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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

Des « gilets jaunes » à Benjamin Nétanyahou, cherchez l'erreur.

J'ai tourné sept fois mon stylo dans ma main droite avant d'écrire ce Billet.

Le moment présent se prête peu aux digressions sur l'antisémitisme, l'antisionisme ou encore, les prochaines élections législatives du 9 Avril en Israël.

Une statistique m'a toutefois convaincu de le faire : l'annonce qu'en 2018, les actes antisémites ont augmenté de 74 % dans notre pays !

Après les tortures suivies de mort infligées en Janvier 2006 à Ilan Halimi, l'attaque de l'hyper cacher de la Porte de Vincennes le 9 Janvier 2015, les meurtres de Sarah Halimi et de Mireille Knoll, comment ne pas réagir à l'information diffusée le 11 Février dernier par le Ministre de l'Intérieur !

Comme pour illustrer cette hausse vertigineuse, le Samedi 16 Février, au cours de la manifestation des « gilets jaunes », le philosophe Alain Finkielkraut a été reconnu par certains d'entre eux à proximité de son domicile et copieusement insulté. Nous avons tous entendu ces injures parmi lesquelles : « Barre-toi sioniste de merde », « Rentre chez toi en Israël ».

On peut ne pas partager les idées du philosophe (et c'est mon cas) et, à la fois, condamner fermement de tels propos sans invoquer comme certains s'y sont aventurés, « les idées réactionnaires » de l'intéressé ou lui reprocher « l'instrumentalisation de l'antisémitisme ».

La protestation du mouvement des « gilets jaunes » qui a débuté en Novembre sur des revendications parfaitement audibles concernant la hausse de la taxe carbone et le pouvoir d'achat, a depuis quelques samedis, dérapé sur des propos et des attitudes antisémites de certains d'entre eux, que j'avais déjà dénoncés dans un précédent Billet.

Depuis, les profanations dans les cimetières, les croix gammées apposées sur des reproductions de Simone Veil, la multiplication des actes antisémites, n'ont fait qu'alourdir le climat.

Des propositions ont été formulées visant à modifier la loi pour sanctionner l'antisionisme au même titre que l'antisémitisme.

Or, la loi Gayssot du 13 Juillet 1990 qui vise à réprimer tout acte raciste, antisémite ou xénophobe, permet de lutter efficacement contre les comportements dénoncés.

Tel est le cas concernant les propos tenus à l'encontre d'Alain Finkielkraut et rappelés plus haut.

Le qualificatif de « sioniste » utilisé à dessein le 16 février à Paris, ne dupera personne. Il s'agissait bien de propos antisémites ce que confirmeront et sanctionneront, n'en doutons pas, les tribunaux saisis.

Sanctionner l'antisionisme, serait un contresens en même temps qu'une atteinte à la liberté d'opinion et d'expression.

L'antisionisme, c'est critiquer la politique d'Israël dans le conflit palestinien, désapprouver la colonisation des territoires occupés, combattre le Premier Ministre Nétanyahou dans sa politique qui ne peut peut que rendre illusoire toute solution négociée incluant la création d'un Etat palestinien ayant Jérusalem-Est pour capitale aux cotés de l'Etat d'Israël.

L'expression de ces opinions relève du débat d'idées et ne saurait en aucune façon, tomber sous le coup de la loi pénale.

Pour faire simple, le sionisme trouve son origine sur une constatation : consécutivement aux pogroms dont les juifs ont été victimes en Russie dans les années 1881-1882, à l'affaire Dreyfus, ce capitaine accusé de trahison et, dans un premier temps condamné (1894) avant d'être innocenté et réhabilité (1906), certains ont considéré que le peuple juif devait se rassembler dans un Etat en Palestine, territoire alors majoritairement occupé par les arabes.

Le 29 novembre 1947, l'Assemblée Générale des Nations Unies adoptait une résolution partageant la Palestine et prévoyant la création d'un Etat juif et d'un Etat arabe.

Les prémices du conflit israélo-palestinien étaient posées (voir en fin de Billet la carte de la Palestine en 1947 et ce qu'elle est aujourd'hui).

Certains juifs ont, dès le début, combattu cette idée de rassemblement qui, jusqu'au lendemain de la deuxième guerre, n'a guère connu de succès.

Aujourd'hui encore, la création le 14 mai 1948 de l'Etat d'Israël et le droit pour le peuple juif d'y vivre, sont contestés par certains parmi lesquels des juifs.

Dans un article paru dans Le Monde du 21 Février, Dominique Vidal, journaliste et essayiste s'interroge : « Tous ces juifs qui, depuis cent vingt ans, n'ont pas répondu aux appels sionistes, ou leur ont même tourné le dos, seraient-ils antisémites ? »

On le voit, l'antisémitisme relève du délit pénal incriminé et puni par la loi, l'antisionisme relève de la liberté d'opinion et d'expression concernant la politique de l'Etat d'Israël et doit donc bénéficier de la protection de la loi et des tribunaux chargés de l'appliquer.

Les élections législatives le 9 avril prochain changeront-elles la donne en Israël ? Rien n'est moins sûr.

Le Premier Ministre en place qui tente d'obtenir un cinquième mandat, agite une nouvelle fois le risque d'insécurité pour le cas où l'opposition qui s'est unie autour d'un candidat, arriverait au pouvoir.

Pour parvenir à ses fins, il n'hésite devant rien et est parvenu à obtenir le rapprochement de deux formations situées à l'extrême droite de l'échiquier politique. L'une, Force juive ouvertement raciste, l'autre Foyer juif, est un parti nationaliste religieux.

Le but est de permettre à ces formations qui ensemble dépasseront le seuil requis, d'avoir des députés à la Knesset et ainsi de consolider le flanc droit de sa majorité, « au risque de l'infamie » considère l'éditorial du Monde des 24 et 25 février.

Ainsi, sous la menace d'une triple inculpation notamment pour corruption, l'ami indéfectible de Donald Trump, espère de cette façon obtenir un cinquième mandat, manœuvre qui, selon le quotidien du soir, « marquera son parcours d'une tache indélébile, sombre illustration du cynisme en politique ».

En 1944, alors que l'horreur des camps n'avait pas été révélée au grand public, Jean Paul Sartre écrivait dans « Réflexions sur la question juive » : « L'antisémitisme n'est pas un problème juif : c'est notre problème » mais également, il considérait que : « Si le Juif n'existait pas, l'antisémite l'inventerait ».

Sujets de réflexion à méditer...

 

 

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J
Tout à fait d'accord avec ton analyse.
Peu à peu, la haine, le racisme et l'anarchie prennent le pas sur la démocratie. Que voulons nous ? Une guerre civile comme au plus beau temps de Franco,d'autres tyrans et dictateurs? Une troisième guerre mondiale ?
Triste monde, triste société que nous nous sommes bâti ! Nous sommes devenu fou, nous n'avons rien compris des erreurs que nous avons commisses,nous courrons à notre propre perte ici là et ailleurs et tout le monde s'en fout...
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