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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

Et si le verre était à moitié vide ?

Les photos sont quelques fois plus parlantes que les textes.

Ce Billet présente 4 photos. Deux prises le 1er Octobre 2017, jour du referendum sur l'indépendance organisé par la Generalitat de Catalunya. Journée au cours de laquelle une répression ayant fait des centaines de blessés a été exercée par la Guardia Civil aux ordres du Gouvernement espagnol.

Les deux autres photos ont été publiées le 4 octobre 2017 par le quotidien catalan El Punt Avui qui rendait compte des manifestations provoquées par les violences policières. Elles parleront à mes confrères d'Albi puisqu'ils reconnaîtront le Bâtonnier Carles Mac-Cragh qui avait pris la tête du mouvement mené par le Barreau de Gérone et l'ancien Bâtonnier Josep-Maria Prat i Sabat avec lequel, voici vingt ans, nous avions mis en place le jumelage des barreaux des deux villes.

Le 22 février dernier, à l'occasion du quatre vingtième anniversaire de la mort de Machado, j'avais publié un Billet (« Ces jours bleus et ce soleil de l'enfance ») dans lequel je faisais part de mon incompréhension devant la position des indépendantistes catalans. Ceux-ci, après avoir provoqué, le 18 juin dernier, la chute du gouvernement Rajoy en s'alliant aux socialistes, à Podemos et aux nationalistes basques du PNV, ont refusé de voter le Buget 2019 présenté par le gouvernement présidé par le socialiste Pedro Sanchez. Les élus catalans ont motivé leur vote par le fait qu'ils n'ont pu obtenir l'engagement d'organiser un referendum sur l'autodétermination, en Catalogne.

Le 13 février, des amendements destinés à bloquer le Budget 2019 de l'Espagne ont été votés par le Parti Populaire, les ultra-libéraux de Ciudadanos et les deux partis indépendantistes catalans. Ces formations ont obtenu une majorité de 191 députés sur 350. Le chef du gouvernement mis en minorité, a donc convoqué des élections législatives qui auront lieu le 28 avril prochain.

Je rappelle que le gouvernement présidé par Pedro Sanchez, en place jusqu'aux prochaines législatives, comprend 17 ministres dont 11 femmes, constituant ainsi le record historique et mondial de féminisation d'une structure gouvernementale.

Que peut-il advenir lors de élections dans moins d'un mois ?

Je pensais trouver la réponse de l'autre coté des Pyrénées en répondant à l'invitation d'amis militant pour l'indépendance de la Catalogne. Je reviens sans espoir de voir se dessiner une solution négociée, tellement les positions m'ont apparu figées et le dialogue rompu. Le tout, nourri par un profond ressentiment.

Les arguments que j'ai avancés, à savoir, un dialogue plus facile avec les socialistes au gouvernement en Espagne, le risque pris en provoquant des élections anticipées, de se réveiller avec, à la tête du pays, une majorité droite-extrême droite (Parti Populaire, Ciudadanos et Vox), se sont avérés inaudibles.

L'impression ressentie, est que le camp indépendantiste est prêt à prendre le risque de voir la Catalogne à nouveau placée sous la tutelle du gouvernement central, ce qu'ont promis ces dernières formations, en cas de victoire.

Pourquoi une telle résignation et un tel risque assumé ?

Cette population est durablement traumatisée par la répression du 1er octobre 2017, par le procès engagé à l'encontre des 12 dirigeants indépendantistes dont 9 d'entre eux comparaissent détenus depuis le 12 février devant la Cour Supême. Les catalans se sentent humiliés par le fait que leur Président Carles Puigdemont ait dû s'exiler en Belgique pour éviter une arrestation. Abasourdis enfin par l'absence de soutien des institutions européennes alors que, disent-ils, le seul reproche qui puisse leur être adressé est d'avoir permis au peuple de s'exprimer sur son souhait de voir ou pas proclamée l'indépendance.

Dans ce contexte, leur exposer le risque de voir l'Europe éclater en mille morceaux si la Catalogne accédait à l'indépendance, ne peut être entendu.

