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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

Le « trou noir »... européen.

 

Si celui dont la première image a été publiée le 10 avril se situe à 53 millions d'années-lumière, celui dont je veux vous entretenir dans ce Billet, résulte de la décision intervenue à la même date à Bruxelles et qui lui, a son centre de gravité à quelques encablures de Calais.

Une poule n'y retrouverait pas ses poussins. Alors que voici 3 ans, le Royaume-Uni (en fait pas si uni que ça !) votait la sortie de l'Union Européenne, les citoyens britanniques se rendront aux urnes le 23 mai prochain, pour élire leurs 73 représentants au Parlement européen !

Comment a-t-on pu en arriver là ?

Il fallut tout d'abord deux ans pour négocier et obtenir la signature d'un accord en vue de la sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne, prévue le 29 mars dernier.

Il y eut la Chambre des Communes qui, à 3 reprises, a rejeté l'accord signé. La même chambre qui, n'étant pas à une contradiction près, s'est déclarée hostile à une sortie de l'Union sans accord (le no deal).

Les vingt-sept Etats qui, avec le Royaume-Uni composent l'Union Européenne, avaient le 21 mars dernier, accepté de reporter au 12 avril la date de sortie de l'Union afin de permettre à la Première Ministre britannique, Madame May, d'obtenir le feu vert des députés britanniques.

Rien n'y fit et cette dernière, essuya à la chambre des Communes un nouveau refus. Certains ont parlé d'humiliation.

C'est dans ces conditions que le 10 avril, le Conseil Européen se penchait, une nouvelle fois, sur la question. Alors que lors de la précédente réunion du 21 mars, on jurait les grands dieux qu'un nouveau délai ne serait accordé que si le Royaume-Uni apportait des propositions concrètes, Madame May s'est présentée les mains vides... ou presque.Quelques jours avant, elle avait joué son dernier joker : elle avait tendu la main aux travaillistes du Labour qui constituent l'opposition au Parlement britannique. Après l'ouverture de discussions, le Labour a déploré que le gouvernement « n'ait pas proposé de changement ou de compromis véritable ».

Ainsi, alors que de l'autre coté de la Manche personne ne croit à la possibilité de parvenir à un accord entre la majorité (les Tories) et l'opposition (le Labour), il a été décidé lors du Conseil Européen du 10 avril, de consentir un nouveau délai jusqu'au 31 octobre prochain pour permettre aux britanniques de trouver un accord entre eux sur la sortie de l'Union. Déjà la presse, en référence avec la fête des citrouilles et des sorcières, n'a pas manqué d'ironiser sur le « Hallowen Brexit ».

On a bien compris qu'aucun des 28 Etats qui à ce jour composent l'Union Européenne, n'envisage une sortie du Royaume-Uni sans accord. Jusqu'à présent , les 27 autres Etats ont affiché, lors des négociations, une cohésion qui, semble-t-il, a commencé à se lézarder lors de la réunion du 10 avril. Mais, n'est-ce pas le souhait des britanniques que de voir apparaître des fissures dans le front commun que les autres Etats européens on présenté jusqu'ici ?

A Londres, on n'en finit pas de se quereller : D'un coté, il y a ceux qui rêvent d'un nouveau referendum qui inverserait le résultat sorti des urnes voici 3 ans. De l'autre coté, il y a ceux qui se considèrent comme trahis dans la mesure où le Brexit qui était sorti majoritaire du scrutin de 2016 n'a pu jusqu'à présent être mis en œuvre. Ceux-ci se demandent si, de report en report, la sortie de l'Union ne sera pas rangée au rayon des accessoires.

Enfin, conséquence de la très mauvaise initiative du précédent Premier Ministre de l'époque, David Cameron, il y a une classe politique qui, pour reprendre une phrase culte de Michel Audiard dans les Tontons Flingueurs, a éclaté « façon puzzle ».

Et l'Europe dans tout cela ?

Il y eut la crise financière. Puis survint la crise des migrants de 2015. Depuis 3 ans, l'ordre du jour des Conseils Européens est, pour l'essentiel, consacré à la gestion des états d'âme de nos amis d'Outre-Manche. Autrement dit, le fonctionnement de l'Europe et l'avancée des grands dossiers touchant notamment à nos relations avec les Etats-Unis, la Chine entre autres, ceux  à négocier en matière économique et sociale, se trouvent paralysés par le traitement du Brexit.

Et puis, il conviendra de négocier puis d'adopter le Budget pluriannuel de l'Union pour la période 2021-2027. Avec les britanniques qui ont choisi de quitter l'Union ?

Avant le dernier Conseil, le Président français avait déclaré qu'il fallait « maintenant en venir aux décisions »... avant de se rallier à un nouveau report au 31 octobre (?).

Ainsi, sauf le cas improbable où, avant le 23 mai, date des élections européennes prévues Outre-Manche, un accord serait trouvé à la Chambre des Communes, le prochain Parlement Européen comprendra 73 députés britanniques. En l'état, ceux-ci pourront participer à la mise en place des nouvelles instances européennes, certains britanniques parmi les brexiters, ont déjà fait part de leur intention de bloquer le fonctionnement des institutions. Doit-on l'accepter ?

Verra-t-on dans quelques semaines Nigel Farage, le chef de file de l'extrême droite à l'origine du referendum de 2016, siéger à nouveau dans l'hémicycle du Parlement de Strasbourg ? Consécutivement à la décision prise le 10 avril dernier, rien ne peut être exclu.

Le Général De Gaulle qui ne manquait pas d'humour, avait déclaré : « On s'est aperçu qu'il n'y avait pas de montagne entre l'Angleterre et la France ; il y a seulement un canal ».

La sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne, risque de transformer ce canal en un océan. Encore faudrait-il que nos amis britanniques sortent du « trou noir » dans lequel, voici 3 ans, ils ont pénétré.

La Presse nous apprend que c'est un britannique, John Mitchell, qui en 1783, imagina un corps tellement massif, que la lumière elle-même, ne pourrait s'en échapper. Il venait d'inventer le concept de « trou noir ».

Mais qui pourrait prétendre que, malgré tout, la lumière ne parviendra pas à illuminer la Chambre des Communes à Londres avant l'élection de mai prochain et sortir ainsi le Royaume-Uni du trou noir ?

 

 

 

 

 

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