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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

Ça tangue dangereusement du côté des pays du "Club Med".

 

En cet été décidément atypique (canicule, sécheresse, conflits internationaux, une gamine de 16 ans qui vient de Suède nous administrer une leçon de civisme...), deux piliers de l'Europe opèrent une glissade vers l'extrême droite dont on ne voit pas très bien où (et à quoi) elle va aboutir.

A tout seigneur tout honneur, l'un des pays fondateurs de l'Europe et parmi les plus puissants économiquement, l'Italie, pourrait bien se retrouver à l'automne prochain avec un Président du Conseil, leader de l'extrême droite. Le Président actuel, Giuseppe Conte et le vainqueur des dernières législatives, Luigi Di Maio,  pourraient très bien se révéler incapables de s'y opposer. Matteo Salvini a donc choisi ce moment pour rompre la coalition gouvernementale conclue il y a plus d'un an avec le mouvement populiste 5 Etoiles.

Il faut dire que depuis les dernières élections législatives, la formation de monsieur Salvini, la Ligue, n'a cessé, surfant sur la vague de l'immigration, de grimper dans les sondages. Jusqu'à atteindre récemment, de 36 à 38 % des intentions de vote.

L'extrême droite considère, avec de fortes chances de réussite, qu'elle remportera les prochaines élections alors que l'immigration clandestine en direction de l'Italie est, ces dernières années, à son niveau le plus bas.

Comme lors du dernier scrutin, la Ligue obtiendra, avec le soutien de Forza Italia, la formation du « caïman » Berlusconi, la majorité lui permettant de prendre la tête du prochain gouvernement.

Sauf à renier les insultes et menaces qu'il profère régulièrement à l'égard de l'Union Européenne et de ses dirigeants, on ne peut être que très inquiet des conséquences d'une telle situation. Dès l'automne prochain, avec la présentation de son Budget, les hostilités pourraient bien être ouvertes entre l'Italie et l'Union Européenne.

A un moment où les initiatives de monsieur Trump laissent planer de grandes incertitudes sur l'économie mondiale et où il paraît indispensable que l'Europe parle d'une seule voix, l'accession de Salvini à la tête de ce pays fondateur, après un Brexit qui s'annonce chaque jour un peu plus « dur », peut nous entraîner dans une situation totalement incontrôlable.

Affaire à suivre...

L'Espagne a rejoint plus tardivement les institutions européennes, mais n'en est pas moins, aujourd'hui, un membre influent. Son Premier Ministre, Pedro Sanchez, travaille aux cotés des autres dirigeants, Angela Merkel, Emmanuel Macron notamment, a faire avancer l'Union vers plus de démocratie, de solidarité, de progrès .

Dans un précédent Billet ("Choisir, la faim ou le toro" du 3 mai), j'ai souligné l'importance de la victoire des socialistes de Sanchez lors des législatives du 28 avril dernier. Je rappellerai seulement que le PSOE a devancé très largement le Parti Populaire (droite conservatrice précédemment aux « affaires ») et est sorti vainqueur de ce scrutin.

Pour conserver le pouvoir et priver les électeurs du respect des choix effectués, le Parti Populaire et la formation de la droite libérale Ciudadanos, n'ont rien trouvé de mieux que de s'allier avec Vox la formation d'extrême droite dont la priorité est le combat contre le féminisme, les droits LGBT, l'immigration, l'avortement... Vox se propose de mettre un terme à l'organisation du pays en provinces pour revenir à l' Espagne catholique « Una, Grande y Libre » selon la devise franquiste.

L'alliance des « trois droites » (rien à voir avec les Trois Grâces de la mythologie grecque déesses du charme, de la beauté et de la créativité) a dans un premier temps permis à ces formations de ravir l'Andalousie aux socialistes pourtant arrivés en tête de l'élection Provinciale.

Le PP, Ciudadanos et Vox ont, le 6 août, scellé un accord qui va leur permettre de prendre le pouvoir dans la région de Madrid alors même que les socialistes avaient remporté ce scrutin lors des élections locales du 26 mai dernier.

Alors que Pedro Sanchez n'est pas parvenu à sceller un accord avec la formation Podemos située à la gauche des socialistes, en Espagne, on s'oriente dangereusement vers de nouvelles élections législatives. Les quatrièmes en cinq ans...

Le risque de voir les héritiers du franquisme revenir aux affaires à peine plus de 40 ans après la mort du Caudillo est donc bien réel. La formation libérale Ciudadanos a beau avoir fait preuve de « pudeur de gazelle » en ne négociant pas directement avec l'extrême droite mais en laissant le PP effectuer le sale boulot, les choses sont maintenant claires en Espagne : l'enjeu du prochain scrutin serait le retour ou pas de l'extrême droite franquiste au pouvoir.

Chacun devra prendre ses responsabilités : démocrates, progressistes, autonomistes et même... indépendantistes. La politique du pire n'a jamais fait avancer les causes fussent-elles les plus nobles.

Il ne sera ensuite que temps pour les regrets et autres examens de conscience !

Dans l'hexagone, la rentrée s'annonce compliquée. Quelles réformes pourront être mises en œuvre ? Les retraites et le projet de loi bioéthique pourraient fournir les rangs des manifestants alors même qu'il s'agit d'avancées indispensables. Les ronds-points se couvriront-ils à nouveau de jaune ? Et je ne parle pas des municipales qui pourraient doucher bien des illusions nées du résultat des européennes de mai dernier.

Gardons à l'esprit que le Rassemblement National de Marine Le Pen est arrivé en tête du dernier scrutin. C'est aujourd'hui le premier parti de France.

A droite, les voix « s'accommodant » d'une alliance avec l'extrême droite se font de plus en plus entendre.

Je vous le disais, ça tangue sérieux du coté des pays du « Club Med ».

 

 

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N
Très bonne analyse sauf que je n'en partage pas le pessimisme, même en Italie je ne suis pas sûr que La Ligue l'emporterait vu l'état dans lequel cette coalition hétéroclite a mis le pays.
Répondre
J
Que Dieu ou plutôt les électeurs italiens t'entendent !