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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

Portraits...

La Basilique de Saint Denis

La Seine Saint-Denis (SSD) comme je ne l'avais jamais vue.

Et pourtant, j'y ai passé 20 ans de mon existence. Arrivé fin 1971 à Aulnay-sous-Bois, je ne quitterai la ville qu'en 1991 pour m'installer à Albi.

Ayant débarqué chez l'avocat Claude Michel que j'ai revu avec grand plaisir cet été entouré de ses enfants et petits-enfants, je devais, mon stage d'avocat terminé, regagner Nîmes en compagnie d'un autre ami avocat, Toni Garcia, qui s'installa dans la cité taurine et y fit toute sa carrière.

J'ai revu très récemment Toni. A quelques kilos près, il est resté le même, accroché tels nos ceps de vigne, à ses convictions et à l'espoir de bâtir un jour futur, un monde meilleur. Fils de mineur des Cévennes, derrière une carapace qu'on pourrait croire rude, il y a chez Toni un grand sentimental et un trésor de générosité où il suffit de savoir aller puiser. Bon courage camarade !

Toni effectua son stage chez un ami aujourd'hui disparu, Christian Roulette dans les cabinets de Pantin et de Drancy.

Me concernant, je découvrais chez Nadia et Claude une seconde famille. Je devins très vite le troisième fils aux cotés de Denis et de Laurent. Ainsi, à la fin de mon stage, j'avais revu mes plans et Marie-Claude et moi, décidâmes de nous implanter plus durablement dans ce département dénommé aujourd'hui le 9-3.

Pendant 20 ans, j'ai beaucoup appris aux cotés de Claude. Certes, sur cette magnifique profession d'avocat que j'ai eu la chance d'exercer durant presque quarante ans, mais surtout, sur la façon de percevoir le monde qui nous entoure. Cinquante ans après, je persiste à penser que j'ai eu le privilège de bénéficier d'une pluri-paternité. Mon papa que j'ai pu accompagner en juillet 1998 jusqu'à son dernier souffle, mon père spirituel qui m'a façonné tel que je suis, au seuil de ma soixante treizième année.

Le hasard de mes lectures estivales, m'a permis de redécouvrir un département, des villes que je croyais connaître mais qui, en trente ans, ont connu un profond bouleversement

.Lecteur assidu des écrits des deux journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme, je me suis plongé dans l'ouvrage imprimé en octobre 2018 et intitulé « Inch' Alllah. L'islamisation à visage découvert ».

Ces deux grands reporters du journal Le Monde, ont constitué une cellule d'investigateurs qui durant une année, ont tenté à travers leurs recherches dans tous les domaines, du sport à la politique en passant par la santé, l'économie, les médias, la religion, la culture, de répondre à une question : « L'islamisation de la Seine-Saint-Denis est-elle un fait ou une fake-news ? ».

On connait la qualité, le sérieux et la compétence de Davet et Lhomme qui ont notamment, écrit à la fin du quinquennat Hollande l'ouvrage à succès « Un président ne devrait pas dire ça. » Plus récemment, sous leur signature, a été publié le premier tome d'une histoire secrète de la droite française sous le titre « La Haine. Les années Sarko ».

Les auteurs rappellent ce que leur avait dit en décembre 2015, un président de la République de gauche alors en exercice : « Qu'il y ait un problème avec l'islam, c'est vrai. Nul n'en doute ».

J'aurais préféré lire dans leur citation, « avec un certain islam » de manière à ne pas jeter l'opprobre ou la suspicion sur des centaines de milliers de musulmans qui pratiquent leur culte dans le respect absolu des institutions républicaines.

Davet et Lhomme donnent une définition de l'islamisme qu'il faut clairement distinguer de cette religion, l'islam, qui a toute sa place dans l'étude du fait religieux aux cotés du christianisme et du judaïsme. Pour ces auteurs, l'islamisme peut se définir comme « une idéologie politique fondamentaliste qui cherche à régir la vie de l'individu et de la société dans une logique prosélyte ».

