sa pancarte dans l'attente de jours meilleurs, dès le début de l'automne, le climat a radicalement changé.

A la rentrée de septembre, les « gilets jaunes » pensait-il, vont réinvestir les ronds-points. Les chauffeurs routiers, le personnel hospitalier, les enseignants, les jeunes, se joindront au mouvement et on poussera « tous ensemble » Macron vers la sortie.

Ses attentes ont été, dans un premier temps, déçues. Manifestement, la protestation s'essoufflait et sa pancarte resterait sagement rangée dans le garage de la maison familiale.

Et puis, le sujet des retraites s'est imposé et dès le 5 décembre 2019, Pierre était de nouveau, avec sa pancarte, dans les rues de Perpignan. Et il n'était pas seul !

Les réformistes, les « jaunes » comme il les appelle, y étaient aussi et comme lui, fulminaient contre le Président et son gouvernement « au service de la finance ».

Pierre est tout heureux de retrouver dans les manifestations, les « camarades » grévistes de la SNCF. Ce ne sont pas des dégonflés, les copains ils sont à la pointe de la contestation.

Pour lui, en ce début 2020, une certitude : « on ne lâchera rien ». Il en est persuadé et il le scande. Il ne cesse de le répéter, « Macron doit retirer son projet de réforme des retraites ». A défaut, le mouvement se poursuivra. Avec un minimum de « camarades » conducteurs en grève, il affirme que tout le réseau ferroviaire restera gravement perturbé. Et puis, dit-il, on va bloquer les raffineries, les ports et provoquer ainsi le blocage du pays.

Lui qui dans les tribunes du stade n'entonne jamais « l'Estaca » de Lluis Llach l'hymne du club local, lors de la dernière manif, il s'est même surpris à chanter « On est là, on est là, on est là ! ». C'est dire s'il y croit.

Quand on lui demande ce qu'il pense des commerçants gravement touchés depuis fin 2018 par les différents mouvements sociaux et au bord de la faillite, des banlieusards harassés par des trajets quotidiens pour se rendre sur leur lieu de travail, du milliard d'euros de pertes d'ores et déjà annoncé à la SNCF, il vous regarde d'un air tout étonné.

Il les aime bien les commerçants de sa cité. Il les retrouve le dimanche dans les tribunes du stade où ils viennent applaudir ses fils. Il ne leur veut aucun mal mais, ils doivent comprendre...

Les banlieusards ? Faut dire qu'il n'est pas allé très souvent à Paris si ce n'est pour les matchs du tournoi des 6 nations et puis, la télé, raconte bien ce qu'elle veut.

Les pertes de la SNCF ? Des bobards, s'ils ne pensaient pas qu'à « se gaver », elle n'en serait pas là.

Et ne demandez pas à Pierre, s'il est normal que des grévistes dont le nombre ne cesse de baisser prennent en otage tout un pays, sa réponse est simple : « Le banquier » retire sa réforme et nous cessons le mouvement. C'est aussi simple que ça !

Parlez lui de l'abandon dans le projet du gouvernement de l'âge pivot, il vous dira ce qu'il a lu le matin dans l'Huma : c'est un leurre.

Qui a dit que la condition du révolutionnaire de 2020 était de tout repos ?

Si vous en doutez, allez le demander à Pierre !

 

 

 

 

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J
C'est Jean-Louis Alvarez, alors Conseiller général PCF du canton d'Olette, qui a fait la proposition des bus à un euro. Celle-ci a été votée et actée. Nous pouvons discuter de cette mesure pas toujours juste je pense. Le financement été fait par les impôts. Cela veut dire que le CG, a financé des entreprises privées. Est-ce normal ? La question est posée. Jean-Louis Alvarez était cheminot !
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J
Je n'ai pas connu JL Alvarez mais, vu le succès de cette initiative qui, à ma connaissance , perdure, il s'agissait d'une bonne proposition dont bcp de personnes en difficulté, continuent de bénéficier. Et qui plus est, évite les déplacements en voitures particulières.
C
Aîe aîe aîe !..Après les " cégétistes " illettrés , voilà les " pierristes " illuminés !
Mais que fait EDF ?!!!..coupez le ,, courant ! ils sont des milliers de millions ces " pierristes " ...
ou alors , peut être , faut-il revoir, repenser, l'alimentation générale ? Qui sait , on aura peut être tous la LUMIERE ?
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J
Et comme le disait si bien ma grand mère parodiant un célèbre adage : PIERRE qui se les roule m'amasse plus mousse...
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J
Et comme le disait si bien ma grand mère parodiant un célèbre adage : PIERRE qui se les roule m'amasse plus mousse...
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