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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

La fin de « l'impérialisme américain » ?

La doctrine Monroe qui remonte à 1823, permet de résumer la politique des Etats-Unis depuis un demi siècle : « L'Amérique aux Américains ». Elle est à la base de ce que l'on a désigné sous le terme : « l'impérialisme américain ».

L'influence des Etats-Unis dans le monde, s'est manifestée et se poursuit dans les domaines politiques, militaires, économiques, culturels. Même si aujourd'hui leur leadership économique est sérieusement contesté par la Chine.

Lorsque cela s'est avéré nécessaire, cette domination s'est exercée par les armes au prix de pertes humaines considérables.

Ainsi, au cours de la guerre qu'ils ont menée au Vietnam, dans la seule province de Quang Tri, il est tombé plus de bombes que sur la totalité de l'Europe durant la Seconde Guerre !

Cette guerre a eu un coût humain exorbitant et a fait naître aux Etats-Unis le mouvement anti-guerre le plus important de l'histoire du pays.

En 1967, en Europe du Nord, un tribunal d'opinion sera constitué, le Tribunal Russel, qui après une enquête fouillée, accusera les Etats-Unis de génocide commis tant au Nord qu'au Sud Vietnam.

Après la chute de l'Empire soviétique, les Etats-Unis se lancent, avec la guerre du Golfe (1990-1991) dans un conflit ayant pour finalité la protection de leurs ressources en matières premières (pétrole). Les attentats du 11 septembre 2001 constitueront à la fois une réponse et un avertissement : la fin de l'invulnérabilité de l'Empire américain.

Peu après, sous le mandat présidentiel de George W. Bush, ils envahissent l'Irak passant outre la nécessaire autorisation du Conseil de Sécurité des Nations Unies pour mener une telle guerre. De même, au cours de ce conflit, les Etats-Unis s'affranchiront des lois de la guerre, notamment en ce qui concerne le traitement des prisonniers. Pour eux, les dispositions de la Convention de Genève du 12 août 1949 ne pouvaient s'appliquer aux « combattants terroristes » selon les termes utilisés par George W. Bush le 7 février 2002.

On le voit, jusqu'à présent, les Etats-Unis depuis un demi siècle ont imposé, si nécessaire par les armes, la « Pax Americana ».

Le président actuel n'a rien inventé mais s'est glissé dans le moule, l'arrogance et la médiocrité en prime, remettant en question toutes les avancées qui avaient marqué l'ère Obama.

Très tôt, Donald Trump a désigné son ennemi principal.

On aurait pu penser que son regard se poserait sur la Corée du Nord qui sans qu'aucun contrôle puisse intervenir, se dote de l'arme nucléaire. Après quelques passes d'armes en guise d'entrée en matière, il s'est enthousiasmé et a rencontré à deux reprises Kim Jong-un. La dernière entrevue, qui a eu lieu le 28 février à Hanoï, s'est soldée par un échec.

En fait, Donald Trump a décidé d'étrangler économiquement l'Iran pour parvenir à la chute du régime des mollahs. Le 14 juillet 2015, ce pays avait accepté la signature de l'Accord de Vienne avec les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations-Unies (Etats-Unis, Chine, Russie, France, Royaume Uni), l'Allemagne et l'Union Européenne. L'accord avait pour but de contrôler le programme nucléaire iranien avec, en contre-partie, la levée des sanctions économiques qui frappaient le pays.

La mise en œuvre de l'accord était confiée à l'Agence internationale de l'énergie atomique. Jusqu'à présent, celle-ci a attesté du strict respect par l'Iran de ses engagements.

Cette situation qui permettait d'assurer la sécurité nucléaire concernant un pays contre lequel avaient été prises des sanctions pour ses manquements, mais également d'épargner à la population iranienne des privations qui la touchent injustement, n'a pas trouvé grâce auprès de Monsieur Trump.

Le 8 mai 2018, celui-ci a annoncé que les Etats-Unis se retiraient de l'Accord de Vienne et entendaient rétablir les sanctions contre l'Iran « au plus haut niveau ». Ce faisant, les entreprises qui avaient noué des relations économiques avec l'ancienne Perse, sous la menace de fortes sanctions financières des Etats-Unis, se voient contraintes de quitter le pays.

