Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Mes réactions à l'actualité politique intérieure et internationale, sociétale, sociale .... .... Avec légèreté, chaque fois que je le peux ! Je fais mienne la formule de Philippe Meyer (Mammifère omnivore) "Nous vivons une époque moderne !"

La corruption comme moyen d'obtenir l'asile ?

Deux nouvelles, l'une venue d'Europe, l'autre d'Amérique Latine, à quelques heures d'intervalle, permettent de se poser la question.

La corruption serait-elle devenue un moyen d'obtention du droit d'asile dans un pays voisin ?

Rien de plus sérieux.

Dans la nuit du Samedi 17 au Dimanche 18 novembre, Alan Garcia (ma photo de la semaine), l'ancien Président de la République du Pérou (de 1985 à 1990 puis de 2006 à 2011), est entré dans la résidence à Lima de l'ambassadeur d'Uruguay protégée par l'immunité diplomatique et a sollicité le bénéfice de l'asile politique.

A première vue, le Pérou que j'ai visité et qu'il faut si possible découvrir (Cuzco la capitale Inca, le lac Titicaca, le Machu Picchu...), n'a pas, à l'image d'autres pays, basculé dans la liste des dictatures sévissant sur le continent sud-américain.

Tout simplement, l'ancien président est soupçonné de corruption. Il a été mis en examen dans le cadre du volet péruvien de l'entreprise brésilienne de travaux publics Odebrecht. Il apparaît que cette puissante entreprise a généreusement arrosé le continent latino américain pour l'obtention de marchés. Les dirigeants des pays concernés en ont été les premiers bénéficiaires.

Ainsi, 29 millions de dollars auraient été versés aux dirigeants du Pérou.

Rappelons que l'ancien président du Pérou, comme tout un chacun, doit bénéficier de la présomption d'innocence.

Alan Garcia n'est pas le seul inquiété, puisque ce sont cinq anciens présidents péruviens qui ont à répondre de leurs actes devant la Justice, dont quatre impliqués dans le dossier Odebrecht.

Monsieur Garcia qui vit à Madrid, s'était rendu à Lima pour répondre aux demandes de la Justice de son pays. Bien mal lui en a pris, le tribunal a décidé de l'interdire de sortie du territoire pour une durée de dix huit mois. D'où, la demande auprès des autorités uruguayennes, de pouvoir bénéficier de l'asile politique.

Cette demande sera-t-elle accueillie par l'Uruguay ?

Le Pérou fait partie des pays « sûrs » c'est-à-dire respectant les Droits de l'Homme et son actuel Président, Martin Vizcarra, s'est lancé dans la lutte contre la corruption comme l'ont d'ailleurs décidé les présidents du continent lors du huitième sommet des Amériques qui à eu lieu en Avril dernier à Lima.  Il avait pour thème, « la gouvernance démocratique face à la corruption ».

Vaste programme...

On rappellera à cet effet, que Martin Vizcarra qui était vice-président du Pérou, a accédé à la Présidence en mars dernier, après que Pedro Kuzcynski qui occupait la fonction, ait été contraint à la démission la veille du vote sur une procédure de destitution le visant en raison des soupçons de corruption pesant sur lui dans l'affaire... Odebrecht. On n'en sort pas.

Si la demande de Monsieur Garcia était satisfaite, on peut craindre qu'il hésite, s'il parvenait à regagner Madrid, à retourner dans le pays qu'il a présidé, ne serait-ce que pour faire l'ascension du Huayna Picchu.

 

Beaucoup plus près de nous, l'ancien premier ministre de la Macédoine, Nikola Gruevski (ma photo de la semaine en compagnie de Viktor Orban) a publié le 20 novembre, sur son compte Facebook la nouvelle : « La République de Hongrie, pays membre de l'UE et de l'OTAN, a accepté aujourd'hui ma demande d'asile politique en raison de persécutions politiques en République de Macédoine ».

Quand on connaît les positions défendues par le gouvernement présidé par Viktor Orban en Hongrie, on ne peut qu'être surpris de la facilité et de la rapidité avec lesquelles, l'asile a été accordé à l'ancien premier ministre macédonien qui avait quitté son pays une dizaine de jours auparavant.

Dès 2014, Orban a critiqué la politique « libérale » de l'Union Européenne en matière d'immigration.

Après avoir remporté les législatives d'août 2014, le premier ministre hongrois déclarait : « L'objectif est de mettre fin à l'immigration par tous les moyens ».

Les « moyens » du chantre de « l'Etat illibéral », peuvent se résumer en un mot : la répression.

Pour mettre un terme aux entrées illégales sur le sol hongrois des 100 000 réfugiés qui avaient, de Janvier à Juillet 2015, franchi la frontière avec la Serbie, le gouvernement présidé par Viktor Orban décide de la mise en place d'une barrière de barbelés séparant les deux Etats.

En Septembre 2015, à la demande du gouvernement, le parlement hongrois adopte une loi qui accroît les pouvoirs de l'armée et de la police en matière de lutte contre l'immigration. En mars 2017, le gouvernement hongrois va même jusqu'à proposer d'enfermer les migrants dans des conteneurs, le temps d'examiner leur situation.

Quel grave danger pour son intégrité physique menaçait l'ancien premier ministre de la Macédoine pour avoir obtenu avec une grande célérité le statut de réfugié, alors même que sur les quatre premiers mois de l'année 2018, seules 53 personnes l'ont obtenu ?

Nikola Gruevski a pu fuir son pays avec, semble-t-il, l'aide des autorités hongroises, consécutivement à sa condamnation, en Macédoine, à une peine d'emprisonnement de deux ans pour corruption.

Sa condamnation en appel au début du mois de novembre, est motivée par le fait qu'il a reçu, pour son usage personnel, un véhicule Mercédes d'une valeur de 600 000 €, payé sur les deniers publics.

Mais Orban et Gruevski entretiendraient, selon la presse, des liens étroits qui se seraient affermis lors de la crise migratoire de 2015, la Macédoine ayant répondu favorablement à la demande formulée par la Hongrie de fermeture de sa frontière.

Cette situation n'a, jusqu'à présent, suscité aucune réaction de la part des responsables de l'Union Européenne qui compte la Hongrie parmi ses membres. Ce, alors même que l'honorable citoyen macédonien que le gouvernement hongrois a décidé de protéger fait par ailleurs l'objet de poursuites pour d'autres faits de corruption, de fraude électorale, d'abus de pouvoir.

 

Dès 2011, la Commission européenne faisait savoir que quatre citoyens de l'UE sur cinq considéraient que la corruption constitue un problème grave. La commissaire des affaires intérieures à l'Union affirmait à l'époque que « la lutte contre la corruption exige une attention particulière ».

Il ne semble pas qu'un changement de doctrine soit intervenu depuis.

Je ne pense pas que ce silence, à six mois des élections européennes, soit destiné à valoriser l'image de l'Union auprès des électeurs .

Dès lors on peut s'interroger sur la grande discrétion de nos dirigeants européens à l'égard d'un pays qui apparaît de plus en plus comme le vilain petit canard de nos institutions.

Et si la réponse nous parvenait en mai prochain à l'occasion des européennes ?

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
A
Si nécessaire, MBS accordera l'asile sans difficultés y compris au consulat d'Istanbul.
Répondre
N
il paraît que le président Sarkozy va demander l'asile politique au Qatar
Répondre