Comment ne pas les rejoindre lorsqu'ils affirment : « Oui, établir un lien direct et automatique entre islam, islamisme et djihadisme relève du syllogisme malfaisant et, surtout, de la pure mauvaise foi ».

Après huit mois d'enquête menée par leurs cinq investigateurs, Davet et Lhomme nous livrent leur verdict : « oui, l'islamisation est à l'oeuvre en Seine Saint-Denis ».

Mais ils nous mettent immédiatement en garde contre l'amalgame.

Car, nous disent-ils, « cette enquête le démontre, au sein même de la communauté musulmane du 9-3, ils sont nombreux à s'alarmer de cette poussée intégriste ».

Je ne saurais trop vous recommander de vous plonger dans cet ouvrage. Vous y découvrirez le portrait de personnages attachants comme celui de Mokhtar Ammi, immigré d'Algérie en 1968, qui ne reconnaît plus l'islam de son enfance, dans sa ville de Saint-Denis,.

Vous rencontrerez Fadela Benrabia, préfète déléguée à l'Egalité des chances en SSD. Cette petite fille de berger, fille d'ouvrier, arrivée en 1968 de sa Kabylie natale et qui porte un regard sévère sur les élus du département qui, selon elle, naviguent à vue entre clientélisme intéressé et ouverture sincère. Et la préfète de lâcher : « Je vois une incapacité des élus à gérer ces sujets-là ». Une façon impitoyable de pointer le danger !

On y croise également Ghada Hatem, cette gynécologue de 59 ans, dont les auteurs nous disent qu'elle est « particulièrement bien placée pour décrire l'emprise religieuse en SSD ». Lorsqu'elle débarqua dans le département en 2010, elle dit avoir subi un véritable « choc ». Elle se demandera : « Où est-ce que je débarque ? ». Il est vrai que lorsqu'on lui tient comme discours  « ma femme peut crever, mais au moins je suis en paix avec Dieu », il y a de quoi déstabiliser cette militante laïque à l'origine de la création de la Maison des femmes de Saint-Denis.

Vous y trouverez bien d'autres personnages. Certains attireront votre sympathie, votre compassion, d'autres votre dégoût, peut-être votre haine.

En Novembre dernier, à l'occasion d'un mariage, j'ai retrouvé Aulnay-sous-Bois que j'avais quitté presque trente ans plus tôt. J'ai senti que les choses avaient bien changé mais je n'ai pas su mesurer la profondeur des bouleversements.

Dans la cité des 3000 que j'ai voulu revoir, une mosquée est sortie de terre. Mais quoi de plus normal ?

Le centre commercial situé à l'entrée de l'ensemble HLM est totalement déserté. Tous les commerces ont fermé leurs portes. L'obscurité y règne, la vie a cédé la place au désert.

Mais, ressent-on pour autant une mainmise de l'islam radical sur la ville, telle que décrite dans l'ouvrage « Inch'Allah » ? Me suis-je senti en insécurité dans ces lieux de non-droit où il ne ferait pas bon s'aventurer ? ... Pas vraiment.

A Aulnay, j'ai même retrouvé Najat, une amie marocaine, heureuse. Cette styliste qui sacrifie sa vie à son métier, à sa famille, qui revendique haut et fort sa féminité, son indépendance, m'est apparue comme un exemple d'intégration et de réussite, au-delà des vicissitudes qui ne manquent pas de se présenter.

Peut-être vous direz-vous, quel intérêt de se plonger dans un ouvrage qui traite de la situation dans un département français le plus pauvre du pays, qui, pour seul attrait touristique, possède la Basilique des rois de France à Saint-Denis et dont le seul lieu susceptible d'être visité est le stade de France à l'occasion d'une rencontre de rugby ?

Détrompez-vous, ce département connait, certes de manière exacerbée, les mêmes problèmes que ceux qui font le quotidien des zones péri-urbaines de province. Le 9-3 compte, sans y inclure les clandestins, 1,6 millions d'habitants. Outre la pauvreté, il est le département comptant le plus d'immigrés parmi lesquels une grande partie de musulmans. C'est à l'aune de cette réalité, que ce livre peut être utile pour comprendre la situation que nous vivons dans nos villes comme dans nos campagnes.