Longtemps, l'Amérique Latine fut la chasse gardée des Etats-Unis. Du Chili de Pinochet au généraux argentins en passant par la dictature militaire qui, au Brésil, fut instaurée après le coup d'Etat du 31 mars 1964 pour ne prendre fin qu'en 1985, combien de « pronunciamientos » ont été fomentés et organisés à la Maison Blanche !

Alors qu'on pensait cette époque révolue, l'exemple du Vénézuela, permet de s'interroger à nouveau.

Dès le début de son mandat, Donald Trump a évoqué la possible mise en place d'une intervention militaire contre le régime de Maduro. Ces derniers jours, il n'a cessé d'apporter son soutien au président autoproclamé Juan Guaido, insistant en forme de menaces, sur le fait que toutes les options sont sur la table.

Quoique l'on pense du régime en place à Caracas (j'ai à plusieurs reprises relevé l'échec économique, les souffrances de la population, la corruption de la classe politique...) la sortie de la crise ne peut passer par l'installation d'un président d'extrême droite, imposé par l'Oncle Sam.

La parole doit être donnée au peuple vénézuélien dans le cadre d'une consultation nationale organisée sous le contrôle des Nations Unies.

Le système Trump a été sérieusement secoué le 27 février dernier, par son ancien avocat, Michael Cohen, entendu par la Commission d'enquête de la Chambre des représentants. Le président des Etats-Unis a été traité par celui qui, durant 10 ans a été son conseil, de « menteur », d' « escroc » et de « raciste ». Après l'échec de sa rencontre avec Kim Jong-un, alors que la Corée du Nord est soupçonnée d'avoir, dans la foulée, repris la reconstruction d'un site de lancement de fusées, Donald Trump sort de cet épisode passablement affaibli.

 

Il comptait sur un succès lors de sa rencontre avec le leader coréen, pour gommer l'échec qui lui a été infligé dans le projet qui constituait l'engagement phare de la précédente campagne présidentielle, à savoir la construction du mur de séparation avec le Mexique. Il n'en sera rien.

 

Du coup, Monsieur Trump qui fait l'objet de plusieurs enquêtes parlementaires qui pourraient se révéler gênantes pour sa réélection en 2020, s'est dit victime de « harcèlement présidentiel » de la part de la majorité Démocrate à la Chambre des Représentants.

 

On le voit, le champion de l'unilatéralisme, se heurte tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des frontières, à de nombreux obstacles qu'il ne pourra surmonter par la seule « victimisation » de sa personne.

La domination qui caractérisa « l'impérialisme » dont les Etats-Unis ont largement usé ces dernières décennies, a trouvé avec son président actuel un prosélyte zélé mais un piètre stratège.

S'il considère avec beaucoup de témérité que désormais, les Etats-Unis n'ont plus de rôle à jouer dans la lutte contre le terrorisme en Syrie ou en Afghanistan, il définit ses cibles (l'Iran, le Vénézuela, le Nicaragua et bien entendu Cuba) de la même façon que l'un de ses prédécesseurs avait désigné « l'empire du mal » avec le succès que l'on sait...

 

Si Donald Trump s'était penché sur les écrits de Jean Jaurès, il se serait peut-être arrêté sur cette phrase prononcée par l'apôtre de la Paix en 1903 au lycée d'Albi :

« Le courage aujourd'hui, ce n'est pas de maintenir sur le monde la sombre nuée de la guerre, nuée terrible mais dormante, dont on peut toujours se flatter qu'elle éclatera sur d'autres ».

Peut-être en aurait-il tiré quelques enseignements. Petit problème : les mauvaises langues disent que l'actuel président des Etats-Unis ne lit pas !

Note du 20 avril 2020 : En pleine pandémie et alors que les Etats-Unis comptent plus de 30 000 morts, leur président Donald Trump vient de faire savoir qu'il suspendait l'aide à l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l'organisation chargée de la coordination de la lutte contre le coronavirus !

 

 

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