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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

« On ne cédera rien ! » Stop ou encore ?

 

Voici plus de soixante ans, je quittais le domicile parental afin de poursuivre ma scolarité dans le secondaire puis, mes étude supérieures.

Aujourd'hui, lorsque j'essaie de rassembler mes souvenirs d'enfance, je me heurte à de nombreuses zones d'ombre. Or, j'aimerais pouvoir comparer ce qu'étaient le vécu, les espoirs mais aussi les interrogations d'un jeune homme dans la deuxième moitié du siècle dernier, avec ceux d'un jeune du même âge en 2019.

Elevé en milieu rural dans une famille modeste, je n'ai pas eu accès à ce qu'étaient à l'époque, les objets de consommation de la jeunesse : Entre autres, le tourne-disques de marque Teppaz, la mobylette indispensable pour fanfaronner auprès des filles.  Le téléviseur arriva très tard chez mes parents. Au cours des repas, nous étions attablés autour du poste radio. A treize heures et à vingt heures, c'est dans un silence «  religieux » que mon père écoutait les informations sur Paris Inter, l'ancêtre de France Inter. C'est sur cette radio que j'entendis pour la première fois le « bip bip » du premier spoutnik lancé le 4 octobre 1957. J'allais avoir onze ans !

Par contre, mes parents qui n'avaient pu prolonger leur scolarité (ma mère fut très jeune orpheline, mon père quitta à douze ans le système scolaire pour aborder sur les chantiers la rudesse de la vie), me permirent d'accéder très tôt à la bibliothèque verte alors que ma sœur, plus jeune de quatre ans, découvrait, les livres de la bibliothèque rose. « Croc Blanc »,  « Ivanhoé », « Les lettres de mon Moulin », figurent parmi mes premières lectures. Je lus également « Le Feu » d'Henri Barbusse.

Je n'ai pas souvenir d'avoir souffert d'une quelconque privation ou ressenti la moindre frustration au cours de ces années.

Plus tard, étudiant à la Faculté de Droit à Montpellier, je participais aux événements de Mai 68. Je terminais alors ma deuxième année de licence qui en comptait quatre. Membre de l'Union des Etudiants Communistes, je participais au mouvement de protestation. Toutefois, dans ma fac, les examens de fin de deuxième année furent maintenus. Fin mai, j'allais les préparer dans mon village à Latour de France. Je les passais avec succès.

Contrairement à ce qui se passait sur le boulevard St Michel à Paris, les manifestations à Montpellier se déroulèrent dans le calme et le respect des personnes, des biens publics et de la propriété privée. Trés peu de dégâts matériels, pas de blessés à ma connaissance.

A mon souvenir, même si nous demandions le départ du Président De Gaulle à travers le slogan « Dix ans ça suffit ! », à aucun moment, les bases de notre Démocratie n'ont été en danger... sauf peut-être, lors du déplacement éclair du Président à Baden-Baden pour y rencontrer le Général Massu.

Fils d'un émigré de Catalogne sud, j'ai toujours eu conscience d'avoir bénéficié de l'ascenseur républicain. Je reste très attaché à notre héritage des Lumières et à nos institutions.

J'ai repensé à tout cela en visionnant ce dernier samedi, l'acte XVIII du mouvement des « gilets jaunes ». Comment ne pas être révolté !

Alors qu'au même moment 45 000 personnes participaient dans le calme à la marche pour le climat, quelques milliers d'irresponsables ont semé terreur et désolation sur les Champs Elysées. Une nouvelle fois, nous sommes passés très prés de l'irréparable. Comme si certains souhaitaient que le drame se produise afin d'en rendre … le pouvoir en place responsable !

Ainsi tous leurs slogans sur la prétendue « dictature » dans laquelle nous vivons se trouveraient soudainement validés.

Depuis des semaines, certains se sont évertués à faire une subtile distinction entre « gilets jaunes » et « black-blocs ». Ce distinguo me paraît particulièrement déplacé. Compte tenu des violences des 1er et 8 décembre derniers commises sur la même avenue, ceux qui ont appelé à manifester sans déclaration et sans autorisation, connaissaient le risque encouru et dès lors, sont responsables du déroulement de la journée au même titre que les auteurs des actes commis.

Il est constant que l'on ne peut à la fois, exiger moins d'impôts et plus de services publics, rejeter toute fiscalité visant à réduire l'empreinte carbone et se revendiquer protecteur de l'environnement, réclamer des classes moins surchargées, des infirmières plus nombreuses et plus disponibles et dans le même temps moins de taxes... C'est vouloir le beurre et l'argent du beurre. Et pourquoi pas la crémière ?

