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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

« Me voilà rassuré... »

 

C'est en 1966 que Georges Brassens enregistra « La Fessée ».

« Me voilà rassuré fit-elle, j'avais peur

que sous votre moustache en tablier d'sapeur

vous ne cachiez coquettement un bec-de-lièvre... ».

chantait-t-il.

J'ai eu peur qu'après l'incendie du 15 avril, la France n'abandonne les chamailleries qui la caractérisent si bien, pour un consensus qui siérait fort mal à son identité.

Depuis, tout est rentré dans l'ordre. Me voilà rassuré, je n'ai changé ni de continent, ni de pays !

Lorsque je vis les dons affluer de toutes parts, des plus fortunés aux plus humbles, j'ai cru que nous avions changé de paradigme .

Fort heureusement, il ne fallut pas plus de 24 heures pour que la polémique enfle sur la défiscalisation de notre générosité. Elle se déplaça ensuite sur l'affectation des sommes recueillies : faut-il les affecter au financement d'une seule reconstruction alors que notre pays compte tant d'édifices qui risquent de disparaître faute de travaux de consolidation ? La France redevenait la France !

Dans la foulée, un autre débat surgit : Faut-il reconstruire à l'identique ou pas ? Avec les mêmes matériaux ou d'autres plus contemporains ? Faudra-t-il ou pas, reconstruire la flèche détruite dont on a récupéré le coq ?

On vit défiler dans la presse tout ce que la France compte d'architectes et d'experts qui, sans aucune visite des lieux, sans aucun élément concret sur l'état de la bâtisse et ses fragilités, y allèrent de leur avis péremptoire et définitif. C'est ça la France !

Lorsque notre Président reporta son intervention télévisée, la classe politique, affligée par les flammes qui avaient eu raison de la flèche de bois et d'une charpente vieille de plus de 800 ans, ne trouva rien à redire et communia dans un même élan. De Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen. On croyait rêver !

Le rêve fut de courte durée. Dès le lendemain, lorsqu'il apparut que le Président n'interviendrait pas dans la foulée, les critiques ne tardèrent pas à se manifester. N'allait-il pas profiter de ce que nous venions de vivre comme une catastrophe nationale, pour s'affranchir de l'engagement qu'il avait pris devant les français, de tirer les conséquences du « grand débat national » et de nous donner sa ligne directrice pour l'acte II du quinquennat ?

Les querelles picrocholines qui ne manquent pas de précéder, dans notre pays, chaque élection, ont également repris leurs droits. Ouf !

S'il en fallait une preuve supplémentaire, la polémique née de l'information donnée par le site Mediapart concernant l'appartenance lors d'élections étudiantes en 1984 à une liste d'extrême droite de la candidate LREM, est là pour nous le rappeler.

Peu importent les propositions des uns et des autres pour améliorer le fonctionnement des institutions européennes. Peu importe de savoir si l'électeur qui sommeille en chacun d'entre nous, souhaite une Europe protectrice et progressiste ou un conglomérat de nations, toutes repliées sur elles-mêmes. Apparemment, il serait fondamental, pour se prononcer sur l'avenir de l'Europe, de connaître la couleur de la liste sur laquelle figurait voici 35 ans, Nathalie Loiseau -Ducoulombier (ça ne s'invente pas) !

Lorsque l'on reprochait à François Mitterrand, d'avoir dans sa jeunesse, reçu la Francisque, il faisait observer qu'il était fier du chemin accompli depuis (d'abord dans la Résistance puis en ayant amené la Gauche à l'Elysée) et préférait celui-là au chemin inverse que bien d'autres avaient emprunté...

Lors de sa conférence de presse du 25 avril, le Président a souhaité que « l'Humain soit remis au cœur du projet ». Peut-être faisait-il le constat que, jusqu'à présent, tel n'avait pas été le cas. Un tel souhait est-il susceptible de recueillir l'assentiment de tous ? Il est fort à craindre que non. Mais cette manière qui est la nôtre de réagir à tout propos et parfois hors de propos, c'est peut-être aussi cela, « l'art d'être français » pour reprendre la formule présidentielle.

Finalement, au-delà de nos opinions souvent tranchées, l'essentiel n'est-il pas, que l'Europe de l'après 26 mai, parvienne à tirer les conséquences de ses faiblesses passées, rectifie les erreurs commises. Enfin, qu'elle nous amène à plus de respect et de solidarité... dans le maintien de la paix, cette valeur sûre qu'elle nous garantit depuis 1945.

Tout simplement, ce que certains appellent, une « Europe qui protège ».

Dans l'Armée Nouvelle parue en 1911, Jean Jaurès nous avait enseigné que si « un peu d'internationalisme éloigne de la patrie, beaucoup d'internationalisme y ramène».

Cette phrase, prend aujourd'hui, tout son sens.

Sachons nous en souvenir, au delà de ces bisbilles qui, si elles n'existaient pas, nous feraient douter que nous sommes en France.

 

Brassens vu par Moretti

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