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Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

« Ces jours bleus et ce soleil de l'enfance ".

Ce 22 févier marque le quatre vingtième anniversaire de la mort à Collioure du poète sévillan Antonio Machado.

L'on retrouva dans la poche de son manteau ce dernier vers... comme un testament avant de s'effacer.

Y évoquait-il le ciel bleu de l'hiver colliourenc ? Les souvenirs de son enfance à Séville où il naquit le 26 juillet 1875 ? Les deux à la fois ?

Nul ne pourra lever le voile de l'interrogation.

Le poète Antonio Machado accompagné de sa mère Ana Ruiz avaient franchi la frontière à Cerbère dans la nuit du 27 au 28 janvier 1939.

Elle succombera à son tour d'épuisement 3 jours après son fils.

Le quotidien l'Indépendant du 17 février dernier a évoqué ce drame sous le titre « Collioure, dernier souffle de Machado ».

Ana Ruiz et son fils reposent dans le cimetière de Collioure baigné par le bleu du ciel et le soleil de son « enfance ».

Cette disparition, Louis Aragon l'a évoquée dans ces magnifiques vers :

« Machado dort à Collioure

 Trois pas suffirent hors d'Espagne

Que le ciel pour lui se fit lourd

Il s'assit dans cette campagne

Et ferma les yeux pour toujours ».

En ce quatre vingtième anniversaire de la Retirada qui vit des milliers de Républicains espagnols franchir la frontière au col d'Ares ou au col de Panissars au-dessus du Perthus (ils furent au total plus de 450 000 à franchir la frontière franco-espagnole), l'horizon s'est considérablement assombri.

Voici huit mois les indépendantistes catalans avaient, au Parlement espagnol, joint leurs voix aux socialistes, à Podemos, aux nationalistes basques du PNV, pour provoquer la chute du gouvernement gangréné par la corruption présidé par le dirigeant du Parti Populaire Mariano Rajoy. Le 12 février, ils ont provoqué la chute de l'actuel gouvernement présidé par le socialiste Pedro Sanchez, au motif que celui-ci a refusé de s'engager à organiser un referendum sur l'indépendance de la Catalogne.

« Une très mauvaise nouvelle pour les citoyens, pour la Catalogne et pour l'Espagne » a réagi avec raison le premier secrétaire du Parti Socialiste Catalan.

En refusant de voter le budget 2019 de l'Espagne, les indépendantistes catalans ont rejeté un projet qui visait à augmenter de 60 % les aides aux personnes dépendantes, le financement de la santé et de l'éducation publiques etc...

Durant ces 8 mois, le gouvernement de Pedro Sanchez a augmenté de 22 % le salaire minimum. Les retraites et le salaire des fonctionnaires ont également été augmentés.

Le gouvernement espagnol a également renoué le dialogue avec les dirigeants de la Generalitat de Catalunya, les indépendantistes incarcérés ont été transférés dans des prisons situées en Catalogne ce qui a facilité le contact avec leurs familles.

Les espagnols auront donc à se prononcer le 28 avril prochain, lors des élections législatives.

Bien malin celui qui, aujourd'hui, est en mesure de formuler un pronostic sur l'issue de ce scrutin !

Dans un Billet récent, j'avais relevé que, dans la position qu'allaient adopter les indépendantistes catalans lors du vote du Budget, se jouait un peu l'avenir de la Démocratie dans ce grand pays européen. ( Cf. De reniements en reniements ou l'odyssée à hauts risques de Manuel Valls. 12 février 2019).

Dix jours après, le rejet du projet de budget l'ayant emporté, je ne rajouterai ni ne retrancherai rien.

Le score réalisé par la formation d'extrême droite Vox lors du récent scrutin en Andalousie, fait craindre le pire. L'élection de douze députés de ce parti aurait dû amener les indépendantistes à réfléchir à deux fois avant de rompre la coalition. Fin avril, l'Espagne pourrait se retrouver avec une majorité droite-extrême droite composée du PP et des ultra-libéraux regroupés dans Ciudadanos avec le soutien de Vox. Ainsi, à l'échelon national, le pays reproduirait l'alliance qui, désormais, gouverne l'Andalousie. Il sera alors trop tard pour s'interroger sur les responsabilités des uns et des autres.

Le dimanche 10 février, ces 3 formations ont défilé ensemble dans les rues de Madrid pour « l'unité de l'Espagne »,

Ces partis se sont engagés, en cas de victoire, à placer la Generalitat de Catalunya à nouveau sous tutelle du gouvernement espagnol.

On imagine les conséquences pour le pays d'une telle décision alors même que le 26 mai suivant, se dérouleront les élections européennes.

Dès le vote du 1er octobre 2017, j'ai dénoncé les violences commises par la Guardia Civil à l'encontre de ceux qui se sont rendus aux urnes dans le cadre du referendum organisé par la Generalitat.

Avec la même force, j'ai dénoncé les poursuites judiciaires engagées par le gouvernement espagnol ainsi que la mise sous tutelle des institutions catalanes et bien sûr, l'emprisonnement des dirigeants.

En exigeant du gouvernement présidé par Pedro Sanchez un engagement sur l'auto-détermination, les indépendantistes ont fait courir aux forces démocratiques de Catalogne mais aussi des autres régions d'Espagne, un grave danger. Celui de voir, quatre vingt ans après la Retirada et quarante quatre ans après la mort du Caudillo, les nostalgiques d'un régime honni, revenir aux commandes du pays.

De l'Italie de Salvini à la Hongrie d'Orban, cette perspective ne fera pas que des mécontents...

 

Antonio Machado écrivit de très belles pages d'un rêve international de liberté :

«Et quand viendra le jour du dernier voyage,

Quand partira la nef qui jamais ne revient,

Vous me verrez à bord et mon maigre bagage,

Quasiment nu comme les enfants de la mer ».

(Campos de Castilla)

Que l'Espagne de la liberté ne sombre pas à son tour dans la tempête qui souffle sur nombre de pays d'Europe et d'ailleurs !

 

 

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M
Qu'ajouter de plus ?
Que dire de mieux ?
J.J. est un poète réaliste. Bises à vous deux .
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