Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

Epilogue.

 

Tout ce que la planète compte de démocrates, avait craint que le roi-bis d'Arabie Saoudite, Mohammed Ben Salman (MBS), ne soit impliqué dans l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi. Depuis le 23 décembre, nous voilà rassurés.

Les faits se sont produits le 2 octobre 2018 au consulat saoudien d'Istanbul. Alors qu'il venait effectuer des démarches en vue de son mariage, ce journaliste du Washington Post exilé d'Arabie Saoudite aux Etats-Unis en 2017 pour ses prises de position mettant en cause MBS, disparaissait.

L'enquête révélera qu'il est décédé d'une injection létale puis que son corps a été démembré et n'a jamais été retrouvé (Billet d'Humeur du 21 juin 2019 : « Un rapport accablant pour MBS mais, pas seulement... »).

Du travail de professionnel. Il est vrai que le jour même, un commando était venu d'Arabie Saoudite à Istanbul , s'était rendu au consulat, puis était retourné précipitamment à Ryad.

L'Arabie Saoudite avait tout d'abord contesté que le journaliste ait pu disparaître dans son consulat d'Istanbul, lequel avait été soigneusement nettoyé avant d'accueillir les enquêteurs.

Devant les preuves produites par la Turquie et notamment l'enregistrement de conversations tenues dans le consulat et captées grâce à des micros espions, l'Arabie Saoudite changera de système de défense.

Elle prétendra alors que c'est de leur propre initiative, que les hommes composant le commando, se seraient déplacés de Ryad. L'opération aurait mal tourné. Ni MBS ni son entourage, ne seraient les commanditaires de cet assassinat.

C'est cette thèse qui ne trompe personne, que la justice du royaume saoudien a retenue dans son jugement du 23 décembre dernier.

Ainsi, le numéro deux des renseignements saoudiens, ancien porte-parole de la coalition intervenant militairement au Yémen, a été acquitté « faute de preuves ». Il était soupçonné d'être le concepteur de l'équipée macabre.

Concernant le conseiller média de MBS, soupçonné d'avoir été l'inspirateur des membres du commando, le parquet saoudien a révélé qu'il avait fait l'objet d'une enquête mais n'avait pas été poursuivi. L'intéressé a depuis disparu de la scène publique.

Ce sont donc les exécutants qui ont seuls été condamnés. Contre cinq d'entre-eux a été prononcée une condamnation à la peine de mort, Parmi eux, on compterait le médecin légiste qui avait pour tâche de découper la dépouille de la victime. Trois autres, ont été condamnés à des peines d'emprisonnement.

Cette décision a soulevé l'indignation de l'experte onusienne Agnès Callamard qui a parlé de « parodie de justice ». Pour la rapporteuse des Nations-Unies, « les hommes de main sont coupables... quant aux cerveaux, non seulement ils sont libres, mais ils ont à peine été visés par l'enquête et par le procès ».

L'enquête internationale que madame Callamard avait demandée, « sur la responsabilité des hauts dirigeants saoudiens y compris celle du prince héritier », n'aura pu être menée à bien.

La CIA avait de son côté estimé, lors du déroulement de l'enquête, que le meurtre de Jamal Khashoggi n'avait pu être conçu et réalisé sans l'aval de MBS.

Ainsi, si l'on en croit la justice saoudienne, la haute représentante de l'ONU, la Turquie qui avait contribué à la manifestation de la vérité en produisant les enregistrements, la CIA, s'étaient fourvoyées. Il n'y avait rien de plus que ce que l'Arabie Saoudite avait admis, à savoir des agents ayant pris seuls l'initiative de cette virée à Istanbul, laquelle avait malheureusement mal tourné.

En d'autres termes, « Circulez il n'y a rien à voir  » !

Dès novembre 2018, Donald Trump avait indiqué que même si le prince héritier était informé du meurtre du journaliste, cela ne remettrait pas en cause la relation « inébranlable » de Washington avec Ryad. Les deux amis ne pourront qu'amplifier l'excellente relation qu'ils entretiennent. Les Etats-Unis ont d'ailleurs salué le verdict, considérant qu'un pas important a été effectué pour faire payer tous ceux qui sont responsables de « ce crime terrible ».

Seul des esprits chagrins comme peut l'être Lynn Maalouf, directrice de recherche sur le Moyen-Orient à Amnesty International, trouveront à redire.

Pour celle-ci, cette décision est une « tentative d'étouffer l'affaire qui n'apporte ni justice ni vérité ».

Autre esprit chagrin, Agnès Callamard qui avait conclu, à tort selon la justice saoudienne, que Jamal Khashoggi a été victime « d'une exécution extrajudiciaire pour laquelle l'Arabie Saoudite est responsable selon le droit humanitaire ».

L'Arabie Saoudite va enfin, pouvoir se consacrer pleinement à la tâche pacificatrice qu'elle a entreprise depuis mars 2015 au Yémen.

A ce jour, le bilan depuis le début du conflit, s'établit à plus de 100 000 morts. Parmi ceux-ci, figurent 12 000 civils pour la plupart victimes des frappes aériennes menées par l'aviation saoudienne.

Qui a prétendu que dans le pays de Mohammed Ben Salman on ne parvenait pas à conjuguer Justice et Efficacité ?

 

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
N
mais pourquoi diable allait-il se marier au consulat d'Arabie Saoudite et qui plus est dans la démocrate Turquie?
Ne pouvait-il pas aller comme tout le monde à Las Vegas ou à La Tour de France ?
quant aux donneurs de leçons des USA combien de condamnés à morts dans ce pays par an ?
La très excellente représentante de l'ONU ne s'en soucie guère.
Répondre
J
Tu as bien dit Latour de France ? Ah bon !