"Inch'Allah"  m'a enfin mis en garde contre les amalgames hâtifs.

Soyons réalistes. Il est constant que certains des personnages que vous rencontrerez dans cet ouvrage, voudraient nous voir basculer dans la haine, le rejet, la vengeance.

Tel n'est pas le cas de la grande majorité des musulmans. Ceux-ci aspirent légitimement à la dignité, au respect de leur culture, de leur religion. Ne les rejetons pas dans l'autre camp.

Si tel était le cas, nous aurions alors perdu la partie...

 

Aulnay-3000

 

 

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N
Ce livre que j'ai lu et qui est très rigoureux et qui vient confirmer d'autres ouvrages comme "la communaute" sur Trappes ou "l'archipel" démontre ce que peu de gens osent dire , c'est que l'islam n'est pas soluble dans la République puisque ceux qui embrassent cette religion jugent les préceptes du Coran supérieurs aux lois de la République . Il n'y a pas d'islam modéré .
Enfin ce département gère pendant des décennies par le parti communiste est victime de l'aveuglement de ces derniers comme était aussi aveugle Hamon a Trappes
On ne peut pas intégrer des gens qui considèrent la femme comme un être inférieur , qui pratiquent la polygamie qui est un
délit , qui nous imposent la burqa trop peu réprimée, le halal, le ramadan
Oui Emmanuel Macron a raison: les bourgeois du 16 ieme font de beaux discours mais ne côtoient pas ce monde.
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J
Ton article, Jean-José, donne envie de lire le livre. Si je ne connais que très peu la banlieue parisienne, je retrouve une donnée essentiel que tu dois certainement ressentir dans notre département des P.O. L'amalgame, le mot est lâché ! Trop vite se mal se propage. C'est bon pour les musulmans, mais aussi pour notre jeunesse. "Ils sont tous fainéants et ne veulent pas se lever le matin". De même pour les chômeurs, ceux qui touchent le RSA. Mais à qui profite cette situation que je vais qualifier de "guerre idéologique" ? Je crois que c'est la question que nous devons nous poser si nous voulons trouver un début de solution pour changer les choses. Pour ma part, je pense que des gens, ont intérêt à voir les citoyens se dresser les une contre les autres. Quand on réfléchi, nous pourrions croire que si des pauvres existent, c'est la faute des pauvres. Nous savons qu'il n'en est pas ainsi. Cet amalgame entre donc, toujours à mon avis, dans ce contexte de "guerre idéologique" savamment orchestrée.
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G
Peut etre que les auteurs ont raison, je ne connais pas le 9-3 mais j'ai connu le Mirail quartier de Tlse loin d'être idyllique. Si d'aventure ce quartier était idyllique, pourquoi les autochtones qui y habitent cherchent ils tous a fuir vers la tranquillité?
Je veux bien croire qu'il y ait dans le 9-3 ou même au Mirail des "Bons Musulmans" et s'ils étaient si nombreux comme on veut nous le faire croire, pourquoi ne rétablissent ils par l'ordre dans leurs lieux de vie?
Je pense que la vie ne pourra reprendre normalement quand les bons musulmans coopèreront avec nos Forces Républicaines pour éradiquer la drogue et tous ses commerces.
J'oubliais aussi il faudrait une justice implacable du type "affaire Balkany" et pour cela il faudrait que nos hommes politiques élus lui donnent les lois non interprétables et les moyens afin de faire comprendre aux délinquants que notre France n'est pas un dépotoir et qu'ils n'ont pas leur place chez nous. Ce que je viens d'écrire n'est pas dans le livre de Davet et Lhomme je n'ai pas leur culture et je ne comprends pas tout….! Mais attention , en démocratie le bas peuple vote et malgré les efforts des savants politicards pour "arranger" les résultats des élections, les barrages craquent un jour….et ca fait des dégâts qu'on n'imaginerait pas. Après il ne faut pas pleurer...il faut reconstruire et c'est long.
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