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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

« On ne lâche rien ! »

                                                               "Cul de sac" Fidel Bofill (1934-2013)

Et de deux !

Après avoir entendu il y a un an ce slogan scandé sur les Champs Elysées par les « gilets jaunes » entre deux actes de violences, voici que plusieurs syndicats, menés par une CGT revigorée, en font leur mot d'ordre de mobilisation pour s'opposer à un projet de réforme des retraites que tente de mettre en place le gouvernement.

Un bref état des lieux démontre, s'il était nécessaire, l'urgence à intervenir : Aujourd'hui, la différence entre les cotisations payées et les pensions versées est supérieure à 60 milliards d 'euros par an. Faut-il rajouter à cette somme le régime de retraite des fonctionnaires, soit de 6 à 10 milliards annuels financés par le Budget de l'Etat !

Notre système compte 42 régimes spéciaux qui, pour parvenir à l'équilibre, coûtent au contribuable 9 milliards par an !

Le comité d'Orientation des Retraites (COR) annonce pour 2025 c'est-à-dire demain, un déficit des caisses de retraite de 7,9 à 17,2 milliards annuels !

Tout cela s'explique lorsque l'on sait qu'il y a quelques années on comptait 4 cotisants pour un retraité alors même qu'aujourd'hui, ils ne sont plus que 1,7 à cotiser pour un bénéficiaire de la retraite.

Il est de la responsabilité de nos gouvernants de bâtir une solution qui pérennise nos pensions et sauve notre système de retraites par répartition fondé sur la solidarité.

A propos de solidarité, ma caisse de retraites, la Caisse Nationale des Barreaux Français verse annuellement une somme de cent millions d'euros qui permet le versement par les caisses déficitaires, d'une retraite à leurs affiliés. Nul doute que nombre de mes confrères retraités préféreraient que ces sommes, produits des cotisations de la profession, leur bénéficient et n'aillent pas abonder les caisses des régimes déficitaires.

Face au danger d'une retraite par capitalisation qui profiterait aux plus favorisés, l'idée est de sauver le système de répartition en instaurant un régime universel par points en lieu et place des trimestres cotisés.

Le candidat Macron avait synthétisé son projet en disant qu'ainsi, chaque heure de travail effectuée donnerait au cotisant un certain nombre de points pris en compte pour le calcul de sa retraite.

Ainsi, cette réforme est d'abord destinée aux plus modestes, à savoir les précaires qui alternent périodes d'activité et périodes de chômage. En effet, à l'heure actuelle, en dessous de 150 heures travaillées par trimestre, les cotisations versées n'ouvrent aucun droit.

Autre cible de la réforme, les régimes spéciaux. J'ai publié récemment l'âge moyen auquel les français prennent leur retraite, soit 63 ans. Il existe une forte distorsion avec les agents de la SNCF (56,9), ceux de la RATP (55,7) et ceux d'EDF et des Gaziers (57,7). Or aujourd'hui, rien ne justifie ces différences. Le temps où l'on alimentait la locomotive avec le charbon est révolu.

Est-ce à dire que d'autres pénibilités n'ont pas vu le jour et qu'il convient de les prendre en compte ? Bien sûr que oui.

Les enseignants qui vont voir leur retraite calculée sur les 25 meilleures années et non plus sur les 6 derniers mois précédant leur départ, ne doivent-ils pas voir leurs rémunérations réévaluées ? Bien sûr que oui.

Où placer le curseur ? Les cabinets ministériels fourmillent d'énarques bien rémunérés, aptes à effectuer les calculs prenant en compte les différentes situations mais également le nécessaire équilibre budgétaire à trouver.

En outre, le projet gouvernemental après avoir reçu le feu vert du Conseil d'Etat, sera discuté devant le Parlement, amendé et si certaines injustices persistaient, elles pourront être supprimées.

Compte tenu des évolutions démographiques, trois solutions peuvent permettre de parvenir à un système juste, ce que n'est pas le système actuel, budgétairement équilibré et qui pérennise nos retraites par répartition : Soit on diminue les prestations versées aux retraités, soit on augmente les cotisations (part employeur et part salariale), soit enfin, on accroît la durée de versement des cotisations. Bien entendu, on peut mixer ces solutions.

Le gouvernement ayant fait le choix de fixer un âge appelé par les uns « pivot », par les autres « d'équilibre » qui se situerait en 2027 à 64 ans, il n'était pas inintéressant de connaître l'âge auquel on prend sa retraite chez les autres membres de l'Union Européenne.

En Allemagne, les hommes partent à 63,6 ans et les femmes à 63,4 ans. Aux Pays-Bas, l'âge de départ est de 63,8 ans pour les hommes et 62,7 ans pour les femmes. Au Danemark, les hommes partent à 64,6 ans et les femmes à 62,8 ans. Et que dire du Portugal où les hommes partent à 69,6 ans et les femmes à 65,6 ans !

