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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

Haro sur Bolsonaro,Trump à la rescousse, Macron à la baguette.

 

Qui a prétendu qu'en août, rien d'important ne se produit ? En ce dernier week-end du mois, chacun tente d'imposer sa partition... avec plus ou moins de réussite.

Examinons tout d'abord, le camp des perdants. Ce sommet de Biarritz devait être, à quelques encablures près, le point de départ de la contestation. Contre le réchauffement climatique, contre les inégalités, contre la mondialisation, contre les dirigeants des 7 pays censés être les plus riches de la planète, les sujets de protestation ne manquaient pas. En ce Dimanche 25 août au soir, le seul événement marquant, ce ne sont ni les « gilets jaunes », ni les black-blocs, ni les alter-mondialistes étrangement discrets sinon absents, mais l'arrivée impromptue du ministre des affaires étrangères d'Iran Jawad Zarif, heureusement accouru pour revenir au sujet premier de préoccupation : comment préserver la paix mondiale en ces temps agités où la démonstration de force prend le pas sur le dialogue, la persuasion et le respect ?

Remisée la question de la taxation des Gafa ? Renvoyée à des jours meilleurs la lutte contre les inégalités ? Rangée au rayon des accessoires, l'indispensable conscience de la situation climatique et des mesures urgentes à mettre en place au niveau mondial ?

Si tel était le cas, le personnage qui, voici 8 mois à peine a pris les commandes du pays le plus important du continent latino-américain, ferait tout pour nous en dissuader.

En novembre 2018, dans un Billet d'Humeur (De Rio à Washington, la vérité est dans les urnes) j'avais réagi en présentant Jair Bolsonaro qui avait été élu le 28 octobre précédent président du Brésil, comme un personnage « ouvertement raciste, qui s'affiche homophobe, sexiste, partisan de la torture et admirateur de la dictature militaire » qui a sévi dans son pays de 1964 à 1985.

J'avais omis l'essentiel à savoir que celui qui a pris la tête du Brésil, est le serviteur zélé de l'agro-business même si cela implique de mettre en danger de nombreuses communautés indigènes, ses compatriotes. Même si « le poumon de la planète » pour reprendre l'expression pas tout à fait exacte du président français, est en feu.

73 000 départs de feu en Amazonie depuis janvier dernier, la plupart de ces incendies, provoqués afin de défricher les forêts pour céder la place à des terres agricoles et des pâturages.

Bolsonaro a lâché la bride aux lobbies de l'agro-business ce qui a provoqué sur une année un accroissement de 84 % des départs de feu dans la forêt amazonienne.    A ce jour, 20 % de cette forêt ont disparu.

Bolsonaro a décliné sa défense en trois temps. Il a tout d'abord nié les incendies parfaitement identifiés notamment par les satellites. Il a ensuite désigné les ONG qui, selon lui, seraient à la solde des puissances étrangères, comme les responsables des départs de feu. Enfin, circulez il n'y a rien à voir. « Elle est à nous » a déclaré le président, parlant de l'Amazonie. Contre toute évidence puisque ce sont 9 pays dont une partie du territoire compose la forêt amazonienne. Pour finalement, sous la pression internationale, annoncer qu'il a demandé l'intervention de l'armée pour lutter contre les incendies. Un aveu de l'accusation portée par le président Macron qui a reproché à Bolsonaro de lui avoir « menti » concernant ses engagements en faveur de l'environnement, lors de leur précédente rencontre.

Le président Trump ayant proposé à son ami Bolsonaro de lui apporter l'aide nécessaire pour maîtriser la situation, n'en doutons pas, militaires brésiliens et promesse des Etats-Unis, permettront de venir à bout d'incendies pour l'instant hors de contrôle. Nul besoin d'accepter l'offre du président Macron d'aider financièrement le Brésil à combattre les incendies...

Voici un an, beaucoup ont renoncé à voir le danger que représentait la possible accession à la présidence du Brésil de ce militant d'extrême droite né en 1955. Militaire, formé à l'Academia Militar das Agulhas Negras la plus importante du pays, il en sort en 1977 pendant la dictature militaire dont il devient un fidèle serviteur.En 1990 il est élu député.

La destitution de Dilma Roussef qui avait succédé à Lula à la présidence du pays, constitua un véritable coup d'Etat. L'ancienne présidente n'a, à ce jour, été reconnue coupable d'aucun délit. De même, l'incarcération de Lula, largement favori lors des dernières présidentielles, ne sera rendue possible que, comme on l'a appris récemment, par la volonté d'un proche de Bolsonaro, le Juge Moro. Ce dernier, outrepassant ses pouvoirs de magistrat, interférera dans l'enquête avec pour seul objectif, de parvenir à l'incarcération de Lula et de l'empêcher de concourir. Ce qu'il obtiendra.

Dès lors, les portes étaient ouvertes à Bolsonaro pour devenir président. Il récompensera son serviteur en lui offrant, après son élection, le poste de ministre de la Justice (mon Billet du 14 juin 2019 : Lava Jato, plus blanc que blanc ?).

A l'époque, pas plus les dirigeants occidentaux que la presse ne se sont guère préoccupés de ce qui se tramait au Brésil. Il fallut attendre le Lundi 19 août dernier où la plus importante ville du pays, Sao Paulo, s'est retrouvée, sur le coup de 15 heures, plongée dans l'obscurité en raison des nuages de particules qui s'étaient formés du fait des incendies ravageant l'Amazonie.

La prise de conscience de nos dirigeants fut alors immédiate, la réaction médiatique se fit accusatrice à l'encontre de Bolsonaro désormais voué aux gémonies. Réveil certes brutal et salutaire même s'il a été tardif.

Cette situation a permis à Emmanuel Macron, engagé dans la ratification de l'accord de l'Union Européenne avec le Mercosur, d'effectuer une habile manœuvre de rétrogradation alors que parmi les agriculteurs notamment, la colère gronde. En déclarant « qu'en l'état », il ne donnerait pas la signature de la France, il satisfait les mécontents sans pour autant, s'engager à ne pas donner son aval. Du cousu main...

La volonté affichée par Trump, depuis son élection, d'en découdre avec l'Iran, vient de donner une nouvelle occasion, au président français, d'apparaître comme le dirigeant occidental qui mène la diplomatie européenne face à la tentation hégémonique du président américain. La soudaine irruption du ministre iranien des affaires étrangères et sa rencontre avec son homologue français, puis avec le président français, constituent un coup gagnant pour Emmanuel Macron.... Au nez et à la barbe de Donald Trump !

Aucune décision concrète ne sortira du G7 de Biarritz. Les coups politiques auront toutefois réussi à faire oublier la question des inégalités qui aurait du constituer un des axes centraux de cette réunion. Mais peut-être monsieur Trump envisage-t-il de remettre ce thème au centre du prochain G7 qui se tiendra l'an prochain à Miami ? On connaît le vif intérêt que porte le président américain pour la réduction des inégalités.

Le président Macron, à propos de la situation de l'Amazonie, a évoqué un « écocide » .

Plus globalement, concernant l'incapacité de la communauté internationale de prendre dans l'urgence les décisions de nature à atténuer à défaut d'éradiquer les maux qui la rongent, ne pourrait-on pas tout simplement évoquer une attitude collective qui ressemble fort à un suicide ?

 

 

 

 

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