Lorsque le temps de l'addition sera venu, ces dégâts qui se sont étalés sur dix-huit fins de semaine, se chiffreront par centaines de millions d'euros. L'image de la France est d'ores et déjà durablement abîmée. Les actes antisémites, racistes et homophobes se sont multipliés. Les blessés tant chez les forces de l'ordre que chez les manifestants se compteront par centaines. Pour quel résultat ?

Après avoir exigé que leur parole soit entendue, les « gilets jaunes » ont pour la plupart refusé de participer au débat national qui vient de s'achever. « De l'enfumage » ont-ils considéré. Traduction : C'est nous qui définissons le cadre du débat. Le pouvoir n'a plus qu'à s'exécuter !

Quelles que soient les décisions qui seront prises, la réponse des émeutiers est connue : « Des miettes ! ». Comme ils ont qualifié les 12 à 13 milliards de pouvoir d'achat supplémentaire devant bénéficier aux plus modestes, annoncés par le Président le 10 décembre dernier.

Par contre, le « Rendez-vous à la semaine prochaine !» apparu samedi dernier sur les murs de la capitale, en dit long sur les intentions de ceux qui veulent mettre le pays à feu et à sang.

Les français ont fait preuve de beaucoup de patience. Les commerçants dans de nombreuses villes voient leur chiffre d'affaires chuter de manière vertigineuse avec les perspectives de fermeture, de licenciement du personnel... Les primes d'assurance vont certainement se mettre au diapason des centaines de millions d'euros d'indemnités que les compagnies vont devoir distribuer. L'impact de ces événements sur la croissance aura forcément des conséquences douloureuses sur le plan fiscal.

Mais finalement, n'est-ce pas ce que souhaitent ceux qui étaient samedi dernier sur les Champs Elysées ?

Soixante sept millions de français peuvent-ils accepter que quelques milliers (voire quelques dizaines de milliers) d'individus (dont certains viendraient tout spécialement d'autres pays européens) ruinent les efforts de générations successives pour vivre mieux et en sécurité ?

Il n'y a pas de honte à le réaffirmer, nous sommes le pays d'Europe qui a le régime social le plus protecteur, le système éducatif le plus développé, le modèle de soins le plus performant. Même si nous lui trouvons bien des défauts. Et c'est certainement ce qui gêne les émeutiers des fins de semaine.

Il appartient au Président et à son gouvernement de tirer toutes les conséquences d'une situation absolument inédite. La « loi anti-casseurs » sera bientôt applicable après son examen par le Conseil Constitutionnel. Dans un précédent Billet (Aux grands mots, les petites potions... 7 février 2019), j'ai soutenu que les griefs adressés à ce texte n'étaient pas pertinents. Je le réaffirme ici. Cette loi prévoit notamment, la possibilité de saisir préventivement le Juge Administratif en cas d'interdiction de participer à une manifestation et de faire ainsi lever la mesure qui aurait été prise à tort.

Elle permettra d'interpeller les manifestants dissimulant leur visage... certainement pas pour des « pudeurs de gazelle » !

Enfin, la fouille des véhicules et des sacs aux abords d'une manifestation sera désormais possible. Les boules de pétanque, barres de fer et boulons ne paraissent  indispensables que pour constituer la panoplie du parfait émeutier...

L'application de ce texte permettra certainement de limiter les actes dont nous avons été les spectateurs impuissants et désemparés.

Mais la réponse ne pourra pas qu'être répressive. Même si des revendications ont été bien mal portées par des casseurs irresponsables voire criminels, il va falloir une réponse sur le fond : Les inégalités se sont creusées depuis des années et deviennent insupportables. L'absolue nécessité de prendre enfin en compte l'urgence écologique en évitant les décisions qui renvoient aux calendes leur mise en œuvre (glyphosate, nucléaire... ). L'impérieux besoin d'inventer une démocratie participative à la hauteur des enjeux de notre temps.

Voilà des préoccupations que partagent majoritairement les français de différents bords politiques.

Au delà de l'exploitation partisane des événements actuels, liée aux échéances électorales à venir, la (les) réponse (s) est (sont) urgente (s). Si la situation continuait à se dégrader, c'est tout simplement notre Démocratie qui, maintenant, serait en danger. Ni plus ni moins !

 

 

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