Concernant les conditions de départ à l'avenir, il est prévu qu'en Allemagne on partira à la retraite à 67 ans à compter de 2029, en Espagne d'ici 2027 à 67 ans, en Belgique  à 66 ans à compter de février 2025 et à 67 ans à compter de février 2030, aux Pays-Bas  à 67 ans et 3 mois en 2023. Rappelons qu'en Italie on part à la retraite à 67 ans et à 65 ans en Autriche.

Alors que dès maintenant chez nous on part en moyenne à 63 ans en retraite, est-il déraisonnable pour le gouvernement de fixer pour 2027 l'âge pivot à 64 ans ?

Si on répond par l'affirmative, la solution ne serait-elle pas de laisser les partenaires sociaux négocier entre eux les mesures permettant de parvenir à l'équilibre budgétaire, le gouvernement ne reprenant la main qu'en cas d'échec des discussions dans un délai à fixer ?

Bien entendu il resterait la solution de la CGT consistant en un retrait pur et simple du projet de réforme, à augmenter fortement les rémunérations et par ricochet à accroître le montant des cotisations, enfin à maintenir en l'état les 42 régimes spéciaux ! C'est la traduction syndicale du « demain on rase gratis ». Nul doute que le cadeau du Père Noël aurait très rapidement un goût amer pour l'ensemble des français !

Il reste à espérer que l'esprit de responsabilité l'emportera. Chez les uns et chez les autres.

Des comportements à risque ont commencé à se manifester en toute illégalité. Ainsi, l'électricité a été coupée dans différentes régions avec les conséquences que l'on peut imaginer dans les hôpitaux, les casernes de pompiers, chez les personnes âgées les plus vulnérables.

Adopter des mesures qui permettent de garantir le versement de nos retraites à travers un système universel, tenir compte des progrès technologiques intervenus au cours des dernières décennies, introduire un peu de justice dans un système aujourd'hui obsolète, ces objectifs devraient mobiliser nos compatriotes.

S'agit-il de cela lorsque l'on prend en otages des millions de citoyens en les privant des transports en commun ? Lorsque l'on installe des piquets de grève sur les lieux de travail pour les rendre inaccessibles ? Lorsque on impose à la population des coupures d'électricité ou lorsque l'on bloque les raffineries ?

L'imagination de certains de nos compatriotes étant très fertile, on peut se demander après les « gilets jaunes » de 2018, la grève « des retraites » de 2019, ce que nous réserve l'année 2020.

En ce qui me concerne, ce sont d'excellentes fêtes et une très bonne année 2020 que je souhaite à chacun d'entre vous.

 

 

 

 

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I
Merci beaucoup. Ingrid
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G
Le principe de système de retraite par répartition, est une vue de l'esprit, et elle est fausse.
Dans notre système, comme ailleurs dans le monde, chacun accumule des droits en travaillant, trimestre par trimestre, et ces droits justifient ensuite le montant de la retraite. On peut compter les trimestres, les points ou les euros, ce sont des techniques différente mais dans tout les cas le principe reste le même : il s'agit bien d'accumuler des droits à la retraite, c'est à dire de capitaliser des droits.
D'ailleurs la cour des comptes ne s'y trompe pas, et notre système compte bien une dette et le déficit lié à nos engagements pour l'avenir. La notion même de dette n'existerait pas dans un système par répartition.
La seule différence entre notre système et celui des autres pays est que nos droits sont comptabilisés de manière opaque, on totalise des trimestre sans savoir vraiment à quel montant cela correspond ni à quelle pension cela donnera droit, et sans avoir la flexibilité de cotiser plus ou moins, et de partir à la retraite plus ou moins tôt. L'objectif du système à point est d'apporter cette transparence et cette flexibilité.
L'idéal serait d'afficher les euros et non pas les points, afin d'obtenir la transparence la plus complète, au lieu d'utiliser les points comme système de passe-passe pour masquer l'évaporation des cotisations...
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C
Faut- il rappeler que l'employeur des fonctionnaires c'est l'état et qu'à ce titre il n'est prévu aucun système de retraite complémentaire comme AGIRC-ARCCO (régime à points) dans le privé , d'où le calcul actuel sur les 6 derniers mois....
Plus que l'âge pivot , la question fondamentale est le montant des retraites pour les générations futures, ce montant me semble intimement lié à une autre question : la dépendance , faut-il envisager des hospices faute de pouvoir payer une maison de retraite ?
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N
M. Martinez dans un débat sur une chaîne de télé s'est dit gréviste.
on espérerait qu'il le soit car je crois que son travail est précisément d'organiser la grève, les pénuries d'essence et autres chantages.
son organisation lui suspend-elle son traitement ? Ce serait intéressant de le savoir
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N
Il y a la prefon système très efficace dont les cotisations sont déductibles du revenu imposable et qui est une forme de capitalisation . Ce système est géré par FO, la CFDT , et d'autres syndicats qui sont farouchement opposés à la capitalisation et n'en sont pas à un contradiction près
La capitalisation , mot affreux selon certains n'est en fait que la politique de la fourmi , il n'est pas interdit de faire des économies pour ses vieux jours mais certains préfèrent être des cigales qui ayant chanté toute leur vie se trouvent dépourvues l'âge venait.