Dans ces conditions, que peut-on espérer du scrutin du 28 avril prochain ? Quelle majorité se dégagera ? Les derniers sondages placent les socialistes en tête mais ils ne seraient pas en mesure de constituer une majorité en alliance avec la seule formation située à leur gauche, Podemos, que l'on annonce en forte baisse. Constituer une majorité avec les élus des formations indépendantistes catalanes alors même qu'elles ont provoqué la situation actuelle, n'est plus envisageable.

Dès lors, la possiblité d'une coalition des 3 formations Partido Popular, Ciudadanos et Vox, pourrait ne pas être une hypothèse absurde.

Si aucune majorité ne pouvait être constituée, l'Espagne pourrait revenir à la case départ avec un fort risque d'entrer dans une crise grave au débouché incertain.

Mais finalement, n'est-ce pas l'expérience que les indépendantistes catalans, seraient aujourd'hui prêts à tenter ?

Les deux dernières consultations en Catalogne, ont eu lieu le 1er octobre 2017 et le 21 décembre de la même année. Toutefois, compte tenu du contexte dans lequel ces deux scrutins se sont tenus, il est difficile d'en tirer des enseignements définitifs.

Concernant le referendum sur l'autodétermination, le gouvernement espagnol l'avait déclaré illégal. Le 1er octobre, dans un climat de peur et de répression, 42,4 % des inscrits se sont rendus aux urnes. Le « Oui à l'indépendance » a recueilli 90 % des suffrages.

Concernant les élections au Parlement catalan du 21 décembre 2017, elles furent organisées par le gouvernement Rajoy dans un climat de forte répression contre les indépendantistes alors que les dirigeants étaient emprisonnés ou en fuite, les institutions catalanes sous la tutelle de Madrid.

 En dépit de ce contexte particulièrement difficile, les 3 formations indépendantistes (Ensemble pour la Catalogne, Gauche Républicaine et Candidatures d'Unité Populaire) arrivèrent en tête avec 47,5 % des suffrages, alors même que la participation atteignit le chiffre record de 82 %. A noter toutefois, que le premier parti en nombre de voix fut la formation de droite ultra-libérale Ciudadanos.

Selon le dernier sondage publié par El nacional.cat, en cas de referendum sur l'indépendance, le « Oui » l'emporterait avec 55,6 %.

Tout cela semble confirmer, qu'environ la moitié de la population votant en Catalogne, est favorable à l'indépendance. Celle-ci est rejetée par le reste de l'Espagne. Est-ce un rapport de forces permettant une déclaration d'indépendance ? Il est certain que seule une consultation de l'électorat de Catalogne portant sur cette question, permettrait d'apporter une réponse.

C'est l'engagement d'organiser un referendum sur ce thème que les catalans n'ont pu obtenir de Pedro Sanchez. Les formations de droite, elles, prônent le rétablissement de la tutelle sur les institutions catalanes. On ne voit pas comment, dans ces conditions, une solution négociée pourrait constituer une issue à ce blocage !

En rompant le dialogue, les dirigeants indépendantistes ont pris le risque de renvoyer aux calendes grecques toute perspective d'obtenir dès maintenant plus d'autonomie, d'accéder à l'indépendance par étapes. Ne se sont-ils pas privés de la perspective de gagner à ce qu'ils considèrent comme une belle idée une majorité claire et non discutable de l'électorat ?  Ce faisant, ils auraient placé le pouvoir espagnol dans l'obligation de mettre en route un processus dont il ne veut pas entendre parler.

Les dirigeants indépendantistes, par la position intransigeante adoptée, ne voient-ils pas uniquement le verre à moitié plein, oubliant que, dans le même temps, il est à moitié vide ?

Ne serait-il pas préférable, sans rien céder sur l'objectif à atteindre, de convaincre ceux qui ont fait le choix de vivre dans cette région bénie des dieux que l'indépendance constituera le cadre qui leur apportera liberté, progrès et sécurité.

La lutte pour y parvenir sera alors devenue l'affaire de tous.

 

 

 

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J
Merci Patrick pour votre commentaire. D'accord avec vous concernant le rôle et la responsabilité de la presse. Amitiés.
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